Dilly Dally  @ Le Klub – le 08 October 2018


Le groupe canadien Dilly Dally était ce soir à Paris pour la sortie de son deuxième album « Heaven ». Et nous avons absolument tenu à les voir en live pour connaitre la suite de leur histoire.

Nous avons hésité à vous parler du groupe Canadien Dilly Dally, car leur musique est plus enragée que les artistes dont nous vous parlons d’habitude sur ce site. Les anciens appellent cela de la musique violente. Nous, nous parlerons plutôt de rage et d’énergie et nous pouvons les classer aussi bien en indie rock que dans l’alternative qui fait du boucan. Parler de bruit n’est pas complètement faux, car c’est tout sauf de la pop atmosphérique. Et nous avons finalement trouve à quel autre groupe les comparer : et bien c’est proche par le son des fameux Sonic Youth. Bon sang, mais c’est bien sûr ! Après avoir consulté nos archives sonores, cela s’est imposé comme une évidence. Oui, leurs guitares sont terribles, et nous nous répétons, la lead guitariste Liz Ball a un truc à elle. Le chant de Katie Monks n’est pas en reste, il est une libération et un cri. Ce groupe ne fait pas de la musique d’ambiance, vous l’avez compris. Non, et c’est même l’une des meilleures choses qui soit arrivée au rock ces dernières années. Et nous avons pu les voir à chacun de leur passage dans une petite salle pour un prix modique. Bouleversés lors du premier à la mécanique ondulatoire, devenu un bar avec DJ, nous les retrouvons ici au Klub à Châtelet. Il devait avoir lieu initialement à l’Espace B, mais il fermé cet été lui aussi. Nous avons bien failli ne jamais les revoir su scène à cause de la série de fermeture de petits lieux en bute à une pression policière et des problèmes de voisinage. Un organisateur me confiait la semaine dernière qu’il sortait du commissariat. Enfin revenons à Dilly Dally : le groupe a joué pour notre plus grand bonheur des titres de leur superbe  premier album et des nouvelles chansons, et ce fut tout simplement excellent. Nous craignions qu’ils de plantent avec le deuxième album, or ce fut tout simplement excellent d’un bout à l’autre du concert. Tout est bon, rien à jeter dans ce qu’ils nous offrent en live. Pour décrire leurs morceaux, il s’agit la plupart du temps de morceaux lents, tendus et hargneux, avec une batterie qui explose en arrière-plan. Le bassiste joue mélodique, ce qui nous as surpris. Tout au long de leur set elles et ils ont su nous toucher et nous faire remuer. Nous nous sommes surpris à secouer la tête, ce qui nous arrive rarement. Est-ce par mimétisme ou de la pure spontanéité ? Nous ne répondrons pas à cette question.


Patrick Kuriakine





The Sherlocks @ Olympic Café – le 27 septembre 2018

 

Malgré les fermetures de petites salles survenues cet été, il est toujours possible d’écouter du rock dans la capitale. Nous nous retrouvons ce soir à l’Olympic Café, en plein dans la Goutte D’Or, solution de repli pour les groupes anglais.

Nous vous avons déjà parlé de The Sherlocks, jeune groupe de Sheffield, dont nous avons chroniqué l’album sur ce site. Il faut absolument aller les voir en live ! Même après avoir joué à l’Olympia en ouverture de Liam Gallagher, ils se produisent dans les petits lieux pour notre plus grand bonheur. Nous ne redirons jamais assez que ce groupe est une révélation du rock britannique et que les voir dans un troquet pour 10 euros est une chance qu’il faut saisir. C’est un groupe authentique, sans frime ni concept intello, qui rebat les cartes avec ses compos à la fois speed et hyper-mélodiques. C’est du rock binaire, énergique et qui apporte quelque chose à cette musique avec leurs chansons construites et accrocheuses. Certains disent que tout a déjà été fait. The Sherlocks viennent apporter un démenti à cette attitude blasée. Car ils renouvellent le rock, mine de rien, avec une approche qui est celle de jeunes mecs de 20 ans. Ils ont un sens certain de la scène, comme en témoigne l’intro qui annonce leur entrée, avant que cela démarre sur des chapeaux de roues. Ils nous mettent un claque et rappellent que les britanniques sont bien les plus forts et que nous autres français devons rester modestes. Sinon, à chaque fois que nous les voyons au bar, nous ne pouvons nous empêcher de penser aux Undertones : même simplicité dans le look et l’attitude, ils sont à l’aise au pub, et même efficacité musicale. Un groupe authentique.

En première partie, il y avait un bon groupe de rock actuel, Deputies, actuel pour leurs guitares qui nous font inmanquablement penser la rhumba zaïroise d’autrefois. Dans le quertier où avait lieu ce concert, c’est parfaitement approprié.

Patrick kuriakine


Fuzz Club @ Petit Bain – le 13 septembre 2018

 

Youpi, c’est la rentrée ! Nous voici de retour dans les lieux de musique de Paris selon la nouvelle situation dans cette ville. C’est au Petit Bain, la belle péniche, que nous commençons la saison avec une soirée de dingue à la programmation exigeante.

Trois groupes sont à l’affiche de ce Fuzz Club Live : les jeunes normands de You Said Strange, les californiens barrés de The Lumerians, et le trio psyché anglais The Oscillation.

Nous sommes arrivés à l’ouverture au public et nous avons patienté jusqu’au premier groupe en écoutant des bons trucs, jusqu’à ce que la salle soit à peu près remplie. Il n’y avait pas foule et c’est dommage, car les groupes annoncés étaient de qualité. Tout d’abord les jeunots de You Said Strange : ils veulent manifestement ressembler aux anglais par leur pop psyché accessible. Ce n’est pas du tout expérimental, c’est une musique basée sur les guitares qui mènent la danse. Ils ont joué leur album à l’identique et c’est tout simplement du rock actuel. Ce qui a suivi, par contre, est plus « ouf » et pas du tout pop. The Lumérians se présentent sur scène costumés en créatures inquiétantes et avec des synthétiseurs à la place de leurs instruments respectifs. La surprise passée, nous sommes entrés dans leur musique et avons entendu quelque chose de super, bien original et très prenant. Ils obtiennent avec leurs moyens à eux le même résultat qu’un groupe de rock conventionnel, simplement avec d’autres ingrédients. Si vous cherchez l’originalité, vous serez servis. Nous sommes partis dans l’espace avec ce show futuriste complété par des projections sur écran géant. Leur batteur est impressionnant.

Changement complet avec le trio anglais The Oscillation, qui gagnent le prix de la plus mauvaise coupe de cheveux du moment. Mais musicalement c’est un vrai régal, et ils ont par moment des accents du premier Pink Floyd et des albums dansants de Gong ! Leur bassiste est remarquable, car il développe des lignes de basse hyper-efficaces qui groovent sans faire dans l’excès de technique. C’est du psychédélisme dansant, avec une voix monocorde. Ça joue vraiment et il se passe quelque chose entre ces trois musiciens qui ne payent pas de mine. Ce rock expérimental nous montre un lien inavoué entre le psychédélisme et un groupe anglais comme The Cure. Nous voulons dire par là qu’il n’y a pas de contradiction dans le climat mais plutôt une simplification des morceaux pour passer de l’un à l’autre. Donc ce n’est pas un truc de vieux hippies incurables mais cela peut être écouté par des publics supposés incompatibles. Il y a des ressemblances et ce groupe représente une passerelle entre des courants du rock qui ne se connaissent pas forcément. Comme quoi on apprend plein de choses en allant voir des artistes expérimentaux qui nous sortent de notre zone de confort. Cela valait le coup de prendre un risque et cette soirée était excellente.

