Girls Name- Album “Stains of SIlence” (15 juin 2018)


Déjà quatre albums à l’actif pour les Irlandais de Girls Name, avec ce Stains Of Silence enregistré dans différents studios et dans les difficultés après le départ de leur batteur Gib Cassidy.


Ce doit être pour cela qu’on y trouve une boîte à rythme et un synthé en plus de leur instrumentation habituelle qui est celle d’un rock band. Le disque est constitué de huit titres mélancoliques dans une veine qui rappelle la cold-wave des années 80. Il faut l’écouter à plusieurs reprises pour en apprécier le contenu et passer par-dessus l’impression de déjà-entendu qui menace l’auditeur ayant atteint la cinquantaine. Alors on se rend compte que l’on a affaire à un bon album, très bien mixé et qui contient de belles pièces, telles 25 qui ouvre le bal, l’énergique The Process ou encore le très mélodique The Impaled Mystique. On y retrouve le jeu de guitare que l’on aime chez eux, et des basses bien découpées et qui ne sont pas dissimulées. Le groupe a manifestement passé du temps en studio, comme en témoigne le titre Fragments Of A Portrait. Le titre Stains Of Silence qui donne son nom à l’album est quant à lui une belle pièce atmosphérique. La visite se termine par le seul titre évident de l’album, leur seule concession pop, Karoline. Il est cependant excellent et nous le verrions bien passer en clip ou à la radio. C’est donc un album à écouter à tête reposée en sirotant un thé et qui n’est pas fait pour se déhancher en sautant sur son matelat !

Patrick Kuriakine



Belle and Sebastian- How to solve our human problems (2018).


Nous n’avons pas l’habitude de dire du mal d’un disque. C’est que nous ne sommes pas là pour nous livrer à un exercice gratuit de dénigrement. Nous préférons parler de ce qui nous a touchés. Or nous devons avouer notre déception à l’écoute de la mouture 2018 du groupe pop Belle and Sébastian.

Pour synthétiser ce que nous en pensons, c’est un album complètement commercial destiné au grand public, si cette expression a encore un sens. Le son est excellent, c’est très bien produit, rien à dire à ce niveau. Mais il commence par un titre de mauvaise disco, Poor Boy. Lequel ne swingue pas un caramel, ce qui est un comble pour de la musique se voulant dansante. Le suivant, Everything is now, nous remonte le moral. Comme c’est beau ! Intro à l’orgue, arrangements pour cordes, tout cela est bien romantique. Et c’est l’une des deux seules chansons réussie de cet EP qui en comporte cinq. Même si c’est excessivement propre. La troisième chanson est plus simple, et donne dans un genre funky. Nous nous sommes complètement égarés. Ces artistes ont pourtant un passé glorieux. Suit un titre qui nous fait penser à Paul Simon, ce qui n’est pas un reproche dans notre bouche. Donc une belle ballade aux confins du folk et de la pop. C’est le dernier morceau, Best Friend, qui sauve le disque. C’est de la pop façon Tamla Motown, et nous avouons aimer Diana Ross. Ce titre à lui seul justifiera l’écoute de cette œuvre. Bon, un titre sur cinq, c’est un mauvais score, un single aurait suffi. Nous nous excusons encore pour cette anomalie musicale, mais cela fait partie de ce que nous recevons à la rédaction. Mais ce n’est pas pour autant que nous vous conseillons de l’écouter, même si, répétons-le, ce n’est pas de la si mauvaise musique, seulement une grosse production commerciale. Mais c’est cela aussi la pop.



Whyte Horses- Album “Empty Words” (20 Avril 2018)


Voici le deuxième album de cette formation mancunienne pop. Produit dans les studios londoniens lovebuzz, il est l’œuvre de l’auteur-compositeur Daniel Thomas, fan des sixties et dénicheur de vinyles rares, et fondateur d’un label, Finder Keepers. Mais ce n’est pas lui qui chante, il a fait appel à Audrey Pic, et on note également la participation de la chanteuse La Roux et de Mélanie Plain du groupe Nouvelle Vague. Ce disque est plutôt « joli » : c’est une collection de pop songs mélodieuses avec une production impeccable. Il est peut-être trop propre et trop bien exécuté. C’est un disque parfait pour le printemps.

Il commence par la chanson Counting Down The Years au beat d’airain. C’est un reproche que l’on peut faire à la plupart des morceaux de cet album : une rigidité rythmique qui fait parfois penser que ce sont des machines qui jouent. Le deuxième titre, Never Took The Time, est plus profond et agrémenté de violons. Mais le plus fort vient après, avec le troisième morceau qui s’intitule Greatest Love In Town, et qui est un petit bijou de pop sixties. Cette chanson est la preuve du talent de ce groupe et justifie à lui seul de se procurer l’album. Peut-être faut-il renoncer à écouter des albums et n’écouter que des titres isolés ou des singles ? Ne soyons cependant pas excessifs dans nos jugements, l’ensemble de ce disque est de la pop de qualité.

Le quatrième, This Dream, nous montre un autre visage du groupe, avec une chanson dépouillée, où la voix d’Audrey Pic n’est supportée que par un clavier. Là aussi, c’est une réussite et un titre fort de l’album. Avec le suivant, ils reviennent à ce qu’ils proposent au début du disque, à savoir une pop song mélodique avec de belles guitares à la The Byrds. Nouvelle surprise avec le septième, Watching TV, qui commence par un orchestre à cordes avant de lancer une rythmique dance qui permet à la chanteuse de faire des vocalises. Il atteint une autre dimension et ouvre sur des choses plus ambitieuses. Ecstasy Song, qui lui succède, est lui aussi porté par un beat dance, mais cela n’a rien de choquant tant le morceau est construit. Sa mélodie est de toute beauté. Changement vocal avec le neuvième titre, The Best Of It, où la chanteuse La Roux vient apporter un côté commercial. On se demande si c’est toujours le même disque que l’on écoute ! Passons sur The Return, un bref interlude au piano. C’est avec le onzième, si vous me suivez bien, Fake Protest Song, que l’on retrouve le fil directeur de l’album avec ses guitares si caractéristiques et la chanteuse habituelle. Le disque aurait pu s’arrêter là, mais Whyte Horses ne sont pas avares de chansons. Ils nous offrent un Don’t You Cry gentiment rétro et hyper-efficace. Puis c’est à nouveau un titre avec un orchestre à cordes, Nightmares Aren’t Real, suivi d’un morceau moins indispensable, avant de terminer par un magnifique morceau où il n’y a que la guitare et la voix, et qui est plus intéressant dans son dépouillement que le reste d’un disque trop bien réalisé par de bons élèves de la pop anglaise.


Au total quinze titres frais et agréables avec quelques vraies perles que nous comptons bien vous faire écouter dans notre playlist, en particulier la chanson The Greatest Love In Town, qui va nous accompagner pendant quelques temps.



The Liminanas- Album Shadow People  (18 Janvier 2018


Autant le dire d’emblée: cet album est excellent. Ce n’est ni une découverte, ni une hype parisienne, mais la confirmation de l’importance de ce groupe de Perpignan et pas seulement à l’échelle de la France. Avec ce nouveau disque, les Liminanas prennent leur place sur la scène rock internationale.

Ils collaborent sur quelques titres avec Anton Newcombe de The Brian Jonestown Massacre (Istambul Is sleepy) et Peter Hook de New Order (The Gift), ce qui est plus inattendu. Ils parviennent à opérer une rencontre entre le style de Joy Division et leur Psyché sixties habituel. Cela donne une petite merveille de rock indé.

L’album commence par un instrumental portant le nom d’Ouverture, et qui est le générique d’un voyage musical scénarisé et évocateur, souvent aux couleurs de l’Inde, il faut avouer. Ils se démarquent de toutes les tendances actuelles sans faire dans le rétro, même si cela à une belle couleur vintage.

Ce ne sont pas des références mais des ressemblances et des évocations de la fin des sixties, de Pierre Henri et de Gainsbourg sur les titres en français, comme Le Premier Jour, qui est un récit d’initiation à la culture rock. Justement, ils passent avec aisance du français à l’anglais, offrant une vraie diversité mais néanmoins avec une grande cohérence au niveau du son. Le titre le plus fort de cet album nous semble être Shadow People. Sinon nous aimons beaucoup aussi The Gift qui est imprégné de l’esprit Joy Division, et aussi l’instrumental Motorizatti Marie. C’est un régal au niveau des guitares, et leurs morceaux sont plus sophistiqués que ce qu’ils proposent en concert. Il est vrai que leur beat primitif, qui est leur marque de fabrique, surprend au premier abord, mais on s’y fait.

Plus qu’un groupe de rock traditionnel, c’est un collectif à géométrie variable, avec plusieurs intervenants pour ce qui est du chant. Mais cela ne choque pas et on s’habitue vite aux changements de voix. Pour résumer, nous dirons qu’avec cet album ils se posent comme le temps fort de ce début d’année 2018, qui démarre en fanfare. Ce disque est important car il ouvre des possibles et démontre qu’on peut faire un truc en France en étant complètement crédible, et en obtenant une reconnaissance des anglo-saxons. Il berce nos semaines et nous l’écoutons au casque lorsque nous déambulons dans Paris histoire d’entendre du bon son et d’échapper aux ambiances de fête foraine de cette époque. Si vous cherchez de l’essentiel, quelque chose qui sorte de l’ordinaire et qui a de l’élégance, ce disque est pour vous.




Wolf Parade Cd Cry Cry Cry


Wolf Parade est un groupe pop-rock canadien, moins connu qu’Arcade Fire, et qui a débuté en 2003 et a été signé par le prestigieux label Sub Pop. Ils jouent et sortent des disques, 3 albums pour être précis, jusqu’en 2010 où ils annoncent une pause qui durera 6 ans. L’album que nous vous proposons d’écouter marque donc leur retour sur le devant de la scène.