 

Patrick kuriakine


Pale Seas @ le Supersonic – le 20 juillet 2018

Un personne nous avait demandé à propos de ce concert : c’est quel genre de rock, ça ressemble à qui, bref les questions habituelles, et nous étions bien incapable de lui répondre. C’est que Pale Seas ont une personnalité musicale et vocale bien à eux.

C’est une collection de ballades presque folk, avec une grande place accordées aux deux guitares, et une voix nasillarde, celle de leur chanteur Jacob Scott. Le lead guitariste, parce qu’il y a un vrai lead guitariste, Graham Poole, fraye avec le psychédélisme et n’hésite pas à partir dans des solos fiévreux. Ils sont anglais, de Southampton pour être précis, ont sorti leur premier EP en 2012 et viennent de réaliser un album. Alors ballades, certes, jamais de morceau speed, mais pleines d’émotions et intenses, et qui prennent aux tripes, reposant sur les deux guitares. Cela ne manque pas de charme. A la fin du concert, ils ont terminé par Somedays, le titre le plus accessible et presque pop, également le plus rapide de leur set.

Ce qui montre qu’ils sont capables de jouer autre chose que des morceaux lents et envoûtants, et que c’est un parti pris conscient. Leur musique n’est pas démonstrative et sportive, même si le guitariste se met parfois en avant comme dans un groupe de rock classique. Il y a une légère touche shoegaze dans les arrangements même s’ils sont annoncés comme des artistes indiepop. En tout cas nous avons souhaité les voir car nous avons identifié un truc sérieux et non un groupe parmi d’autres. Nous devons avouer que nous ne les connaissions pas il y a un mois, et que c’est en scrutant la programmation du club de Bastille que nous avons choisi d’aller les voir en concert. Et nous n’avons pas de regrets, ce fut une bonne soirée, avec un public sympa et un bon Dj. La semaine se termine bien pour nous grâce à de tels lieux.

Patrick kuriakine



The Washington Dead Cats @ Glazart – le 11 juillet 2018


Cela faisait des années que nous n’étions pas allés dans cette salle du nord de Paris. Il est vrai qu’elle propose la plupart du temps d’autres musiques que le rock. Et bien, surprise, c’est un groupe de rock que nous sommes allés voir ce soir, les Washington Dead Cats.

Cela fait plus de 30 ans que ces parisiens sont en activité, et de la formation originelle il ne reste plus que le chanteur Mathias. Éternels rivaux des Wampas, ils ont été parmi les premiers dans notre pays à se lancer dans le psychobilly, mélange de punk et de rockabilly, un courant que nous avions découvert à l’époque et qui nous a fortement impressionnés. Aujourd’hui les Wash ne font plus du psycho, mais un rock plus proche de Parlor Snakes que de Gene Vincent, et agrémenté de deux cuivres comme cela se faisait dans le rock alternatif. Ils ont gardé leur humour et leur penchant pour la science-fiction et la déconnade, ce qui ne les empêche pas de prendre position sur l’actualité politique. Ils ne jettent plus de légumes sur le public, mais cette fois-ci sont venus avec un homard géant en plastique. Ils se sont bonifiés depuis que nous les avions vus jouer il y a deux ans et c’est un bon groupe que nous pouvons voir pour une autre raison que la nostalgie. Ils ont joué les titres de leur dernier album dont le fantastique Crazy Voodoo Woman. Donc un bon concert, qui était gratuit ce qui a permis à des jeunes de découvrir ce groupe qui tourne depuis longtemps.

Ils chantent toujours en anglais.

Patrick kuriakine


The Jesus And Mary Chain @ Le Trianon – le 27 juin 2018

Rappelons qui sont les écossais de The Jesus And Mary Chain : des pionniers du rock indépendant en Grande Bretagne, apparus en 1984, et ayant une énorme importance musicale malgré leur manque de notoriété dans notre pays. Du à deux frères, Jim et William Reid, ils se sont reformés en 2007 et ont entamés une deuxième vie.

Nous avons souhaité les entendre une seconde fois, car nous n’avions pas été convaincus par leur show lors du festival Rock En Seine. La sono était mal réglée et ne permettait pas de se rendre compte de leur personnalité musicale. Et nous avons bien fait d’insister, car au Trianon, au contraire, il y avait le son. Un son dense, compact et sale, très différent de celui qu’ils avaient sur leurs albums des années 80. Cela pourrait plaire aux amateurs de punk-rock, de garage-rock et de psyché, par contre cela est très éloigné de ce que font les  groupes shoegaze. Car ce que proposent The Jesus And Mary Chain en 2018, c’est une musique simple et même basique, qui vous atteint direct à l’estomac, en étant plus originale que le groupe punk moyen. C’est qu’ils ont un son à eux, complètement cohérent et assez radical. Et très anglais dans la manière de chanter. Cela ne fait pas daté, et tient la route par rapport au rock de ces dix dernières années. Ce n’est donc pas un groupe sorti du musée, ils ont encore quelque chose à apporter au public. Par contre ce n’est pas ce que nous avons vu de plus énergique, c’est même parfois un peu mou, mais c’est très bon. Voilà une reformation de vieux groupe qui présente un autre intérêt que la nostalgie. C’est un nouveau The Jesus And Mary Chain qui se présente au public, sans attitude scandaleuse ni public survolté, misant plus sur leur proposition artistique que sur l’image, contrairement à leurs débuts.

Patrick kuriakine



Cigarettes After Sex @ Le Trianon – le 25 mai 2018


Nous nous sommes rendus à nouveau dans la splendide salle de spectacles parisienne qu’est le Trianon, cette fois-ci pour entendre le groupe texan de dream pop Cigarettes After Sex.

Entendre et non pas voir car leur show est minimaliste : une seule lumière éclaire les musiciens, et elle restera la même du début à la fin du concert. Et le groupe est statique, les musiciens ne bougent pas et ne se déplacent pas d’un mètre. Calme aussi est leur musique, incroyablement lente et méditative, sans rien de démonstratif sans aucun exercice sportif. On écoute leurs chansons avec plaisir : elles sont bien construites, autour du chant et de la guitare qui lui répond. Le chanteur-guitariste Greg Gonzales est bien la figure principale du groupe. Nous sommes à l’aise avec leurs harmonies et nous sommes entrés sans difficultés dans leur musique introvertie. Nous avion remarqué ce groupe en lisant les chroniques de nos collègues d’Indiepoprock et leur son nous a tout de suite séduit. Nous nous demandions quoi écouter après The Raveonettes dans le genre pop acide et nous avons trouvé avec Cigarettes After Sex de quoi satisfaire nos attentes. Finalement, il n’est pas surprenant de voir des personnes qui ont aimé le trip-hop passer à ce genre de pop si lente et si rêveuse. Ce ne sont pas des genres incompatibles. Ce qui nous a surpris, c’est de voir un clavier, Philip Tubbs, car nous avons l’habitude des groupes à guitares. A part lui, il y a surtout le batteur Greg Leeah, qui assoie l’ensemble et pose l’ambiance, un bassiste discret, Randy Miller, qui ne s’écarte jamais des structures de leurs morceaux, et un front man à la voix particulière et au son de guitare qui nous ravis.

Ce fut une belle soirée, tranquille, où le public écoute attentivement sans remuer un orteil. Ce n’est manifestement pas de la musique pour excités.

Vous pourrez les voir dans les mois qui suivent car ils vont tourner dans les festivals, notamment au Pitchfork. Ils rencontrent un franc succès grâce à internet après de longues années passées dans l’underground de leur ville de résidence.


Patrick kuriakine




The Buttertones + The Lords Of Altamont @ La Maroquinerie – 18 mai 2018


Attention : ce dont nous allons vous parler, c’est d’une soirée rock pour les puristes. Nous avons souhaité revoir le groupe américain The Buttertones sur scène car ils nous avaient étonnés par leur parti-pris de jouer du rock’n’roll à l’ancienne et leur son réjouissant malgré leur jeune âge. Ce qui n’est pas banal aujourd’hui.

Pour leur deuxième passage dans la capitale, ils se sont montrés à la fois plus énergiques et plus brouillons. Disons moins appliqués. Même s’il y a toujours leur sax et leurs guitares vintages. Il faut dire qu’ils ouvraient pour un groupe moins raffiné, The Lords Of Altamont, qui les a poussés à durcir le propos. En effet the Lords Of Altamont ne font pas dans la dentelle et la délicatesse : look métalleux à base de cheveux longs, barbes et T-Shirt noirs pour les guitaristes, lunettes noires et blouson de biker pour le chanteur, tout ça pour nous délivrer un rock à la croisée du garage et du « high-energy ». Certes ils n’ont rien inventé, tant au niveau de leur apparence que de leur musique, mais ce n’est jamais lourd ni indigeste. Même les longs solos de guitare sonnent bien. N’ayant jamais été assidu aux concerts de Moorhead et ayant raté les Ramones, nous n’avons pas l’habitude des perfectos et des symboles germaniques. Malgré cela, la musique est bonne, c’est bien du garage-rock en versions saturée et sur vitaminée, agrémenté d’un orgue sympathique. C’est à la fois hors du temps et bien de notre époque, car le garage-rock a la cote ces temps-ci. Bon, nous avons toujours dit que nous avions un faible pour cette musique, nous l’assumons et espérons ne pas vous saouler avec, car ce n’est que l’une des tendances du rock actuel et pas un impératif. On ne vous oblige pas à aimer les trucs de vieux, et ne souhaitons pas nous limiter à ce sujet et aller sur le terrain du magazine Rock’n’Folk. En tout cas c’était un bon concert avec des rockers de bon niveau, et nous ne regrettons pas d’y être allés. Les Lords ont eu droit à cinq rappels dont une reprise du classique « psycho » qui indique clairement leur filiation.

Patrick kuriakine


Goat Girl @ L’Espace B – 16 mai 2018


Nous n’en revenons toujours pas : les musiciennes du groupe Goat Girl sont jeunes, très jeunes. Pourtant ces cinq gamines londoniennes ont déjà une personnalité affirmée et proposent une musique peu commune par les temps qui courent. Leur album a depuis longtemps attiré notre attention et nous étions impatients de les découvrir sur scène sans toutefois avoir une idée de ce qui nous attendait. Nous sous sommes fiés uniquement à nous oreilles et elles nous ont dit « go » ! Et bien en live ce sont deux guitaristes dont une qui chante, une bassiste, une batteuse et une violoniste. Leur swamp rock emprunte aux années 50, au blues et au folk, elles ont un son clair, sans effets et encore moins de saturation, et la voix de leur chanteuse est d’une étonnante maturité. Encore une fois, nous ne nous doutions pas de leur âge en écoutant leur disque. C’est carrément un groupe important et l’une des meilleures choses qui se soient faites en rock indé ces dernières années. Et c’est original par rapport à tout ce qui sort de Grande-Bretagne. Pour nous, c’est une des perles du rock actuel et nous vous conseillons vivement d’acheter leur album.

Vous avez sûrement déjà pu entendre leur titre phare « Country Sleaze » si vous écoutez la radio. Bien sûr elles l’ont joué, tout à la fin de leur concert dans cette petite salle à la programmation remarquable malgré le manque de confort du lieu.


Patrick kuriakine


Island @ Le Supersonic – 27 Avril 2018



C’est bien la première fois que nous allons à un concert sans avoir au préalable écouté quelque chose de l’artiste qui se retrouve sur la scène. Eh bien oui, nous vous l’avouons, nous sommes allés au hasard au club parisien le Supersonic ce vendredi soir. Pas sérieux, et c’est la première fois que cela nous arrive en cinq ans d’activité nocturne. Parfois on sort des rails !

Coup de chance, le groupe était bon. Certes, c’est de facture classique, ce n’est pas très audacieux, mais nous avons aimé leurs enluminures de guitare enveloppées de réverb et cette voix chaude et puissante. On peut y ajouter un excellent batteur et un bassiste souple à la longue crinière: voilà pour la description. Cela donne de la pop british punchy et aérée. Certes il y a plus original que ce combo qui travaille à Londres, mais nous n’allons pas cracher sur la qualité. Ce qui fait la force de ce quatuor britannique, c’est la voix de leur chanteur Rollon Doherty. Les musiciens de ce groupe ne sont pas en reste et chacun d’eux se démarque de ce qui se fait couramment en la matière. Sur la fin du concert il y eu des réminiscences de blues et des choses plus énergiques que leur indie atmosphérique qui les caractérise. Ils viennent de sortir leur premier album sur frenchkiss records et comme l’indique leur site web ils sont en pleine tournée internationale. Cela permet de constater que la capitale est toujours desservie par le rock’n’roll express et que le train ne manque pas notre station !

Patrick Kuriakine


Olden Yolk @ Espace B – 01 Avril 2018


Nous voici de retour au nord de Paris dans ce lieu dynamique qu’est l’Espace B pour un concert du groupe New Yorkais Olden Yolk.

Si sur leur album il y a basse et batterie en plus de la guitare et du piano, sur scène c’est en duo qu’ils se produisent : Shane Butler au chant et à la guitare, et Caity Sheffer au piano et au chant. Malgré cette absence d’accompagnateurs, la sauce prend et dès le deuxième morceau Cut To Th Quick on reconnait leur manière et on tombe sous le charme pop psyché folk mélodique et délicate. C’est qu’ils savent composer de bonnes chansons qui restent dans la tête. Ne vous attendez pas à une débauche d’énergie et à des rythmes endiablés, ce n’est jamais très speed ni violent. C’est de la musique qui se déguste, très agréable à entendre, pop au bon sens du terme. Leur album nous avait plu dès la première écoute, et d’ailleurs il était en vente sur le stand merchandising situé au fond de la salle.

Ce concert était assez court, manifestement ils n’ont pas encore un répertoire abondant. Mais c’était bien sympa et nous avons passé un bon moment. Shane Butler joue sur une guitare folk électrifiée avec parfois un effet pour les soli, et non sur une guitare électrique. Visuellement il n'y a ’pas grand-chose à voir, ce n’est pas très spectaculaire.

En première partie il y avait une pianiste-chanteuse invitée pour l’occasion, Delphine Dora, qui donne aussi dans le psyché, sans l’évidence mélodique d’Olden Yolk. Mais ce qu’elle propose est assez original. En tout cas c’était cohérent avec la tête d’affiche du concert.

Notez bien cette salle, car la programmation est pointue et de qualité, et il y aura des choses très intéressantes en avril à l’Espace B, comme l’indique leur flyer.

Patrick kuriakine


The Courettes @le Cri du Singe (Montreuil) le 17/03/2018


Voici l’évènement underground du mois de mars : le retour en région parisienne du fantastique duo garage-rock The Courettes, avec un nouveau single et un nouveau clip aussi flashy que les précédents, et bientôt un nouvel album.