Et bien, le temps a passé, et leur musique a pris un coup de vieux. C’est que ces dernières années le rock a terriblement changé, et il n’y a que quelques titres comme le superbe You’re Dreaming et le plus classique Valley Boy qui sonnent actuels. Sinon, c’est tout sauf mauvais, même s’il faut plusieurs écoutes pour entrer dans cet album. C’est seulement inégal, le meilleur cité plus haut côtoyant le moins bon. Il faudrait acheter ce disque pour quatre titres exceptionnels, le reste étant moins intéressant. Globalement, leur rock rappelle Roxy Music (Who Are Ya ). Le clavier y est très important, le chant est parfois maniéré, il passe mieux lorsqu’il est plus sobre. Par contre, les guitares sonnent et ne sont pas en retrait, comme sur le très beau Am I An Alien Here qui a des accents de David Bowie. Le titre Artificial Life est potentiellement radiophonique et plus conforme à ce que l’on peut entendre sur les ondes que le reste du disque. Wolf parade n’a pas l’évidence tubesque d’un Franz Ferdinand ou des Kasabians, il n’est pas dans la catégorie poids lourds. Ce disque de onze titres a failli passer inaperçu, mais nous nous devons de vous le signaler, même s’il ne bouleverse pas le paysage du rock des années 2010.  Il a été enregistré à Seattle sous la direction de John Goodmanson et est comme les précédents sorti sur le label Sub Pop. En résumé un bon album pop, mais pas essentiel sauf sur quelques chansons, et qu’il faut écouter plusieurs fois pour apprécier.



Wesley Fuller- Album Inner City Dream  (novembre 2017)


Complètement incongru et en dehors des courants actuels, cet album de l’australien Wesley Fuller étonne par sa fraicheur et sa spontanéité. Il se situe entre Marc Bolan et les 60’s, et nous délivre un rock joyeux et mélodique comme on n’en faisait plus.

Les mélodies sont évidentes et dès la première écoute on pense aux Beatles et aux Kinks pour leur sens de la chanson pop, et à Marc Bolan de T-Rex sur d’autres morceaux. Chansons entrainantes et ensoleillées, simples et directes, comme l’on en entend rarement. Pourtant cet artiste aux cheveux longs est trop jeune pour avoir connu le swinging London. Et cet album ne fait pas non plus dans le trip rétro pointilleux. C’est un rock comme l’on en entendait plus. Repéré par le label londonien 1965, ce jeune talent venu de l’hémisphère sud nous a immédiatement charmés et nous ne pouvions décemment laisser ce disque dans l’anonymat. Il y a des tas de jeunes groupes frais et excitants en l’année 2017 et il s’agit de le faire savoir au public francophone. Ces années 2010 sont passionnantes si l’on s’en tient à la musique que l’on peut l’on peut entendre si on cherche un peu. Moins passionnantes si l’on regarde ce qui fait notre quotidien. Mais en ces temps de morosité et de début de reprise économique il y a moyen de se remonter le moral et de vivre de bons moments en attendant mieux. C’est que la musique se porte bien, en termes de qualité, même si cela n’apparait pas au grand jour.  Et les jeunes artistes n’ont pas fini de nous surprendre.

L’album débute en beauté par le titre Inner City Dream, et entre dans le dur avec le suivant, Someone To Walk Around With, avec son beat à la Bo Diddley et ses harmonies Beatles. La superbe skyways, un truc qui aurait pu figurer sur un album des Dukes OF Stratosphear. C’est tout à fait le meme genre de mélodie. Arrive ensuite un son plus crade, plus glam-rock, avec le titre Better Of Me. Wesley Fuller enchaîne sur une chanson plus naïve, avec un synthé kitch, Morality. Refrain magnifique. On revient à l’influence Beatles avec All The Colours, qui est moins rapide mais plus profond. First song est le titre le plus tubesque de l’album, qui nous rapplle cette fois-ci le groupe gallois XTC par sa construction complexe et ses guitares. It Can Change My Ways est plus proche de Marc Bolan et lui aussi très bien construit et qui semble tout droit sorti des seventies. Les guitares sont hyper-efficaces et moins cristallines, plus garage psyché. Biggest Fan, lui est différent, plus brut de décoffrage, et néanmoins très efficace. Les deux titres suivants sont décevants car un peu mous, même si Wish You Would évoque les hits radiophoniues des Kinks. Miranda Says, n’est pas mal non plus, malgré son absence de guitares au début du morceau. Ce titre avec beaucoup de clavier surprend par sa sophistication. No More Chances qui clôt l’album revient dans l’éenrgique et le jerk sixties.

Cet album n’est manifestement pas fait pour se prendre la tête et ne cultive pas les climats ambigus. Malgré sa troublante ressemblance avec de grands anciens, il ne sonne pas daté même si rare sont les artistes aujourd’hui à emprunter cette voie., il n’annonce certes pas un changement dans le rock mais montre un retour aux pop songs qui fait plaisir à entendre.

 



Morissey- Album Low In High School  (17 novembre 2017)


Après Liam Gallagher, voici une autre idole du rock britannique à sortir un nouvel album. Ultra populaire de l’autre côté de la manche, il poursuit depuis la séparation de son groupe The Smiths une carrière solo faite d’albums de qualité et de déclarations intempestives dans la presse.


Ce nouvel album montre un changement notable : moins de pop à guitares et 3 titres accompagné par un piano. Par contre, sa façon de chanter est toujours la même et ses mélodies ont gardé la même patte depuis les Smiths. Les morceaux, eux, sont précieux et comportent des orchestrations sophistiquées quoique discrètes faites de violons et d’une petite trompette. Les douze titres de cet album nous emmènent visiter une suite de chansons homogènes et de même niveau, qui constituent un ensemble cohérent sans rupture de la matière sonore. Pas de concessions ni de tape à l’œil. Aucun écart si ce n’est un titre dance et synthétique faisant un peu penser à du Dépêche Mode  par sa construction, mais avec la voix si reconnaissable du Moz. Mais dans l’ensemble c’est du Morissey pur jus qui ne décevra pas ses fans.


Le disque commence par My love Bad Do Anything For You, un morceau rentre dedans qui est un peu martelé par une batterie lourde, et qui se termine par des cuivres tonitruants. Bonne entrée en matière. Vient ensuite le titre « new-wave » que nous avons mentionné plus haut, et qui n’est pas désagréable même s’il déroute au premier abord. En troisième vient le superbe Jacky Is Only Happy When She’s Up On The Stage, qui est le plus beau de cet album et est agrémenté de violons du plus bel effet. Il justifie à lui seul l’acquisition du disque et restera probablement dans l’histoire ;


Le quatrième, Home Is A Question Mark, commence par de délicats arpèges de guitare et est du Morissey pur jus. Vous serez en terrain de connaissance. Ensuite vient une balade mélancolique parlant de notre époque atone,, Spent The Day In Bed. C’est un espèce de tango rock’n’roll qui lui succède avec I Bury The Living. A ce morceau avec de belles guitares succède le premier titre mélodramatique sur fond de piano. Bon, ce n’est pas désagréable. Il s »appelle In Your Lap. The Girl From Tel Aviv Who Wouldn’t Kneel est lui un morceau sur rythme ternaire, lui aussi avec une prédominance du piano, relevé de violon et d’accordéon.  Il parle discrètement du conflit israélo-palestinien. Retour à la légèreté sur fond de guitare fuzz pour une très belle chanson qui porte le titre d’All The Young People Must Fall In Love, une originalité chez cet artiste qui ne fait pas habituellement dans les sonorités rétro. On revient à du Morissey plus habituel avec When You Open Your Legs, qui ravira ses admirateurs. Enfin, le dernier de l’album, Israël, termine le voyage en beauté et montre les capacités vocales du bonhomme.

Bref, un excellent disque, qui nous apporte des réponses sur le rock britannique, même s’il ne rompt pas avec ce que l’artiste nous a déjà donné à entendre. Morissey a une forte personnalité musicale et ce nouvel album fait plus que tenir la route. Morissey est grand !



The Sherlocks- Album Live For The Moment (juillet 2017)


« Live For The Moment » est le titre du premier single de The Sherlocks et il est réutilisé pour leur premier album. C’est donc un groupe tout nouveau pour le public français, et qui a été repéré par la BBC et qui s’est produit dans les grands festivals des Iles Britanniques. Et ça fait très mal !

sC’est du rock pêchu et héroïque dans la veine de The Arctic Monkeys et les deux premiers albums de The Clash, très mélodique et énergique. C’est un excellent album et ça envoie.  Ils sont la preuve que le rock se renouvelle et que les Iles Britanniques accouchent toujours de disques intéressants. Il sonne actuel et renoue avec une tradition de groupes ayant une grosse patate. Leurs chansons sont taillées pour la radio et si on peut trouver leurs compositions trop évidentes, elles sonnent. Ce disque va vous réveiller si vous étiez partis dans des ambiances contemplatives. Il est recommandé de l’écouter le matin car cela vous tire de la torpeur !  Comme on disait autrefois, c’est de la musique déplanante !  Cela fait plaisir de voir que de jeunes groupes conjuguent énergie, mélodie et sens de la composition, le tout propulsé par une puissante batterie qui n’est pas sans évoquer des groupes de la fin des années soixante-dix, qui avaient un fantastique batteur. Ce disque en effet conjugue rock récent et des réminiscences qui sauteront tout de suite aux oreilles des plus âgés de nos lecteurs. Enfin, ce n’est pas retro, c’est complètement contemporain, et très anglais dans la manière.

L’album commence par le très efficace Will You Be There et son intro de guitare, morceau qui comporte un très beau refrain. C’est une très bonne entrée en matière. Il est suivi de leur premier single Live For The Moment qui ressemble à The Amazons par sa construction. On notera la maitrise de leurs vocaux, comme sur le troisième titre Escapade. Viens ensuite Chasing Shadows et ses superbes guitares et sa batterie tellurique. Blue, lui, est presque du pop-punk et son chant acrobatique est particulièrement plaisant. Son solo de guitare est un peu vieux jeu, mais il n’est pas trop long. Nobody Knows est le titre le plus long de l’album ( 6 minutes 10) alors que les autres titres n’excèdent pas les 4 minutes. C’est le titre qui rappelle le plus The Clash, et il comporte un passage où la guitare a un son plus sophistiqué. Il se termine par un couplet acoustique. Viens ensuite Was It Really Worth It ? qui est l’un des titres qui arrache le plus. On dirait que c’est Mick Jones qui joue !

Turn The Clock, lui, est la seule ballade de cet album, et est un bijou de pop anglaise. Après ce moment d’accalmie surgit le titre Last Night qui semble tout droit extrait de l’album Give em Enough Rope sorti en 1978. Et ça continue dans cette veine avec Heart Of Gold, qui a même son break reggae avant le solo. Motions commence acoustique et après l’intro nous propose une belle excursion country- pour le moins inattendue. Il se termine par un Candlelight qui est faible par rapport au reste de l’album.

Nous résumerons en disant que ce premier album a la patate des groupes issus du punk anglais de 1976-79 et les constructions de morceaux des groupes rock de ces dernières années. Il fait preuve d’une maîtrise de la composition toute moderne en retrouvant une sauvagerie que l’on n’entendait plus. En fait c’est l’un des meilleurs albums de rock britannique que nous avons entendu cette année et se groupe fait une entrée fracassante dans notre discothèque.



The Last Dinosaur – CD The Nothing (juillet 2017).


Juillet n’est pas un mois habituel pour les sorties d’album et pourtant nous avons trouvé cet artiste anglais totalement inconnu et qui risque de rester dans l’ombre car il existe un groupe pop du même nom. Donc évitons la confusion, nous ne parlons pas du groupe qui a pondu le fantastique titre Zoom, mais d’un songwriter britannique, Jamie Cameron.

Leur nom est une allusion humoristique à leurs méthodes d’enregistrement rétro, et également à un dessin animé où l’on voit le dinosaure Denver décongelé par des adolescents. Leur premier disque est sorti en 2009, et celui-ci est le 3è. Il est sombre, empreint d’une réflexion sur la mort, dans le cas présent celle d’un ami avec qui il avait monté un groupe à 17 ans et qui a disparu dans un accident de voiture. Malgré ces tentatives discographiques, The Last Dinosaur est resté dans l’ombre et il est difficile de trouver des infos à leur sujet. The Nothing est sorti le 07 juillet  sur le label Naim Records.

Ce projet est donc le fait de Jamie Cameron et de son acolyte et ami luke Haiden, et avec la participation d’une violoniste, Rachel Lanskey. C’est une musique accoustique et délicate, aux structures mélodiques bien anglaises, loin du folk malgré l’instrumentation similaire. Parfois vient s’ajouter un saxophone discret. Cet album comporte onze titres calmes et mélancoliques, et quelques uns sont joués à la guitare, d’autres au piano. Notre préféré esrt le deuxième,  Grow, seul morceau de l’album où une batterie marque le tempo. Nous aimons bien aussi la chanson All My Faith. Elle est suivi d’un We’ll great Death Lyrique à souhait.

Bref, c’est un petit album mais néanmoins sympathique, qui convient parfaitement à cette saison où on a plus envie de se prélasser en terrasse où à l plage que de se défouler dans une salle de concert.




The Madcaps – Album Slow Down (2017)


A l’écoute de ce premier album du groupe rennais, on ce dit que ce disque a été enregistré dans les années 60. Puis en revenant sur le métier, on se rend compte que ce n’est pas le son qui est retro mais la forme. Mais cet objet insolite est plutôt sympathique, même s’il est traditionnel.

Ce n’est pas du garage rock frénétique mais du millésime Peebles, avec des influences Beatles, Rhythm’n’Blues et Kinks. Si vous souhaitez, comme le dit la chanson, aller danser le jerk en sortant du bureau, c’est parfait pour vous. Bon, ce n’est pas le premier groupe sixties français que nous entendons, en fait il y en a toujours eu dans notre beau pays, même s’ils ont rarement eu les faveurs des média. Cet album est sorti en Mars 2017 sur le label Howlin’ Banana et est bien accueilli par nos confrères. Il constitue une parenthèse agréable dans le paysage musical actuel. Nous avons longuement hésité à le chroniquer, nous demandant si ce n’était pas un gag. Non, pas plus que Gaspard Royant.


Le premier titre, No Friend OF Mine, est digne musicalement du grand Nino Ferrer, même s’il est chanté en anglais. C’est  un jerk sautillant agrémenté de cuivres. Le second, Come, sonne franchement Beatles, ce qui est une surprise de taille. Il est très proche de leur hit Ticket to Ride. Avec le suivant, She’s so Hot, qui fait reference aux Rolling Stones, on trouve des réminiscences psyché à la guitare. Changement d’ambiance avec Fair Enough, qui est plus dans la veine des Inmates et de Doctor Feelgood, c’est à dire du pub rock énergique et légèrement crade. C’est l’un des meilleurs titres de l’album, et qui ne fait pas folklorique. Le Passe Muraille est en anglais contrairement à ce qu’indique son titre. Il est construit sur du surf rock, donc un son plus pur, et avec une mélodie catchy à la guitare. Slow Down, le morceau qui donne son nom à leur album, fait lui penser àu rocker noir Scremin’Jay Hawkins qui s’est fait connaître dans les années 50. Un slow blues traditionnel donc, qui part en délire puis s’accélère. Le titre suivant est dans la même veine, celle du rock’n’roll de musiciens noirs, moins connus du public qu(Elvis Presley mais fondamentaux pour l’histoire du rock. Autre style avec le morceau Chill Pants, qui est dans la manière du groupe de funk rock de la Nouvelle Orléans The Meters, artistes favoris de Keith Richards. On retrouve l’orgue vintage et les ryhtmiques funk old school de cette ville du sud des Etats Unis proche géographiuement et musicalement des Antilles. Los Morning Blues, qui suit ce remarquable morceau, est le plus modern de l’album. On pourrait penser au rocker Chris Isaac. Il n’y a pas les cuivres sur ce titre.L’album se termine en beauté avec Devil Money, qui revient aux sixties après ce long voyage musical.

En fait cet album fait montre d’une énorme culture musicale et d’une vraie diversité de références, toutes antérieures aux années psychédéliques. Comme si le temps c’était arrêté en  1967. Nos apréhensions ont été levées en écoutant le disque du début à la fin et nous avons pris un réel Plaisir. Certes il est complètement inactuel et fait preuve d’une radicalité dans la démarche, car c’est absolument en dehors des tendances et anti-commercial. D’où leur place sur ce site.



The Amazons - Album The Amazons (2017)


Le premier album du groupe anglais The Amazons, originaires de Reading, sort fin mai 2017 et nous avons choisi de vous en parler tant ils nous ont impressionnés lors de leur concert parisien dans la fameuse petite salle de la Mécanique Ondulatoire. Nous sommes toujours étonnés de voir d’aussi bon groupes se produire dans un si petit endroit. Et 6 mois après, si tout va bien, on les retrouve dans de plus grandes salles. En l’occurrence, The Amazons ouvrait à la Cigale pour le groupe de pop punk You Me At Six, ce qui est très bon pour leur avenir. Ils font leur première partie sur toute la tournée européenne de ce groupe. C’est d’ailleurs devant la Cigale que nous les avons rencontrés et pu leur poser quelques questions. Il en ressort que ce sont des gens sympa, accessibles et expérimentés malgré leur formation récente en 2014. Nous avons ainsi appris qu’à leur tous débuts ils se sont fait les dents sur des reprises de Nirvana,  des Ramones, Arctic Monkeys, Block Party et System Of A Dawn. Ce ne sont pas des poseurs mais de vrais musiciens qui ont déjà atteint avec ce premier album un niveau impressionnant. Ils ont du mettre une claque aux lycéennes qui se pressaient pour le concert. Par moment ils font penser fortement aux Arctic Monkeys et à Royal Blood. Si cet album ressemble comme deux goutes d’eau à leur set live, c’est qu’il a été enregistré live, justement, pour retranscrire l’atmosphère de leurs concerts.  Si le groupe existe officiellement depuis 2014, ils se connaissent depuis 10 ans, le drummer étant le dernier arrivé. Leurs influences sont les grands du rock, Led Zeppelin, Nirvana et les Stones. En effet, leur rock est plutôt classique et cela fait du bien par les temps qui courent. Est-ce vraiment indé ? En tout cas, c’est du lourd et du puissant, et la production de leur disque est excellente.

Il débute par un titre speed, presque punk, au couplet basique , Stay With Me qui fort heureusement est suivi d’un super refrain qui fait décoller le morceau. Le deuxième titre vaut aussi par son refrain. The Amazons ont décidément le sens de la mélodie. La construction est classique, et cela peut plaire à une oreille habituée à de la pop. Le troisième titre est le tubesque In My Mind qui nous les fit découvrir et qui est leur chanson la plus évidente. En tout cas elle montre les capacités vocales de leur chanteur qui tient là un moment de bravoure. Vient ensuite le titre  Junk Food Forever  que vous connaissez si vous êtes allés voir le site officiel du groupe et qui leur sert de carte de visite. Tempo moyen, superbe rythmique et guitare dans l’air du temps. Le suivant, Raindrops, nous fait terriblement penser aux Arctic Monkeys, ce qui n’est pas pour nous déplaire, les Singes ayant pondu à notre avis l’album rock de la décennie. Encore un titre tubesque avec Black Magic et son beat dance music. C’est le morceau le plus inattendu de cet album, c’est aussi celui qui fait le plus remuer le public en concert. Il est très seventies et le chanteur est au top. Il conviendra parfaitement aux habitués des dancefloors sans pour autant faire dans le racolage. Vient ensuite Ultraviolet, qui est excellent, et qui propose de belles parties de guitare. C’est également le cas de Little Something, très rock’n’roll et qui satisfaira les puristes. Il y en a donc pour tous les goûts sur cet album qui est plus varié qu’on pourrait le supposer au premier abord.

On retrouve l’influence Arctic Monkeys sur le suivant, Holly Roller, qui est l’un des plus calmes du disque. Something In The Water est lui aussi un morceau relativement lent par rapport au reste du CD. On retrouve là encore leurs structures de morceaux qui sont complètements construits. Sur ce titre comme sur le précédent, le lead guitariste se montre inspiré et très présent.