The Courettes est notre groupe fétiche avec les suisses de The Jackets. Nous les avions découverts en octobre 2016 dans un bar de Ménilmontant, La Féline, et nous vous avions dit à quel point cela nous plaisait. Cette fois ils jouaient à Montreuil dans le 93 pour l’association les Barrocks dans le cadre de leur tournée internationale et dans un lieu insolite qui ressemble furieusement à un squat. La salle, le bar et le hall d’entrée étaient noirs de monde. Le fidèle Gégène tenait la caisse à l’entrée, et nous avons pu discuter avec les membres de cette association qui organise des concerts depuis 1984.

The courettes, c’est un vrai régal, un moment de pur fun et le vrai truc : un batteur taciturne, Martin, et une chanteuse exubérante branchée sur les 220 volts. Ils nous ont envoyé pendant leur set tous les titres de leur premier album Here Are The Courettes ainsi que des nouvelles compositions qui sont excellentes et augurent d’un avenir intéressant. Bien sûr, ils ont joué The Boy I Love, mais ne se réduisent pas à ce titre phare qui les fit connaître. Ils ont fait danser le public, ont slammé et le set s’est terminé par un morceau qui mélodiquement rappelle The Ramones et qui a laissé le public présent sur le cul. Bon accueil du public parisien qui a manifestement apprécié et reconnu que c’était là un moment rare de vrai rock’n’roll, tendance garage sixties, avec un parfum de blues et de Cramps, car ils sont eux aussi un groupe sans bassiste et visuel autant que musical, et cultivant un goût pour les illustrations tirées de films d’horreur. The Courettes sont le rock’n’roll, ils font cela spontanément et avec générosité, générosité du son de guitare, qui nous replonge dans des souvenirs à base de Kinks et de Jimmy Hendrix,, en moins virtuose il est vrai. Nous avons pu discuter avec la rockeuse Flavia Couri qui rencontrait les fans devant le stand de T-Shirts et de vinyles après leur performance scénique, et nous l’avons imploré de revenir prochainement jouer sur Paris. Elle est sympa et naturelle, et bien dans son truc. C’est une soirée rare et agréable qui devrait avoir des suites pour le rock à Paris.

Le deuxième album du groupe sort le 30 mars prochain, toujours sur le label Sounds Of Subterrania.

Patrick Kuriakine


The Yellow Traffic Light & Grand Rapid @ Supersonic - 26 février 2018


Les concerts s’affichant dans la catégorie Shoegaze et Indie Rock sont malheureusement trop rares, aussi n’avons-nous pas hésité à nous rendre à Bastille pour écouter ces deux groupes dont nous ne savions rien avant leur concert dans ce sympathique club qu’est le Supersonic.

Tout d’abord The Yellow Traffic Light, un groupe de Turin, des Italiens donc, revendiquant des influences telles que Diiv, Always et Splash. Donc un groupe pour indiepoprock. C’est un régal de guitares fluides comme nous les aimons. Ils font un style de musique que nous avons repéré l’année dernière dans les programmations des salles de concert et qui semblait avoir disparu du paysage. Nous regrettons de ne pas en voir plus souvent dans la capitale, à notre grand regret.

Ils nous ont plongé dans une atmosphère tirant sur le bleu et envoutés par leurs sonorités et leur rock distancié et original. Les principaux titres qu’ils ont joués ce soir sont April et To fade At Dusk, que l’on peut trouver sur le net.

Ensuite ce fut le tour de Grand Rapid, que nous avons découvert sur scène, contrairement au groupe précédent, que nous avions écouté avant de venir. Et bien c’était super, comme quoi il faut parfois se jeter à l’eau et aller entendre des inconnus. Ces parisiens sont excellents, et ils démontrent que le niveau des groupes rock d’ici s’est considérablement élevé. La musique qu’ils nous proposent n’est pas éloignée de celle de The Charlatans, que nous avons pu voir ce mois-ci. Nous restons donc dans la même tendance. Ils méritent vraiment toute votre attention. A noter que leur premier EP sortira au printemps 2018, ce qui veut dire que l’on ne trouve rien sur eux pour le moment.

Nous faisons la même remarque pour les deux groupes : si musicalement c’est excellent, ils pêchent au niveau des voix qui ne sont pas de même qualité ni bien assurées. Il y a encore du travail avant de rattraper les artistes britanniques. Mais ce nouveau groupe parisien est sur la bonne voie.

Patrick Kuriakine











The Charlatans @ La Maroquinerie - 16 février 2018


Retour ce vendredi à la Maroquinerie à Ménilmontant, cette fois-ci pour supporter la pop britannique. Nous sommes allés voir The Charlatans, qui sont de retour avec leur single hors du commun Plastic Machinery, que vous avez sûrement remarqué. Ils ont opéré une réapparition inespérée avec leurs albums Modern Nature et Different Days. Nous les avions à l’époque interviewé dans ces mêmes colonnes.

Curieusement ce groupe issu de la Brit Pop sonne très américain et chaud, ce qui est paradoxal. Mais c’est le chant qui est anglais, les parties musicales qui le suivent sont groovies, si ce terme n’avait pas été galvaudé par des bonimenteurs. On peut rapprocher ce qu’ils font de la musique de Paul Weller, ils évoluent dans la même sphère musicale. On ne peut s’empêcher en fermant les yeux de penser à un titre des Stones tel que Gimmie Shelter, et plus encore au Spencer Davis Group. Orgue rugissant, guitare sale, basse soutenue et batterie rythm’n’blues, ce n’est pas répandu à notre époque. 3 ou 4 chansons se détachent du lot, leur hit d’antan You’re The Only One I Know, Le nouveau Solutions et le déjà fameux Plastic Machinery. Ils ont joué aussi des titres moins évidents comme North Country Boy et With No Shoes. Ce n’est certes pas aussi puissant que les frères Gallagher mais c’est très bon. Ils se font plaisir s’ils ne révolutionnent pas le rock, c’est sympathique, humain et dansant, et Tim Burgess occupe l’espace. Nous attendons la suite des évènements avec impatience, c’est-à-dire un nouvel album, car ce soir ils ont remué leur glorieux passé devant un public enthousiaste. Une affaire à suivre, donc, et pas un accès de nostalgie.

Patrick Kuriakine


Romain Humeau @ Le Point Ephémère - 25 janvier 2018


Nous avons eu l’opportunité d’aller voir jouer Romain Humeau, ancien chanteur du groupe Eiffel, et nous nous sommes dit : why not ? En effet, cet artiste mérite qu’on prête l’oreille et malgré ses déclarations il ne peut être considéré comme un chanteur de variétés.

Deux ans après la sortie de son 3è album solo, Mousquetaire, et l’occasion de la publication du suivant, sobrement intitulé Mousquetaire #2, il se produisait sur la scène du Point Ephémère. Il a trouvé un nouveau label et repart au front. Nous avons toujours trouvé ce qu’il faisait intéressant, même si ce qu’il enregistrait avec Eiffel n’étais pas notre « délire », en tous cas nous extirpait de nos habitudes. C’est qu’il y a quelque chose de rare chez cet artiste : une vraie personnalité, et un talent réel pour des textes en français. Cependant il chante maintenant pour moitié en français et en anglais, ce qui est dommage car il a une bonne plume. Enfin, il a sans doute une idée derrière la tête en adoptant la langue de Liam Gallagher et des Beatles.

Sur scène il puise dans son répertoire et propose les titres de son nouvel album au public. Ce qu’il fait est assez varié, tant au niveau des mélodies que des arrangements. Il a un titre qui fait vraiment chanson française, mais c’est bien le seul, car c’est bien un rocker qui se présente à nous. Par contre l’originalité est au rendez-vous. Il nous a fallu attendre le dernier titre du set pour le voir faire une pop song dans l’air du temps. Car il en est capable. S’il voulait prouver qu’il peut faire la même chose que les anglo-saxons, c’est réussi.