L’album se termine par une fausse surprise, car ils nous font le coup de la ballade au piano qui repose après un tel déluge sonore.

Nous revenons toujours pas d’avoir eu la chance de les voir dans une petite salle et de pouvoir les rencontrer aussi facilement, car ce groupe va faire parler de lui dans le futur. Ce ne sont pas des plaisantins, et nous nous sommes vraiment fait plaisir en écoutant cet album.



Falklands, EP The Resurrection (2016 autoproduit)


Voici le deuxième EP du groupe Falklands de Perpignan, et il est digne d’intérêt. Il nous ramène à ce que nous pouvions entendre au tournant des 90’s et des années 2000 et tranche agréablement sur ce que nous pouvons écouter sur les ondes FM. La rotation est trop brutale, si nous ne faisons pas attention et ne jettons pas de temps en temps un œil sur les années écoulées nous passons d’une nouveauté à l’autre au rythme imposé par les maisons de disques.


Donc voici un disque d’un groupe local, ce qui n’est pas péjoratif, qui se remue dans sa région d’origine, ce qui est loauable. Les groupes de banlieue parisienne ne procèdent pas autrement. Parlons de ce mini-album : le propos est ambitieux. Il ne s’agit rien de moins que d’un opéra-rock, qui raconte l’histoire d’un personnage de notre temps, avec un angle de vue qui est plus courant chez nos voisins britanniques, groupes ou cinéastes (nous nous rappelons de la claque qu’était le film Trainspotting), qui n’hésitent pas à parler de la vie des couches populaires de leur société et de leur quotidien. C’est dons très british, dans le thème comme dans les chansons et le son. On pense à l’album « Modern life is rubbish » de Blur, même si les chansons ne sont pas aussi accrocheuses. Ces 6 titres content la vie et la détrtesse d’un jeune de mileu défavorisé qui comate entre les longues journées l’usage de stupéfiants et une relation amoureuse qui se passe, sans plus.


Il ne voit pas d’issue ni d’évolution. Le disque commence par un monologue introductif. Il est suivi par le titre The Last Needle, qui est le véritable début du disque. Et bien ce n’est pas ridicule du tout, malgré les petits moyens. Le chant est plus qu’acceptable, même si les couplets sont parlés, le gars maitrise l’anglais. Et le refrain arrive après un riff qui est ce qui se faisait il y a encore 10 ans.


Suit le 3è titre, « Golden Streams », qui est acoustique et presque folk. Calme avant le déchainement de « what makes you proud », moment de colère très réussi, qui le titre le plus fort de cet EP, et qui est très bon. Annabel Lee, le 4è titre, nous rappelle franchement Blur. C’est le titre le plus dans l’air du temps de ce disque. On aime entendre ce type de rock, énergique et vivant. L’Ep se termine sur « The Résurrection » qui est dans la même veine que le précédent, avec de bons soli de guitare. Dans l’ensemble, c’est du pêchu, un peu brut, avec une voix crédible, qui est très bien mise en valeur. On reste sur sa faim et on aurait aimé plus de morceaux que ces 6 titres. C’est quand   ça commence à démarrer que le disque s’arrête. On aimerait qu’ils développent leur répertoire sur un 12 titre. En tout cas, ça réveille. Comme vous l’avez compris, nous aimons beaucoup Blur.




Gu’s Music – Projet Happening (2016-microcultures)


Nous vous présentons le futur album, qui est en cours de réalisation, de Gu’s Musics, de Tours. Venant après le premier album, Aquaplaning, aujourd’hui épuisé même si on peut l’écouter sur leur bandcamp, il s’agit pour l’instant de 3 titres aboutis en en attendant d’autres.

Nous avons choisi de vous présenter ce projet car il nous semble le représentant d’une tendance actuelle des artistes rock de ce pays. Une tendance parmi d’autres plus légères et moins cold, mais qui ici trouve une expression intéressante. D’abord la rigidité des rythmiques, qui en choquera plus d’un. C’est aussi rigide et froid que des machines, funèbre, sans la moindre part d’improvisation, à l’opposé des musiques sautillantes et groovy que l’on peut entendre sur les radio FM. Mais cela sonne. La voix est monocorde, on dirait une récitation, et l’on ne peut s’empêcher de penser à Serge Gainsbourg. Les textes de Yann Kouton sont imagés et profonds, compliqués comme l’est la vie intérieure. C’est tout sauf des slogans simplistes ou des phrases accrocheuses. Décrivant des sensations visuelles comme le ferait un peintre, il faut plusieurs écoutes pour les capter. Ce qui nous a séduit, c’est que cette esthétique radicale qui est de par sa forme aux antipodes de nous goûts habituels a amené à un résultat qui sonne. Gu’s musics nous prend à contre pied et si esthétiquement on peut trouver cela macabre, ils installent une véritable ambiance et leurs titres sont emprunts d’un charme certain. Nous pensons sans hésiter à l’Hôtel Particulier et à Cargo Culte du beau Serge. Ces titres représentent un climat et des sonorités contemporaines, plus pointue que des groupes qui jouent pied au plancher et la cymbale charleston ouverte du début à la fin du morceau. Certes c’est mélancolique, ce n’est pas dansant, mais il y a un son et un timbre de voix. Cette tendance dépressive est en vogue actuellement chez les musiciens français, ce groupe n’en est pas le seul exemple. C’est en effet très français de mettre deux guitares au rôle figé, une qui fait des rythmiques monotones et l’autre qui fait des solo et des lignes mélodiques, comme le montrent les démos de Manu du groupe Dolly circulant sur le net. Pourtant les groupes anglais des années 80 avaient fait voler ce schéma en éclat, malgré leurs faiblesses. Seulement voilà, la lead guitare a le son rock que nos avons trouvé chez par exemple les Raveoenettes et The Underground Youth. Les démos du futur six titres sont plus produites que l’album aquaplaning, qui en découragera plus d’un. En particulier le titre Courtyard est magnifique et justifie à lui seul d’écouter l’ensemble de leur œuvre. Le titre suivant, à l’entour, nous rappelle clairement par son texte et son phrasé le défunt Serge Gainsbourg. On trouve un violon sur le titre Nox, et un orgue sur le suivant, Séjour des Peines.

Pour résumer nous dirons que le premier album montrait des compositions, une voix et un son, et qu’il y a plus de travail sur le deuxième album, qui est plus vivant. Il y a sur ce premier disque de belles réussites, comme les deux premiers titres A Spare Moment et I do Not Own.

Mais ne vous atendez pas à quelque chose de pop et joyeux avec ce disque à venir. Ce n’est manifestement pas l’objectif de ces artistes qui ont choisis une autre voie que la facilité et l’évidence.. Nous avons écouté des choses moins sombres et plus fun, mais nous ne regrettons cependant pas d’avoir croisé le chemin de ces artistes.



Parlor Snakes, album éponyme (2016 Hold On Music)


Voici un album à réveiller les morts, qui a la puissance des Stooges et d’AC/DC, avec un poil plus de finesse dans les guitares, et qui envoie le bois. Originaires d’ici et d’ailleurs, car franco-américain, il se compose de Eugénie Alquezar au chant et à l'orgue, Peter K à la guitare, Séverin à la basse et Jim Yu à la Batterie. Ils avaient sortis un premier album en 2012, et les voicis de retour sur un label indépendant, Hold On Music, avec un deuxième lp produit par le New Yorkais Matt Verta Ray. Le disque commence par le très efficace et enlevé We Are The Moon. Il est suivi d’un Here Comes the Hell très dur et sauvage. Ensuite vient Dirt to Gold, un titre envoûtant, swamp blues, qui commence cool et monte progressivement en intensité par sa partie de guitare et permet à la chanteuse de s’exprimer pleinement. Watch Me Live, qui lui succède, est rapide et primitif, et très séduisant.  Arrive ensuite un Fade in the light plus intimiste et rythmé par un tambourin au début du morceau avant l’entrée de la batterie qui reste subtile avant de se déchainer dans la deuxième partie. C’est du rock’n’roll authentique. On repart dans le dur avec le suivant, qui ferait un bon single, Always you, plus classique mais terriblement accrocheur. Strangers, le morceau qui lui succède, est presque pop, je dis presque, car si la voix est mélodieuse et doucereuse, derrière ça bastonne sec, pas de compromission en vue. Nous avons droit à un super solo de guitare avant le retour du refrain. Sure shot, lui, est un titre plus garage, qui nous fait penser aux Fleshtones. Man in the Night est lui plus sophistiqué et a des réminscences fifties sur les couplets, le refrain étant plus dur. Belle alternance d’une partie calme et d’un partie rentre dedans, ça marche toujours. Just Drive, qui lui succède, est une belle ballade style fifties, avec une partie de guitare bien sentie. L’abum se clôt par un boogie, the Ritual, qui nous surprend par sa construction et ses sonorités. Parlor Snakes ne sont pas des petits joueurs, et ils parviennent à sonner originaux avec des ingrédients fidèles au rock’nroll sans que l’on puisse leur coller une année de référence. C’est à la fois traditonnel et moderne, et ils ont un gros son qui fait plaisir à entendre, et ils réveillent un peu le paysage musical. A écouter à fort volume.




The Red Goes Black - Album I Quit You Dead City (2016)


L’indé est une démarche, pas une catégorie musicale à proprement parler. Nous essayons cependant de garder le cap et de ne pas nous disperser. Mais cette fois-ci, nous ne commettons pas d’écart en vous présentant avec quelque retard cet album du groupe The Red Goes Black.