Ses musiciens font le job, et seul le batteur s’éclate, les autres étant plutôt discrets. D’ailleurs cela fait plaisir d’entendre un batteur jouer à la manière d’il y a 15 ans. Le rock a évolué depuis l’époque d’Eiffel, mais leur qualité les fera durer. Car ce que nous avons eu devant nous le temps d’un concert, c’est un chanteur de la stature d’un Bertrand Cantat, et qui a été le leader d’un groupe qui restera dans l’histoire des musiques populaires de la francophonie. Il a vraiment une façon de chanter qui lui est propre, et qui ne ressemble à personne d’autre. A aucun moment on se dit que c’est une copie d’un artiste plus célèbre. Non, il fait du Humeau, et ses collaborations avec Noir Désir, Domique A, Les Hurlements de Léo et Bernard Lavilliers n’ont pas modifié son style si personnel. Souhaitons qu’il revienne avec ce nouvel album sous le feu des projecteurs, car il le mérite plus qu’amplement.

Patrick Kuriakine


Pamela Hute & Why Elephant @ O’Gib – 19 janvier 2018.


Nous avons souhaité retourner voir et entendre Pamela Hute, artiste que nous aimons beaucoup à Indiepoprock. Et bien à chaque concert on constate un changement et une évolution, ce ne sont plus les mêmes arrangements, il n’y a plus de synthé, et nous avons entendus des versions différentes de ses chansons.


Visiblement ce groupe ne reste pas sur ses acquis, et ce qui fait l’intérêt musical c’est que leur guitariste soliste apporte une solution technique personnelle à la question récurrente dans le rock des deux guitares, rythmique et soliste. Lorsque nous les avons vus en 2017, il donnait dans l’indé le plus pointu et il est passé à un jeu plus rythmique. Ce n’est pas encore du Franz Ferdinand mais cela va dans cette direction. Sans ce musicien, ce serait un groupe pop comme il faut, bon mais sans originalité. C’est le Monsieur Plus de Pamela Hute ! Nous nous permettons d’insister sur ce point car c’est ce qui fait la différence entre ce groupe et les autres. En tout cas, c’est de la bonne pop à l’anglaise, dans la même veine que Black Honey. On se surprend à reconnaître ses mélodies d’un concert à l’autre. Le plus accrocheur s’appelle radio et justement c’est un titre qui mérite de passer sur les radios FM, tant il a toutes les qualités d’un hit populaire. Mais que font les programmateurs ?


En première partie avons eu l’occasion de découvrir un duo de qualité, Why Elephant, qui se présente accompagné d’une discrète boite à rythmes. Leur style est assez américain, teinté de folk et de blues. Leur minimalisme sied aux petits lieux et leur chanteuse est plutôt crédible. Une bonne voix et une guitare simple, mais cela passe bien.

Nous vous recommandons cette petite salle du bas Montreuil, installée dans un ancien restaurant, qui offre un petit espace avec une bonne sono. Une salle de plus à Montreuil, qui en compte déjà pas mal !

Patrick Kuriakine


The Absolute Never @ Le Supersonic – 16 décembre 2017


Nous sommes partis en exploration vers des territoires musicaux inconnus jusqu’alors. Le Supersonic, agréable club du quartier Bastille à Paris proposait une soirée « noise » avec trois groupes à l’affiche. Deux seulement correspondaient à ce thème : The Absolute Never et Enob. Nous préférons passer sous silence la tête d’affiche. Un groupe a retenu notre attention, celui qui jouait en premier, The Absolute Never. C’est un duo guitare-batterie et c’est le guitariste Erwan Guennec qui chante. Pour être radical et non conventionnel, cela nous rappelle quand même des choses, en particulier Nirvana pour le jeu du drummer. Mais ce n’est pas un groupe au complet. C’est un guitariste avec une énergie et une présence remarquable accompagné par un batteur qui qui ponctue librement ce que fait son compère. Ce n’est pas banal, et cela sonne. Nous aimons bien ces duos sans basse. On a parlé de Post-Rock à leur sujet, effectivement c’est au-delà du rock mais ce n’est pas atmosphérique pour autant. Retenez le nom de ce gars.

Le vrai groupe noise, ce fut le suivant, Enob, moins percutant cependant malgré l’originalité de leur musique. C’est très travaillé et hors des sentiers battus. Les guitaristes font des trucs que je n’ai jamais entendus ailleurs. Le chant, par contre, est une vocifération comme il en existe dans le métal, le gars est en colère. Nous préférons les mélodies. Mais dans l’ensemble nous n’avons aucun regret, nous ne nous sommes pas ennuyés même si c’est très expérimental et dissonant.

Donc nous nous sommes offerts une soirée expérimentale et arty pur nous décrasser les oreilles et nous ne regrettons pas cette visite inopinée à un lieu où nous retournerons.

Patrick Kuriakine


The Limiñanas @ La Maroquinerie 07 Décembre 2017


Nous avions annoncé ce concert sur notre site et nous sommes contents que l’on parle aujourd’hui d’un style de rock radical et non-commercial comme le garage-psyché.

Oui, radical, car cette musique proposée par The Limiñanas est barrée et audacieuse. En gros, le pivot du groupe fait tourner deux accords sur un beat primaire pour permettre aux participants à l’expérience de jeter de la fuzz et des parties de clavier kitch. Certes on peut trouver cela un peu pauvre. Musicalement, c’est une Jam qui permet à chaque musicien de s’exprimer et pas des pop-songs à l’anglaise. C’est un son et des variations d’intensité. On vient là pour en prendre plein les oreilles.

C’est l’ensemble qui fait l’intérêt plus que les parties de chaque instrumentiste. Le charme vient d’une couleur sonore et du chant de Marie et du nouveau chanteur mâle qui les a rejoints récemment.

En fait c’est très noise et psyché-rock plus que vraiment garage. Ce sont de doux dingues qui occupent un créneau pas vraiment grand-public. C’est pour cela qu’il est réjouissant de voir qu’ils ont du succès et de la presse. Il y avait du beau monde à ce concert, Philippe Manœuvre faisant le DJ au bar de la Maroquinerie. Les curieux se sont déplacés. Par contre, ce qui n’est pas sympa du tout, c’est qu’ils étaient seuls à l’affiche, sans première partie comme le veut pourtant la tradition du rock à Paris.

Sur scène, ils sont nombreux, et c’est plus un collectif expérimental qu’un groupe de rock canonique : trois guitares, un clavier, deux chants, et leur batteuse qui martèle imperturbablement ses fûts. Ils ont joué leurs titre phares : Betty, Down Underground, Malamore, Prisunic, et ont terminé en rappel par leur reprise de Russian Roulette des Lords Of The New Church. Ce qui est intéressant, c’est qu’ils parviennent à faire vivre leur histoire avec peu de moyens et peu de technique, sans jamais paraître ennuyeux et limités. C’est tout le contraire du jazz-rock, il y a un son, de la chair et de la texture, et les guitares envoient réellement.

Nous trouvons positif que le rock se réapproprie son histoire et fasse des flash-back sur ses courants les plus obscurs. Il y a quand même par moments une ressemblance avec le Velvet Underground et le psychédélisme français d’époque grâce au chant et aux textes. Ce groupe donne envie de jouer du rock et de faire quelque chose sans avoir besoin d’être un instrumentiste monstrueux. Ce concert parisien est de bon augure pour la musique en France car pendant longtemps cette musique est restée confidentielle. Aujourd’hui, il est en pleine lumière et le groupe de Perpignan prévoit un nouvel album en 2018 et un concert en mars dans une salle plus grande, le Trianon, toujours à Paris.