Disons-le d’emblée, il nous plonge dans un style de rock proche du Cream D’Eric Clapton, Jack Bruce et Ginger Backer. Classic rock pour la forme, indé pour l’esprit, c’est un bon album, qui s’enchainerait très bien après un Lenny Kravitz, le gros son en moins. Mais ces artistes ne sont pas si éloignés. Ce disque est un régal, il ne sonne pas rétro et vous changera de ce qui sort depuis quelques mois. Le rock, c’est vaste, c’est plus varié que l’on le penserait au premier abord. Posons donc quelques repères : nous avons dit Cream, blues-rock flirtant avec le psychédélisme, à petite dose chez The Red Goes black, c’est particulièrement visible sur le titre All I want et son solo de guitare et ses choeurs. White Room de Cream n’est pas loin. Ce disque est produit par Colin Dupuis, qui a fait également Dr John, ce que nous relevons car les rythmiques basse-batterie-guitare fleurent bon la Nouvelle Orleans et les productions du génial Allen Toussaint. Le monsieur a également été producteur des Black Keys, pour ceux qui veulent des noms connus. Mais si vous plongez dans la discothèque de vos parents cherchez à l’année 1967. L’empreinte du groove de la Nouvelle Orleans pré-funk est sensible en particulier sur le titre Good Thing, qui est l’un des plus endiablé de cet album. Ce disque plaira certainement au fans de blues aussi bien qu’au public rock. Le son de guitare est sale, roots et vraiment blues. C’est presque aussi crade que l’ancêtre Hound Dog Taylor. Pas très moderne, tout ça, mais cela fera du bien à vos oreilles. Le rock a une histoire et des racines, le blues a plus d’un siècle, et alors ? Mais nul besoin d’être historien des musiques populaires pour apprécier ce disque, qui sonne et qui groove autant que celui des Alabama Shakes, groupe cousin de celui-ci. Si, il y a un titre au fort potentiel radiophonique, et il vient en dernier sur la tracklist, c’est The Warmth of Dawn, qui est le plus pop du lot, et moins rugueux que les morceaux qui le précèdent



Brian Jonestown Massacre –Thingy Wingy  (Novembre 2015)


Voici le nouvel album d’un groupe sulfureux de San-Francisco, réellement indé, et qui existe depuis les années 90. La presse musicale le classe dans la rubrique psychédélisme, mais si vous attendez du Temple, vous risquez d’être décontenancé. Il y a bien quelques références au psychédélisme sur la fin de l’album, mais plus que des arrangements originaux sortis d’on ne sais où, il y a un climat, une couleur dominante et une ambiance qui fait penser au Velvet Underground. Ce disque renferme de très bon titres comme le premier, Pish, qui est dansant et entrainant. Le reste de l’album est sombre et mélancolique et sonne très inactuel. Il y a un titre acoustique, plutôt folk, Dust, une reprise des légendaires 13 Floor Elevators, sinon dans l’ensemble c’est une formule à deux guitares, dont le jeu est de bon goût. Il n’y a qu’un titre que nous n’avons pas aimé, c’est le deuxième, Prsi Prsi, qui est chanté en plusieurs langues et tranche sur le reste de cette production. L’album comporte aussi un blues dégénéré, leave me alone , qui sent la jam session, mais n’est pas pour autant désagréable même s’il bouscule nos habitudes. Ce disque hors du temps ignore le rock des ces dix dernières années, mais qu’est-ce que la musique actuelle ? Cela sonne plutôt bien, même si cela  ne respire pas la joie de vivre. Nous l’avons écouté longuement sans nous ennuyer, et cela passe bien. Certe ce n’est pas l’album de l’année, mais il s’écoutera quand même, même si nous préfèrerions entendre quelque chose de plus électriique et de moins contemplatif.



Vex - Album Rester libre

La fin des années quatre-vingt, rappelons-le, fut marquée par un éclectisme et une rencontre de différents genres musicaux, principalement le rock et le reggae, et donna naissance à une multitude de groupes dont les plus connus sont La Mano Negra et les Négresses Vertes. Epoque aujourd’hui révolue dans l’hexagone, mais qui se maintient en Espagne. Vex, ex-Zuluberlus, sont les rescapés de ce rock allternatif cuivré et festif. Disons le clairement : ce disque, s’il est sympathique, est le témoin d’un courant qui a disparu à part à Colombes dans le 92 où ces activistes sont implantés depuis toujours. Ce sont des fans de Clash, grand groupe anglais qui eut une influence certaine sur toute une génération de groupes de rock, et qui est cité en référence par Bono et Pete Doherty. Il nous semble important de connaitre nos grands ancêtres, mais reconnaissons que cela ne correspond plus à ce qui se fait actuellement. Nous avons écouté l’album de Vex avec Plaisir, non sans nostalgie, et nous apprécions leur combat pour la musique vivante et leurs textes militants. Ce genre de rock métissé et cuivré a été abandonné et est entré dans les livres d’histoires du rock. Mais avouons que de temps en temps, ça ne fait pas de mal d’en écouter. Nous aimerions avoirs l’avis de nos jeunes lecteurs sur le sujet.



Radkey - Album Dark Black Makeup (20-10-2015 )

Contrairement à leurs ainés des Ramones, les membres de ce groupe sont de vrais frères, originaires de St-Joseph dans le Missouri. Comme les Ramones, ils pratiquent le punk rock à un excellent niveau. En dépit de leur jeune âge, ce premier album est au niveau de groupes ayant plusieurs années d’existence et de nombreuses heures de vol.

Ce disque n’est pas composé que de titres Hardcore, même s’il y en a. Radkey varie les tempo et les influences en restant homogène, avec un même son tout au long de l’album. Cela ressemble à Rocket From The Crypt et on sent qu’ils ont fait la première partie de Fishbone. Cet  album correspond à ce qu’ils jouent sur scène, c’est le même répertoire, comme nous avons pu nous en rendre compte au mois de juin dernier lors de leur passage à la Maroquinerie. Nous retrouvons sur disque ce qui nous avait frappé en live : l’énergie, la fougue et la qualité des vocaux. Si vous pensez qu’un groupe punk est une réunion de braillards, Radkey vous fera revoir votre jugement. Et le chanteur n’a que 17 ans !

C’est un pavé dans la mare du punk US et ce disque mérite votre attention. Il renouvelle un genre que l’on croyait à bout de souffle. Leur credo est de puiser dans le rock des années soixante-dix qu’ils ont trouvé dans la discothèque de leurs parents, car c’est selon eux la méilleure période du rock.

Certes ce n’est pas du pop-punk californien à la Green Day mais les morceaux sont néanmoins très mélodiques. Le son est américain, c’est clair, mais ça ne touche pas au métal comme on pourrait le craindre et à défaut de sonner original c’est terriblement efficace. Les Radkey sont visiblement doués et ils apportent un air frais à un genre qui  peut facilement tourner en rond. Ils ont l’avenir devant eux et on reparlera certainement d’eux dans quelques années. Si vous aimez le punk et le garage, voici un groupe qui vous ravira.  Nos titres préférés :   Feed my brain et  Evil Doer qui étaient sortis en single et dont indiepoprock vous a déjà parlé.


Mountain Bike - Album I Lost My Hopess In Paradise (27-01-2015 Humpty Dumpty Records)

Sorti au mois de janvier, le premier album du groupe belge Mountain Bike est une révélation pour nous qui avons toujours une oreile attentive pour ce qui se fait en garage rock. Moins extrèmiste que The Ooh Sees, ce groupe compose de belles chansons et n’est pas sans rappeler par moment Blur.

Mountain Bike est un quatuor belge donc, de Bruxelles pour être précis, composé de deux guitares, une basse et une batterie, et il sort avec ce I Lost My Hopes In Paradise son premier album sur le label Humpty Dumpty. La presse ne s’en est pas emparée et nous sommes peu nombreux à avoir remarqué ce disque que nous conseillons à tous les amateurs de rock brut et sincère, et néanmoins aimant les mélodies.

En effet, les quatre de Bruxelles nous livrent une garage-pop enregistrée à l’arrache et avec un soucis de l’authenticité (fuzz d’époque et batterie en avant), avec un bonheur inégal ( certains titres sont mal mixés, d’autres ont un son excellent) et des titres aguicheurs ( le superbe World Land qui ouvre l’album et la ballade qui donne son titre à l’album). Nous avons tout de suite repèré cet éloge du binaire et des guitares énervées (Japanese Guitar en est le meilleur représentant) et nous le proposons à nos lecteurs avec quelque mois de retard, veuillez-nous en excuser.

La visite commence par l’énergique World Land, un potentiel standard du rock dans les playllist de DJ, qui met une claque et donne envie d’en savoir plus. Il se continue par un beau morceau calme et légèrement psychédélique, I Lost My Hopes In Paradise. En troisième position arrive une morceau dans la même veine que le premier, Eveything But A gift, batterie tribale, fuzz vintage,  quitare enlevée façon Arctic Monkeys des débuts et refrain qui déboule pour emporter l’adhésion. Puis c’est au tour du très garage Russian Roulette, qui fait presque exploser notre casque d’écoute, qui n’était plus habitué à une telle dynamique.  Ensuite vient le titre Just Good Friends aux accents country, et qui est une belle chanson interprêtée seulement avec une guitare et la voix, rejoints tardivement par une basse langoureuse. Puis nous avons droit à un jerk plus conventionnel et digne des compilations peebles, Is That All About Money . A ce classiscisme garage succède un titre aussi speed et bruyant que Metz, au titre étrange de Cigogne, qui est le plus sale de l’album. On retrouve un bon son avec le suivant, Torture, qui débute par une basse tranchante suivie par une batterie rentre-dedans et des arpèges de guitare psyché, et  se poursuit par un refrain punk, avant de passer à un break fou-furieux où la guitare se déchaine. Le prix du riff qui tue pourrait être remporté par le morceau Got Power qui se déroule imperturbablement pour notre plus grand bonheur. L’exercice est périlleux et beaucoup s’y sont risqués sans atteindre un tel degré de réussite. Après ce coup de maître survient la troisième ballade, Hanging Around, où se fait voir la ressemblance avec Blur. Elle se termine sur un solo d’orgue sixties du plus bel effet. L’album se termine par le très beau Japanese Guitar, qui est le meilleur titre de cet album qui aurait du être disque du mois car il mérite amplement que vous vous le procuriez.

Pour un premier album, c’est une belle réussite et nos voisins belges prouvent une fois de plus qu’ils sont à la hauteur du rock international et qu’ils ne font pas de la figuration. 

Flip Grater - Album Pigalle (septembre 2014-)

Pigalle est le nom de l’album, choisi en référence au studio Pigalle, situé à Paris dans le quartier du même nom, où il a été enregistré par une équipe locale. Ce quartier est visité par tous les touristes étrangers et participe de l’image de la capitale, quand on est parisien on se demande un peu pour quelle raison tant il est peu attrayant, mais c’est comme ça. La chanteuse Néo-Zélandaise Flip Grater, qui doit son pseudonyme au héros du feuilleton Flipper le dauphin, a donc posé ses valises à Paris et elle y a enregistré ce bel album, à la fois acoustique et électrifié, qui  prend l’auditeur  par surprise. Cette artiste, qui en est à son quatrième opus, gagne avec celui-ci la reconnaissance de la presse et du public : en effet, elle a eu droit à une interview dans le quotidien Libération et à un article dans les Inrocks, et son disque est entré dans les charts US. Il faut dire qu’il y a de quoi : son folk est attachant et sa voix distille une mélancolie douce-amère, dans une atmosphère décrivant ce qu’elle a ressenti  lors de ses promenades dans la capitale. C’est donc un carnet d’impressions et de ressenti, une forte charge émotionnelle qu’elle a voulu restranscrire dans ces onze titres qui composent cet album.

Il est appréciable de voir ce début de reconnaissance pour une artiste sur laquelle nous avons craqué. Nous ne sommes donc pas les seuls à l’avoir fait, ce qui nous rassure, nous qui avons parfois l’impression de lutter  dans notre coin pour des musiques de qualité, nous sommes cette fois en phase avec le reste du monde et cela fait du bien au moral. On en oublie les Lady Gaga qui faisaient la une des média.

L’album commence tout en douceur avec le titre The Quit, ballade sur une trame de guitare sèche, puis passe à plus d’électricité et de noirceur avec Diggin’ For The Devil, très fort, c’est le titre le plus intense de tout l’album. Moins sombre est le troisième morceau, Exit Sign, qui est quand même électrifié. On passe ensuite au kitch d’Hide and Seek, une valse au piano accompagnée de trompette, qui est amusant, sans plus.  On revient ensuite à une ballade, Hymns, où les arpèges de guitare sèche sont enrichis de licks de guitare électrique. Même orchestration pour le suivant, Justin Was A Junkie, une histoire poignante. On enchaine sur My Only Doll, aux accords de guitare électrique, seul exemple de cette formule sur tout l’album, on se demande ce qui a pris à l’arrangeur français, puis on revient à l’acoustique sur les titres qui suivent, Marry Me et The Safety Of The Lights. Sur The Smell Of Strangers on retrouve la batterie et la contrebasse mais ça ne manquait pas tant cet album est porté par la voix de Flip Grater.  On termine par un duo avec Nicolas Ker, To The Devil, sorte de friandise ou de bonus track, comme on dit en anglais.

Bref cet album est attachant, dépouillé dans ses orchestrations, nous qui sommes habitués du binaire qui cogne, et pourtant la magie opère, même sur des morceaux avec pour seul accompagnement une guitare sèche. On se laisse prendre par l’ambiance qui n’est pas banale et cette voix chaude et envoûtante qui presque à elle seule signe ce disque captivant.

 

Lonely The Brave , album The Days War (2014, Hassle Records dist Sony Music)

Nous attendons beaucoup de nos voisins britanniques, qui nous ont habitués à des prouesses musicales et à des périodes riches et créatives.  Nous guettons les nouveautés discographiques comme autant de signes de la promesse d’une nouvelle explosion. Au moindre frétillement nous nous mettons en route comme le gouvernement cherche les points de croissance. Las, point de vague mais des francs-tireurs qui apportent leur pierre à une histoire mouvementée. Il est rare de nos jours d’entendre quelque chose de neuf venant de Grande Bretagne, la tendance étant de revenir aux sources du rock’n’roll, comme le font très bien The Jim Jones Revue et The Fratellis. Mais très peu de groupes proposent une musique différente, électrique, sauvage et originale comme a su le faire U2 en son temps, à sa grande époque. On retrouve chez Lonely The Brave ce lyrisme du chant de Bono, et cette avalanche de guitares qui nous a ravit chez The Edge. Lonely TheBrave est un groupe héroîque , certains trouveront l’ensemble grandiloquent, en tout cas ces 14 titres nous remuent et nous émeuvent. On sent des influences nu-metal, mais elles sont digérées et la ryhtmique est classique sans chercher le crosssover. Ces musiciens de Cambridge viennent probablement du métal, comme nous pouvons le deviner à certaines attitudes sur scène, mais fait du rock british, avec des parties de guitare affranchies du rythm’n’blues et loin du punk et des clichés, traçant leur propre voie comme savaient le faire Public Image Limited et U2.  Discuter avec leur guitariste est passionnant, c’est lui le moteur du groupe (voir notre interview). On pourra trouver le chant monotone, en tout cas il a sa marque de fabrique et on le reconnait dès le deuxième titre. Il apporte un élément de cohérence à un album qui cependant ne part pas dans tous les sens et reste fldèle à une ligne directrice, à un son unique et personnel. Lonely The Brave a une forte personnalité, une grosse pêche et cette musique a une âme, un souffle qui nous emporte tout au long de cet album energique tout en étant sophistiqué. Les tittres les plus évidents : Trick Of The Light, Backroads, Victory Line. Notre préféré: là encore Backroads remporte le prix.

Patrick Kuriakine

Lenny Kravitz - Album Strut (2014-)

Lenny Kravitz est ce que le public de MTV connait du rock, « Chamber » est un tube planétaire que vous avez forcément entendu, ne serait-ce qu’au café, et le monsieur n’a pas besoin de nous pour se faire connaitre .  C’est l’été, on peut se laisser aller, et regarder de plus près les disques qu’on nous envoie. N’hésitons pas et sortons de nos habitudes : normalement cet album n’entre pas d ans nos attributions, trop grosse machine et pas assez indé. Qui d’autre que lui, à part les Rolling Stones et Aerosmith, brandit l’étendard du rock auprès du grand public ? Mais ce disque fait du bien aux oreilles, pour paraphraser le slogan d’une radio FM où il passe régulièrement.  Et ça fait du bien de revenir aux fondamentaux du rock, car Lenny Kravitz maintient vivante une tradition musicale : fortement imprègné de soul-music, il a souvent puisé dans la discographie des années soixante-dix et ne brillait pas jusqu’à présent par son originalité.Sur cet album il s’aventure le temps des deux premiers titres sur les pistes de danse (« Sex » et « Chamber », les deux premiers titres) avant de retourner à un rock terriblement efficace et charnel où la seule faute de goût est un sax FM qui nous délivre de temps en temps un solo sans surprise et qui pourrait figurer chez tout autre que lui (« New York City » et surtout « Frankenstein », qui commençait pourtant bien). Néanmoins son chant est personnel, et on le reconnait dès qu’il passe en radio sans qu’un animateur ait besoin de le présenter et sans qu’on se pose la question. Il y a un style Lenny Kravitz, qui s’est imposé depuis « Mama said ».

Cet album comprend douze titres, il est donc assez long, on n’a donc pas le sentiment de s’être fait gruger, et ne contient qu’une fausse ballade, « The Pleasure And The Pain », toute en tension jusqu’au refrain. Rien que du massif, sur des tempi moyens.  Il  n’y a qu’ un titre rapide, « I’m a believer »,  qui montre que Lenny Kravitz et ses musiciens ne sont pas à l’aise sur ce genre de rythme et sont plutôt faits pour l’entre deux, où le morceau avance et s’impose comme une évidence décontactée.  Nos préférés sont « Dirty White Boots », « Strut » et « Frankenstein » avec son groove des bayous. Avec ce disque, Lenny Kravitz s’impose comme un incontournable du rock vivant et à défaut d’inventer  un nouveau son il perfectionne son travail et assoit sa réputation de rocker superstar.

Patrick Kuriakine

 

Black Submarine - Album New Shore(2014-awal)

Nous avons plutôt l’habitude des chansons brutes et énergiques, courtes et incisives, plus que des dérapages vers la sophistication et la rencontre musicale. Cet album de the Black Submarine nous prend à contrepied en proposant un trip-hop rock osé et particulièrement envoûtant. Ce projet des anciens membres de the Verve Nick McCabe et Simon Jones est sans doute cérébral mais prends aux tripes et s’adresse aussi au corps par sa rythmique puissante : le batteur  Mig Shillace est impressionant d’efficacité et assoie les mélodies du groupe sur une base solide que nous n’avions entendue que dans le dub anglais.  Des mélodies, il y en a, et bien écrites, chantées tantôt par la voix masculine de l’un des musiciens, Nick MacCabe,  tantôt par une Amelia Tucker remarquable dans ses développements du chant sur la trame harmonique. Cet album intéressera aussi bien les fans de Portishead que les amateurs de pop anglaise et nous osons dire que Back Submarine est un groupe qui avance, ce qui est rare en ses temps où l’on nous propose des kilos d’électro pop commerciale et rarement des expérimentations musicales. Pour une  fois qu’un groupe tente un mélange audacieux, profitons-en.

L’album s’ouvre par le titre éponyme « Black Submarine » , angoissant et bruitiste, sorte d’intro qui nous balance du son plein les oreilles, histoire de nous mettre en appétit, mais qui donne une fausse idée de l’album. Puis le groupe nous joue un « Here So Rain » qui est selon nous le titre le plus efficace de ce CD, avec une basse-batterie implacable digne des productions d’Adrian Sherwood, et des violons qui relèvent le morceau. On entend les cordes sur le titre suivant, « Heart First », lyrique et pop à souhait. On retrouve le groove infernal sur The Love In Me et sa guitare torturée.   Moment d’accalmie avec l’acoustique « Move Me A Mountain », qui tombe à pic après la furia du titre précédent. On repart en douceur avec « Is This All We Feel ? », comme quoi l’ordre des morceaux est lui aussi pensé comme devant s’intégrer à un tout. Cette musique est manifestement pensée pour le live et n’est pas seulement un travail de studio, d’ailleurs les synthétiseurs sont discrets sauf sur l’intro, et sur la plupart des titres sont réhaussés de vrais violons, arrangés par Davide Rossi.