Patrick Kuriakine


The Amazons @ Le Point Ephémère – le 22 novembre 2017


Nous avons décidé de suivre le groupe britannique The Amazons sur le long terme, car ils nous ont tapé dans l’œil. En fait, ils tranchent sur ce que vous pouvez lire et entendre sur notre site. Ils sont limites par rapport à l’indie-rock, mais ils sont tellement bons ! Quand nous les avons vus en concert pour la première fois, en février dernier, nous nous sommes dit : mince, un vrai groupe de rock !

Certes leur rock puissant ne fait pas dans la finesse et les climats en demi-teinte, ni dans la pop romantique. Ils attaquent en force par un habile mélange de rock péchu et de mélodies imparables.

Leurs chansons ont la force de l’évidence et sont taillées pour le succès.


Lors de leur concert à la Mécanique Ondulatoire, ils ont joué leur album, qui n’est que le premier, rien de plus, rien de moins. Et cela avait atteint le public présent comme un direct à l’estomac.

Là, au Point Ephémère, ils ont donné une prestation plus généreuse, moins stricte, entrecoupant leurs titres phares de breaks, comme sur Black Magic. Ils nous ont proposés de nouvelles chansons et des versions différentes des titres de l’album. Ils se sont lâchés sur une scène moins exigüe que la cave où nous les avions vus précédemment. Ce fut un vrai moment de rock’n’roll, apportant une toute autre dimension. Leur chanteur Matt Thompson capte l’attention : il est grand, a de longs cheveux roux et une vraie présence scénique. Ce concert fut un peu plus chaotique que la dernière fois : le set était en fait assez court, le groupe nous a laissé un peu vite avant de revenir pour une chanson en acoustique et un final époustouflant avec le morceau Junk Food Forever.

Donc de nouveaux titres, des versions concerts et toujours les titres phares comme Black Magic et Little Someting, plus un poil d’imprévisible. Ce qui ressort de ce concert, c’est que leurs compositions sont mortelles, taillées pour être des hits. Elles s’imposent par leur efficacité. Ce que nous avons vu ce soir, c’est un grand groupe dans une petite salle. On n’a pas tous les jours cette chance.

En première partie il y avait les Pale Seas, pas mauvais, même sympathiques, mais aux chansons trop conventionnelles. Notons que les arrangements de leur lead guitariste sont très beaux et apportent beaucoup à des compositions sans originalité. C’est bon, mais tellement en dessous de la furie qui leur a succédé sur la scène du Point Ephémère. The Amazons ont une force et une personnalité qui les fait se détacher de tout ce que nous avons entendu en 2017.

Patrick Kuriakine


Madness @ Salle Pleyel – 11 novembre 2017


Vous vous demandez peut-être ce que nous sommes allés faire à un concert de Madness. Et bien passer du bon temps ! Madness est un groupe pop, et rien d’autre, et leur dernier album Can’t Touch Us Now paru sur le label Lucky Seven est déjà un succès, renouant avec les années fastes du groupe. Leur single Mr Apple a conquis le public rock.

Madness ne sont pas des perdreaux de l’année, leur show est impeccable et ils alignent en concert une impressionnante collection de tubes. Si vous ne les connaissez que par leurs disques, vous ne serez pas déçus. Ils commencent par One Step Beyond et n’arrêtent d’enfiler les tubes telle une playlist que pour un hommage à la chanteuse Amy Whinehouse, appréciée des fans de ska. Oh, le ska, Madness en est loin, ils n’en joueront qu’à la fin du concert lors du rappel. Ils terminent le show par Madness et Night Boat to Cairo. Non, Madness est un groupe pop, avec un style original, une personnalité qui n’a jamais été copiée par personne On sent quand même leurs influences du rhythm’n’blues et de la pop de Tamla Motown dans leurs mélodies. Leur batteur est excellent et nous a impressionnés.

Le reproche que nous faisons à ce concert est que c’est trop propre, trop bien joué, à l’identique des disques du groupe. Il n’y a aucune improvisation ni dérapage, si c’est une folie, elle est parfaitement contrôlée et ne sort jamais des rails.

Si nous avons choisi de vous en parler, c’est que Madness  a débuté sur un label indépendant, 2-Tone, label à qui on doit la vague ska de la fin des années soixante-dix, qui a déferlé sur la planète. Ils sont devenus  ensuite d’énormes stars en Grande-Bretagne, snobant les USA, et ils sont capables de faire exploser les charts et de toucher le grand public, qui du ska ne connait souvent que ce groupe.

Pour une fois nous n’avons pas cherché à défricher les terres nouvelles du rock indé et sommes allés à ce concert avec des amis et leur famille, dans une ambiance bon enfant et 100% fun. Mais n’est-ce pas cela la pop ?

Patrick Kuriakine


Peter Hook And The Light @Le Trianon – 28 Octobre 2017


Le Post-Punk est à notre avis un bon moyen pour le rock de se ressourcer dans un courant qui n’hésitait pas à innover et à travailler le son et les climats. Acteur majeur des années 80 avec le groupe Joy division, devenu New Order suite au décès de leur chanteur Ian Curtis, Peter Hook est de retour avec un vrai groupe pour le plus grand plaisir du public parisien.

Il ne joue plus comme lors de son précédent passage à Paris la carte de la nostalgie, une vague qui nous a submergé faisant oublier les musiques actuelles. Il nous propose un nouveau projet live qui a de quoi satisfaire plusieurs publics, et qui n’est plus seulement un hommage à Ian Curtis. Oh, que les fans se rassurent, cette période est bien représentée. L’ancien bassiste de ces deux groupes importants nous propose deux parties, deux sets comme on dit. Le premier est dans une veine pop-dance largement imprégnée par son expérience de la house music à Manchester et à Ibiza. C’est assez agréable, on se croirait en discothèque, et en fait le public adhère à cette pop de boîte de nuit qui n’est finalement qu’un prolongement de ce que faisait New Order. Cela plaira à tous ceux qui écoutent aujourd’hui de l’électro. Peter hook fait danser les gothiques présents et un public plutôt agé !

Après une pause, le groupe entame le deuxième set, qui reprend le répertoire des deux premiers albums de Joy Division, ce qui fait en fait deux concerts pour le prix d’un ! Peter ne joue pratiquement plus de basse, c’est son fils Jake Bates qui assure fidèlement les lignes de basse, avec le même son et le même style. Une information pour les bassistes : The Light utilise des amplis anglais Trace Elliot. Peter chante, et à la manière de son défunt collègue. A la guitare, il y a un nouveau venu, David Potts, qui remplace Nat Wason, parti en juillet 2013. Le clavier est tenu par Andy Pôle et la batterie par Paul Kehoe. C’est un groupe à l’ancienne, qui joue impeccablement des morceaux qui ont toujours la même capacité à nous émouvoir. Les textes ne sont pas en reste, ils ont du sens et Peter n’est pas indifférent à la situation actuelle de la Grande-Bretagne. Sa diction permet de comprendre ce qu’il chante, ce qui n’est pas toujours le cas des artistes britanniques. Cette diction est d’ailleurs un des points forts de ses chansons.

Peter Hook est donc le chanteur et le front man d’un groupe qui maîtrise son sujet, et qui a la capacité de proposer quelque chose de plus que des reprises d’un ancien répertoire. Par contre, s’il a bouleversé la pop et le rock il y a 40 ans, il n’y aura plus le même effet de surprise.