Le 7è titre, « Everything That Happened To Me Is You », est la plus belle chanson de l’album, et nous montre ce que donne un groupe pop britannique en acoustique, quand il ne sort pas l’artillerie lourde. On retrouve quand même la section rythmique sur le suivant « Lover », qui n’est pas mal non plus, reconnaissons-le.  Le titre « Heavy Day » sonne convenu, avec la même batterie que « Here So Rain » et son chant plus commercial. Nous préférons la mélodie de « You’ve never Been Here », plus sereine et plus touchante, moins braillarde que le précédent morceau, et qui clot normalement le disque.

La version CD comporte 3 titres de plus que le vinyle, dont un fantastique Just A Second Away qui rappelle un peu le Black Rock des 70’s de Funkadelic, et  deux titres moins intéressants, que nous ne passerons pas en revue.

Pour résumer, nous dirons qu’il s’agit d’un album riche, un peu long (les titres font parfois jusqu’à 7 minutes), mais passionnant, captivant de bout en bout. Il  en donne pour son argent, si on pense que la pop ne se réduit pas à Blur (que nous aimons bien), et si on espère entendre quelque chose de neuf qui fait avancer la musique. Ce disque est, je vous le confie, ce que j’aurais rèvé de faire quand j’étais musicien, il y a encore dix ans. Black Submarine a réalisé la musique que je rèvait d’entendre, un grand merci à eux.

Patrick Kuriakine

 

Bleech - Album Humble Sky (2014-bucks music group)

Il est difficile de parler d’une extase. C’est pourtant ce que nous avons éprouvé à l’écoute de Humble Sky, deuxième album du trio britannique The Bleech. Ça faisait longtemps qu’un album de nous avait pas fait autant vibrer et nous allons cependant essayer de vous faire partager cette émotion. Nous nous levons en pleine nuit pour l’écouter et il calme nos insomnies, nous permettant de nous endormir le sourire aux lèvres. Cet album va rendre votre conjoint jaloux et vous accaparer autant qu’un match de foot de la Ligue des Champions.

The Bleech est à part dans le rock britannique : rien dans ce disque ne rappelle les années soixante, une fois n’est pas coutume, et les chansons qui le composent sont profondément originales et collent à notre époque. The Bleech joue le rock actuel, rien que ça, et nous avons la chance de le chroniquer. Nous savons que nous tenons là un album exceptionnel et qu’il n’en sera pas comme cela tous les mois, alors ne boudons pas notre plaisir.

Avec ce deuxième album, le trio anglais s’impose comme l’une des figures majeures de notre époque. Retenez bien the nom : the Bleech.  Plus pop que le premier, il enfonce tous les groupes de power pop en proposant l’ultime rencontre de mélodies enivrantes et de guitares sales et rageuses. Bleech joue ce que nous cherchions depuis des années, et cet album est puissant, et marquera l’année 2014, si l’on s’en tient à ce qu’on a entendu jusqu’à présent.

Certains disent qu’il n’y a que trois accords, et bien nous n’en demandons pas plus aux groupes de rock. C’est d’ailleurs inexact, the Bleech ne sonne pas comme un groupe punk, la production de Humble Sky traite les guitares à la manière du grunge et le groupe nous livre là une leçon de rock’n’roll. En trio s’il vous plait, comme Nirvana autrefois. Et oui, ils ne sont que trois, et la guitare et la basse remplissent l’espace tandis que le batteur emporte les chansons de cet album dans un raffut réjouissant.Cet album, dont nous retenons les titre Not Like You, Easy Ride et le sompteux Light Up The World, est tout simplement une réussite et ça faisait longtemps que nous ne nous étions pas mis à nous trémousser comme un teenager . Profitez de The Bleech avant qu’ils ne soient un phénomène de stades et qu’ils aient reçus comme Nirvana une consécration mondiale. Pour quelques temps encore c’est un groupe pour afficionados du rock, mais qui au vu de cette livraison ne devrait pas le rester : considérez que vous avez encore la chance de les écouter avant le succès qui sera amplement mérité.

Patrick Kuriakine

François & the Atlas Mountains album Piano Ombre(domino records)

François And The Atlas Mountains est un groupe français qui vécu en Grande Bretagne, plus précisément à Bristol, patrie du trip hop, de 2003 à 2009, et qui a gardé des connections avec ce pays. En témoigne sa tournée 2014 qui comporte plus de dates outre-manche que de ce côté-ci du channel. Il est donc intéressant de ce point de vue d’écouter des artistes qui ont baigné dans la culture underground et DIY anglaise et qui ont su intéresser un public de ce pays. Le frontman de ce qui est un groupe depuis ce quatrième album , Francois Marry, est chanteur  et guitariste. Il est aussi  peintre aquarelliste et ses interviews révèlent un personnage intéressant, qui a des choses à dire et déjà des voyages à raconter.

A la question « est-ce de la pop ou de la chanson française » nous répondons « de la pop, bien sûr ». Si nous avons plus l’habitude d’écouter des groupes qui chantent en anglais, nous sommes quand même séduits par ce « Piano Ombre » qui déroule dix chansons fraiches et aérées, à l’exception du titre qui ouvre l’album, Bois, qui est le seul morceau électro et qui pourrait donner une fausse idée de l’ensemble. Passons sur ce titre et nous entrons dans le vif du sujet avec La Vérité qui est diablement accrocheur et entre dans la tête assez facilement.  Vient ensuite The way to the Forest avec son refrain en anglais, puis La fille Aux Cheveux De Soie, autre titre fort de cet album, qui débute par une intro au piano et se poursuit par des arrangements de cordes fort agréables. Retour aux guitares avec Summer Of A Heart, qui irritera peut-être par son synthé kitch, puis c’est le tour de La Vie Dure, qui avec ses percussions est le plus afro des titres de « Piano Ombre ». Le titre suivant, Réveil Inconnu, nous fait penser à Air, par sa mélodie entrecoupée de synthétiseurs. A l’écoute de Piano Ombre,  morceau qui donne son nom à l’album, on est pris par le climat dépouillé qui convient aussi bien au chant de François que les arrangements sophistiqués. On revient aux arrangements de groupe avec Fancy Foresight et Bien Sûr, qui clôt l’album.

Les influences de musiques africaines sont discrètes et bien digérées, et  ne remettent pas en question le format pop de ces chansons et leur couleur particulière donnée par le chant de François Marry.  L’ensemble demande une écoute attentive et prolongée, car cette musique n’utilise pas de grosses ficelles, et elle est assez délicate et poétique. Plus on l’écoute, plus l’on est charmé et les textes en français qui ne perturbent pas l’auditeur et François sait faire sonner la langue française. Cet opus devrait être bien reçu par le public et la critique.

Patrick Kuriakine

 

Divers - Album Bernard Lenoir L’Inrockuptible 2 (2013-Parlophone)

On se méfie des compilations, mais elles sont un outil indispensable à l’amateur de musique, surtout lorsqu’elles sont réalisées par un personnage aussi indiscutable que Bernard Lenoir. Celle-ci est tout simplement un évènement musical.

Bernard Lenoir fut animateur de radio, et il sut pendant plus de 30 ans donner une place au rock et à la pop sur les ondes FM de France Inter. Ses émissions furent , pour plusieurs générations, un rendez-vous attendu avec fièvre et intérêt pour écouter ce qu’il nomme : « une musique par comme les autres ». Rares sont les personnages des média a avoir une une telle importance pour le public avide de nouveautés anglo-saxonnes, en particulier sur le service public, malgré l’explosion des radio locales et privées. Pour les gens qui ont eu 20 ans dans les années 80, il y eu Feedback de Bernard Lenoir sur la FM et à la télévision Chorus d’Antoine De Caunes, dont on attend encore avec impatience la réédition des archives.

L’auditeur exigeant trouvait chez Bernard Lenoir une source d’information pointue et une playlist au fait de ce qui se faisait en rock et pop. Combien d’entre nous n’ont pas enregistré les émissions sur K7 ? On réécoutait des vielilles K7, et il y  a maintenant cette compilation pour remplacer cet usage semi-illicite. Il ne s’agit pas d’une archive inexploitée, mais d’une sélection de titres qui caractérisent le mieux ses émissions de radio et leur atmosphère. Nous voici prêt, en écoutant ces 2 albums, à plonger dans l’histoire du rock. La premièresurprise est que ces titres ont bien veillis, pas mal pourr un choix de singles  pop et rock.Cette compil ne sent pas la nostalgie, on redécouvre des groupes d’hier et on prend plaisir à l’écoute de ces deux CD qui comportent des titres qui dans l’ensemble pourraient être sortis en 2013. Ce numéro deux fait bien sûr suite à un numéro un sur lequel figurait des locomotives comme Cure et Joy Division . Sur ce volume deux, pas de locomotives, mais une sélection qu’il suffit d’énumérer pour vous convaincre de l’achat de ce disque : On y  trouve entre autres des singles de  Pulp, The Chameleons, Pas Fritas, Sonic Youth, Lambshop, Eels , Elliot Smith, Divine Comedy, The Go-Betweens, Supergrass,Aztec Camera, The Charlatans,Felt, Morissey, Lemonheads,Emiliana Torrini, et plus généralement deux heures de musique différente. A noter une perle rare, le duo Bick Cave et PJ Harvey, qui n’est pas l’un des titres les moins convaincant de cette compil.

On ne peut faire qu’un reproche : le choix des artistes francophones, qui sont représentés de manière discutable par Katerine et Little Rabits, mais dont les titres s’intègrent bien au climat général de ces disques, et on peut argumenter que le rock français n’était pas le propos de l’émission.

Patrick Kuriakine

 

The Gaslight Anthem- Album The B Sides (2013-label SideOneDummy)

Après un changement de label et un nouvel album sur Mercury, Handwritten, voici que leur ancien label Side One Dummy sort une compilation du groupe de New Brunswick.

Les amateurs de ce rock US héroïque, musclé et speed seront surpris par cette compilation qui  a trois exceptions près (She Loves You, State Of Love And Trust, Tumbling Dice – une reprise des Rolling Stone) se compose de titres acoustiques, dépouillés et qui mettent en évidence la voix de Brian Fallon. A l’évidence, Side One Dummy a fouillé dans les tiroirs pour surfer sur l’actualité du groupe. La surprise passée, on retrouve les qualités de The Gaslight Anthem : bonne voix, compositions mélodiques, le background folk de ce qu’on ne peut plus qualifier de punk rock tant la formule est rodée par les groupes qui se sont succédés depuis vingt ans. Loin de leurs albums précédents, cette compilation offre aux fans inconditionnels des titres que d’autres artistes auraient placés sur youtube. Cet album a le mérite de mettre en évidence le principe de ce genre de musique qui objectivement est du folk électrifié et accéléré. Ce qu’on attend des groupes, finalement, et ce qui est plaisant quoique sans surprises. La recette est éventée  même si on passe un bon moment. On a pourtant l’impression sur plusieurs titres de cette compilation d’être plus proche de Bruce Springsteen que de Black Flag, ce qui n’est pas plus mal finalement, en tout cas cela constitue une preuve supplémentaire que l’effet de nouveauté n’agit plus. Pour l’anecdote, le dixième titre, Boxer, est traité façon reggae, avec des chœurs dignes des artistes jamaïcains, et le onzième, Once Upon A Time, sonne gospel. Une bizarerie dans ce contexte, qui ne changera pas l’impression de bric et de broc de ce volume de faces B de single, dont l’acquisition n’apporte quelque chose qu’aux spécialistes.

Patrick Kuriakine

 

Miles Kane- Album Don’t Forget Who You Are (2013-label Columbia)

Tracklist: Taking Over – Don’t Forget Who You Are – Better Than That – Out OF Control – Bombshells – Tonight – What Conditioin Am I In ? – Fire In My Heart – You’Re Gonna Get It – Give Up – Darkness In Our Hearts.

Nous étions passé à côté de son premier album, mais après l'avoir vu en concert à Paris, nous nous sommes attentivement penchés sur le cas Miles Kane: ça tombe bien, il en sort un deuxième, qui démontre que le rock anglais se porte bien.

Et plutôt bien, si on s'en réfère à ce nouvel album de Miles Kane. Le chanteur-guitariste natif de Birkenhead aligne onze titres efficaces et punchy, avec un évidence mélodique (Don't Forget Who You Are, Taking Over, Better Than That, Darkness In Our Heart) qui pourrait bien, s'il y a une justice dans ce bas monde, en faire une machine à hits. Depuis l'échec commercial d'XTC, contre toute attente, on s'interroge sur les notions de pop et de succès. Il n'y a qu'à allumer MTV pour s'en rendre compte. Donc, s'il y a une justice, et si nous nous fions à nos oreilles, cet album devrait faire un malheur dans les charts et être programmé sur MTV. C’est fait pour, soyons lucide, il a le même look que Paul Weller, habitué des charts anglais. Il a surtout un héritage dans ses compositions, toute une histoire qui va de John Lennon (Give Up)  à Oasis (Out of Control), le scooter avec lequel il pose ostensiblement est là pour le rappeler. Cet album, enregistré à Londres et à Liverpool, est parainé justement par Paul Weller et Andy Partridge d’XTC, chacun co-signant deux titres. Il ne verse dans la Brit Pop que sur un morceau, Out Of Control, seule chanson réhaussée de violons. Les dix autres titres sont bien rock, avec des guitares  qui ne se cachent pas, des refrains que l’on peut chanter, et une cohérence de groupe qui joue ensemble,  faisant oublier qu’il s’agit d’un projet solo. Miles Kane a su recruter un gang qui ne sont pas de simples accompagnateurs. C’est d’ailleurs avec ces mêmes musiciens que nous l’avons vu en live en juillet dernier, devant l’Hôtel de Ville de Paris, maitrisant la scène aussi bien qu’il maitrise le studio. Le public de ce festival lui a réservé un bon accueil, et souhaitons à cet album tout le succès qu’il mérite.

Patrick Kuriakine

 

Arctic Monkeys - Album AM (2013)

Tracklist : Do I Wanna Know – R U Mine ? – One For The Road – Arabella – I want It All – N° 1 Party Anthem – Mad Sounds – Fireside – Why ‘d You Only Call Me When You’re High ? – Snap Out Of It – Knee Socks – I Wanna Be yours.

Voici le meilleur album de rock que j’ai entendu cette année. Une bombe. Et pourtant, pour les Arctic Monkeys il s’agit là de l’album de la métamorphose.  Je ne sais pas si leurs anciens fans apprécieront ce virage, mais moi j’adhère. On est passé d’une sympathique pop speed et nerveuse à des tempo moyens avec de bon gros riffs et des vocaux qui s’envolent vers la Soul Music. Le meillleur exemple en est le titre qui ouvre ce cinquième album, Do I Wanna Know, mis en ligne sur You Tube avant la sortie dans les bacs, et qui est une tuerie.  Mais ce son n’est représenté que par un tiers des titres, l’essentiel étant des ballades. Se serait se faire une fausse idée de l’album que de se limiter aux singles qui constituent l’élément attractif de l’objet .  Plus que la présence de Josh Homme en studio,  nous y voyons un attrait très british pour la Soul comme en témoigne le titre Snap Out Of It qui est clairement d’inspiration Tamla Motown.

 Arctic Monkeys jouent toujours leurs anciens titres en concert, et ne sont pas sûrs d’eux sur les nouveaux. On avait déjà vu ça avec The Clash lors de la  tournée qui suivit l’album Sandinista, dont ils ne jouèrent que les tubes sans explorer en concert la richesse des enregistrement studio. Là, pareil pour le groupe d’Alex Turner,  l’assurance en moins.  Il faudra attendre la prochaine tournée et malheureusement les résultats de ventes de disques pour en avoir le cœur net.

 

Patrick Kuriakine

 

Iojik  - Album Sil,k (septembre 2013-label motus)

Tracklist : Sil,k (la soie sauvage) – Still you’re wanting – Les fées – Traversons la voie lactée – Sentir – Elle m’aime – Ce n’est qu’un extérieur- Marcher sur la lune – All this long days – In a boat.

Après un premier album (seconde nature) hésitant entre rock et chanson, la chanteuse Iojik opte clairement pour le rock avec son deuxième opus Sil,k – la soie sauvage. On ne peut que se féliciter de ce choix, qui vient confirmer sa démarche d’indépendance entamée dans les années 2000 avec le groupe Simili Skaï  dont elle reprend « Marcher sur le lune » dans une version qui ici frise le hard rock, bien éloignée de ce que j’avais entendu dans un bar de Ménilmontant en 2002. Ce nouvel album solo de Iojik évolue dans une ambiance mélancolique et si féminine faite de ballades (sil,k, Elle m’aime, still you »re wanting, Traversons la voie lactée)et de titres mid tempo (sentir, Marcher sur la lune).  Il n’y a qu’un morceau au tempo rapide, les fées, avec ses réminiscences de The Clash. L’ensemble est agréable, le propos est original, je regretterais seulement que la guitare soit parfois bavarde. Iojik chante aussi bien en anglais qu’en français, parfois dans les deux langues,  et cela l’éloigne d’éventuelles tentations chanson française.

Patrick Kuriakine

 

Savages - Album Silence yourself (mai 2013 – label pop noire)

Tracklist : Shut up – I am Here – City’s full – Strife – Waiting for a sign – Dead nature – She will – No face – Hit me – Husbands- Marshall Dear.

Projet ambitieux que celui du groupe londonien Savages : réveiller l’auditeur et sortir le rock de sa « léthargie ».  Sa solution ? Un rock sonnant comme tiré des compilations « post-punk chronicles »

du label Rhino, et une voix rappelant Siouxie and the Banshees. Pourtant, si la référence à cette époque est assumée par le groupe, il ne faut pas voir dans cet album un revival nostalgique, ni le retour du grand méchant look. La surprise passée, on se retrouve face à un grand disque . Clairement en marge des tendances  musicales du moment, les onze titres de cet album sont énergiques et Savages fait du rentre-dedans, notament sur le stoogien City’s full. Le chant est à la limite de la psalmodie et passe très bien, les guitares sont bruyantes à souhait, comme je les aime, furieuses sans jamais verser dans le métal .  Ce quatuor féminin est loin de la brit pop et ça ne me dérange pas. Plus je l’écoute et plus je prends de plaisir à l’écouter, notament « Waiting for a sign », « She will » et « hit me ».

Patrick Kuriakine  

 

Frustration - Album Uncivilized (2013-label Born Bad records)

Tracklist :  Worries – Assasination – Around – It’s gonna be the same – Uncivilized – One of them – angle grinder – Believe me or not – Dying city – We miss you – Premeditation – I can’t forget you.

Quoi de plus conventionnel que la musique punk ? Certains ont choisis de le rénover à grands coups  d’électro.  J’émet des réserves sur l e concept électro-punk, que je trouve trop téléphoné et réducteur , si on accepte le principe de mélanger électro et rock. Néanmoins, je ne pouvais pas ne pas mentionner Frustration, tant ce groupe est important.  Ce deuxième album marque la reconnaissance d’un groupe qui arrive à me surprendre. C’est du rock, c’est indéniable, loin de la froideur supposée de la formule choisie. Ce n’est pas froid du tout, c’est même assez vivant, notamement le chant en anglais qui me rappelle par moments Basement 5 (« worries ») plus que leurs références the Fall et Wire.  L’album se termine par un « I can’t forget you » Joy Divisionesque du meilleur effet. On échappe aux tempo ultra-speed du hardcore pour un punk rock maitrisé, avec une bonne basse et une batterie minimale. Le son est excellent, loin de l’amateurisme qu’on pouvait craindre d’un pareil exercice.

Cet album est bon, et mérite que vous lui accordiez votre attention.

Patrick Kuriakine

 

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