Patrick Kuriakine


The Sherlocks @ la Mécanique Ondulatoire le 17 Octobre 2017


Attention Talent : The Sherlocks sont un jeune groupe de Sheffield et c’est du sérieux.Ils ont la relève du rock britannique et c’est une tuerie.

Ces 4 gamins électriques ont sorti leur premier album cet été et c’est ce qu’ils nous ont donné à entendre ce soir. Et nous n’avons pas regretté nos 10 euros, car c’est un excellent groupe, qui joue un rock puissant et élégant. Leur rythmique rappelera des choses aux plus agés, mais c’est bien de la musique de 2017. Leurs mélodies sont remarquables et c’est du jamais entendu. C’est jeunes ont un don, c’est clair. Ils jouent pied au plancher en donnant tout ce qu’ils ont à donner, et ne ralentissent que pour une ballade à la douze cordes. Ils ont aussi un morceau dont les arpèges ressemblent à ceux de Dear Prudence des Beatles. Voix impeccable, guitares énervées, basse basique et batteur qui aurait pu jouer dans The Clash. Ils proposent une musique que les punks ne sont plus capables de faire, sans artifices ni tapage médiatique. Pas de hype ni de pose, juste un excellent groupe de rock britannique. S’ils ne cartonnent pas, c’est qu’il y a un gros problème.

En première partie il y avait un groupe français étonnement bon, Harem Night. Ils ont le son et une bonne chanteuse, et c’est la première fois que nous en entendions parler. L’automne est une belle saison.

Patrick Kuriakine


Black Honey @le Super Sonic – Le 19 Septembre 2017

Nous sommes retournés voir le groupe Black Honey après les avoir vus en janvier de cette même année au Pop-Up du Label et nous retournerons encore les voir, c’est sûr. Cette fois-ci, c’était une apparition en club avant leur prochain passage au Zénith en première partie de Royal Blood. Rien ne nous obligeait à les voir une seconde fois, si ce n’est pour le plaisir. Le groupe de Brighton mené par la craquante chanteuse Izzy Baxter semble aimer Paris et ses petits lieux. Ce soir-là la salle était pleine, et le public très jeune, ce dont nous ne revenons pas. Voilà donc nos lecteurs ! Et bien c’était super sympa et les jeunes présents dans la salle ont apprécié le groupe malgré sa méforme. Le guitariste Chris Ostler n’était pas très présent et il a fallu attendre les derniers morceaux Spinning Wheel, Hello Today et Corrine pour que le groupe soit au top. Mais même lorsqu’ils peinent à jouer leurs chansons, comme c’était le cas ce soir, il y a la voix d’Izzy Baxter qui sauve la mise. Leur set ressemble à un alignement de chansons pop, défilant comme sur un Best Of, sans véritable transition. Leur set ne semble pas très calculé. Mais ce sont tous des hits potentiels, leurs compositions étant accessibles et évidentes. Il va manifestement falloir qu’ils soient plus au point pour assurer devant le public de Royal Blood dont ils vont faire la première partie sur toutes leurs dates européennes. Ils seront à Paris le 09 novembre. Nous espérons y être.

Patrick Kuriakine


The Buttertones @ Espace B, le 07 septembre 2017


Un bar dans un arrondissement populaire et excentré, où il y a des concerts de rock : et bien, cela nous montre que Paris est toujours Paris. C’est comme ça qu’on l’aime. Certe nous avons aussi les arrondissements centraux et touristiques où tout est fait pour les noctambules, d’accord, mais la capitale, ce n’est pas que l’axe Les Halles – Bastille et il serait faux de croire qu’autour c’est le désert. Et cela nous fait plaisir de trouver des petits lieux dédiés au rock’n’roll à l’écart du centre ville. Bon l’endroit est rustique, et il y a plus grand ailleurs. La terrasse est vraiment minuscule.


Ce soir là nous nous sommes déplacés pour les Buttertones, un groupe authentique et sans prétention, qui nous propose du rock’nroll vintage et du twist. Etonnant de la part de gens aussi jeunes. C’est frais, même si c’est un peu brouillon, et, ils ne se prennent pas au sérieux. Il sont cinq, deux guitares, une basse, une batterie, et chose curieuse par les temps qui courent, un saxophone.


C’est sincèrement rétro, et ils font quelques incursions dans un style plus moderne. Comme quoi les jeunes ne sont pas où on les attends. Les Buttertones entretiennent la flamme du rock’n’roll, celui des années 50 et 60, et cela ne ressemble pas à un meeting de nostalgiques. Chose étonnante, ils ont le son qui convient à cette musique et n’en sont qu’à leurs débuts. Ils peuvent, comme les groupes anglais des années 60, partir du rock’nroll pur et dur pour évoluer vers autre chose. Ce n’est certes qu’un petit groupe californien (ils sont d’Hollywood) mais ils ont déjà des fans et une label, Radical Records. La salle était pleine, ce qui est rassurant. La saison commence plutôt bien pour la musique à Paris.  

Patrick kuriakine


Franz Ferdinand @  Festival Rock EN seine – 25 août 2017


Puisque nous étions dans l’espace du festival avec ses différentes scènes, ses stands et ses shops, nous sommes allés rejoindre la foule qui se pressait devant la grande scène où se produisaient les incontournables de la pop. Finalement nous nous sommes fait plaisir en allant voir le groupe de Glasgow Franz Ferdinand, qui a joué pendant une heure et demi un nouveau répertoire augmenté de titres inévitables. Il faut reconnaître que pour un groupe aussi connu, leur musique est inventive et recherchée. Il est même surprennant qu’ils aient rencontrés le succès avec une formule musicale à la fois pop et exigeante. Ce n’est pas de la musique de bourrins, leurs compositions et leurs arrangements sont un régal pour les oreilles. Ils font preuve d’un savoir-faire typiquement britannique, et leur style intègre désormais des influences funk et house qui sont très bien digérées. C’est frais, dynamique, pop au sens des Kinks et D’Xtc et pas au sens de Lady Gaga. Ils méritent sans problème de figurer en tête d’affiche d’un soir de festival.

Ils ont joué de nouveau titres comme Lazy Boy   et terminé par un Take Me Out que tout le monde attendait. Ils sont la preuve de la vitalité de la Grande-Bretagne en matière de pop-rock et ont un sens inégalé de la mélodie qui fait mouche et du refrain qui tue. Certes, cela ne plaira pas au puristes mais un grand groupe est un grand groupe.

Patrick Kuriakine

The Jesus And Mary Chain @  Festival Rock En seine – 25 août 2017


. Nous sommes allés au festival Rock En seine essentiellement pour voir jouer le groupe culte britannique The Jésus And Mary Chain, qui fait à nouveau parler de lui avec son nouvel album « Amputation ». Nous ne pouvions pas décemment rater ce concert.

 Et bien première constatation : ce qu’ils font en live est très classique, et le son de la scène n’a pas la finesse de celui de leurs disques passés. La sono était trop forte, et on ressentait les vibrations de la basse et de la batterie comme à un concert de reggae. En fait c’est un groupe de rock, même si le chanteur termina le set en criant « I hâte Rock’n’roll and Rock’n’roll hâtes me. » Propos curieux de la part d’un honnête groupe de rock en 3 accords, qui lorgne parfois vers le garage psyché à coup de grosse fuzz. Ils ont parfois des accents du Velvet Undrground. Rien de musicalement révolutionnaire ni de grande originalité. Ils ont débuté leur show par des titres de leur dernier album. Le son de guitare est gras, très saturé, et la basse joue à fort volume. Cela n’aura pas permis de convaincre le jeune public de la scène des cascades sur laquelle ils se produisaient. Ce ne fut pas un mauvais concert, mais un concert inégal, qui ne nous a fait vibrer que sur 3 morceaux. Nous nous attendions à une performance plus brillante compte*tenu de leur légende. Enfin il fallait les voir absolument, leurs passages en France sont rares et c’était la curiosité du festival.

Patrick Kuriakine

Savages @ Cité de la musique – 04 juillet 2017

Nous allons essayer de dire l’irruption de l’inouï : il est difficile de présenter par le langage une musique radicalement neuve et originale. C’est le cas du groupe londonien Savages, que nous avons découvert en 2013 par leur premier album, et que nous sommes allés voir à la Cité de la Musique de Paris dans le cadre du festival Days Off.

Ce que ces quatre filles donnent à entendre, sur scène plus que sur disque, n’entre pas dans une catégorie connue. Pourtant c’est bien du rock, comme en témoignent les parties de guitare de Gemma Thompson. Mais c’est une nouvelle forme de rock, une musique tendue et nerveuse, qui n’est pas faîte pour être agréable, et qui pourtant s’impose comme une évidence. Nous tenons avec ce quatuor féminin un nouveau grand nom du rock. Pourtant elles n’en sont qu’au début de l’histoire, avec seulement deux albums à leur actif. Sauvages, elles le sont, tant leur musique fait preuve de force et d’agressivité, tout en évitant de tomber dans le métal. Leur son reste clair même si la calme bassiste Ayse Hassan  joue avec un son boosté. Mais c’est aussi intense et énergique qu’un groupe de métal, sans le côté cracheur de feu. On est à mille lieues de la pop. Il est vrai qu’on pense sur certains morceaux comme She Will à des groupes post-punk. Disons qu’elles renouent avec une approche musicale qui était celle des années 80, tout en offrant une réponse aux musiques qui sont apparues depuis en dehors de l’univers du rock. Elles cherchent à ce qu’il se passe quelque chose, pas à exécuter un show où faire défiler un répertoire de chansons. Sur scène elles sont habillées de noir, et leurs visages sont mis en relief par la lumière blanche qui accentue les contrastes. Pas de couleurs, pas de joie factice, on pense à Placebo et à l’esthétique gothique. Mais c’est pour le visuel, pas pour leur musique. La chanteuse Jenny Beth occupe la scène et bouge avec une grande aisance tout en nous faisant entendre sa voix superbe qui est la caractéristique de ce groupe unique et essentiel. Si on veut établir une classification, on peut les rapprocher de Joy Division pour la musicalité, de Sisters Of Merci et Bauhaus pour le son, et surtout de Siouxie And The Banshees pour la voix exceptionnelle, au timbre chaud et grave. Mais plus qu’une inspiration c’est un ensemble de similitudes bien utile pour classer les disques.

Patrick Kuriakine

Dream Wife @ Les Bains – 15 juin 2017

Nous nous sommes rendus ce jeudi soir dans le lieu le plus smart de la capitale, les Bains, ex Bains-Douches, pour assister au concert d’un groupe féminin et féministe plutôt sympa, les britanniques de Dream Wife.

Soyons honnêtes : si elles étaient françaises elles se produiraient dans un bar de Belleville et pas dans ce club ultra-chic. C’est un avantage qu’on les artistes anglo-saxons sur les locaux car ils arrivent auréolés d’une ferveur et d’un attrait magique que n’ont pas encore leurs équivalent hexagonaux.

Elles ne doivent pas jouer en groupe depuis bien longtemps, et il est clair que ce n’est pas en terme de sensations fortes ce que nous avons entendu de mieux cette année. Mais leur jeunesse, leur humour et leur énergie nous fait pardonner leurs imperfections, et leur répertoire est décapant et fun. Oui, elles ont de l’humour, sur scène elles ne se prennent pas au sérieux et leur nom ironique comporte une grande part de critique des stéréotypes féminins du cinéma américain. Le nom du groupe est en effet inspiré par un film de 1953 avec Gary Grant. Elles ont quelque chose de punk tout en ayant leur style. Pour résumer, nous dirons que c’est un college band composé de 3 filles et d’un très bon batteur qui donne de la vie à des chansons simples. Comparées à d’autres groupes féminins, il y a mieux, notamment Savages qui est loin devant. Leur chanteuse rappe plus qu’elle ne chante, ce qui est dommage car lorsqu’elle chante vraiment et pose une mélodie, ça devient très bon. C’est d’ailleurs leur chanson Somebody qui nous les avait fait découvrir et pousser à les voir sur scène.

Elles ont commencé laborieusement, puis au bout de 5 morceaux elles sont montées en puissance, passant du stade de groupe lycéen à un vrai groupe de rock, énergique et plaisant. C’est donc prometteur et Dream Wife est capable de faire quelque chose de très bien d’ici quelques temps.

Patrick Kuriakine

Juniore @La Maroquinerie – 13 juin 2017

Nous avons commencé notre recherche de nouveaux groupes français en septembre 2016, et nous explorons les nouvelles tendances de la pop et du rock. Cette fois-ci, nous nous sommes mis sur une voie ouverte par des groupes comme La Femme et décidément les femmes ont pris le pouvoir dans le rock.

Que ce soir dans le monde anglo-saxon ou dans la sphère francophone, les filles ont décidé d’empoigner les guitares et elles le font avec classe. Ce soir-ci nous sommes allés voir le groupe Juniore, dont la chanson Je Panique  nous a interpelés par son texte et ses sonorités. Mené par la chanteuse Anna Jean, ce groupe pourrait avoir enregistré en 1965 tant son style est identifiable. Il rappelle les images d’archives de l’ORTF et les vieux scopitones. C’est le style français, une pop douce et claire qui a notre connaissance n’a pas son équivalent en dehors de l’hexagone. C’est ce qu’on peut entendre chez des chanteuses frenchies comme Stella et Delphine qui n’ont pas connu un succès grand public et qui, à l’exception de Françoise Hardy, n’ont pas imprégné la mémoire collective. Cela correspond aux années qui ont suivies la vague Yéyé et avant le psychédélisme. Pourtant c’est un vrai bonheur que de regarder les archives de la télévision française et de se pencher sur le travail de réédition de passionnés qui les sauvent de l’oubli. Juniore ressemble comme deux gouttes d’eau à ces étoiles filantes des sixties qui ont laissées des enregistrements au charme fou. Certes vous trouverez que c’est à mille lieues des Pixies et de Sonic Youth, et que nous faisons parfois dans le rétro. Mais cette pop vintage est tellement agréable et authentique, nous ne pouvions pas ne pas la mentionner. Et à aucun moment ça ne sent le moisi.

Un concert de Juniore, c’est complètement déconcertant, c’est rock tout en étant fun et sage, sans aucune violence, et c’est très sympa. La salle était pleine et il n’y avait pas de première partie. Ce combo se présente comme une formation canonique, batterie, guitare, basse, orgue et chant. Cela nous change des romances nerveuses auxquelles nous vous avons habitués. 

Patrick Kuriakine

Karoline Rose @Le Pop-Up du Label – 08 juin 2017

Karoline Rose est une jeune artiste franco-allemande que nous avions remarqué en première partie du groupe féminin Toybloïd Nous sommes allés la voir une seconde fois en concert et ce soir-là, elle jouait en tête d’affiche pour la première fois de sa vie dans la petite salle du Pop-Up Du Label, qui ne nous a jamais déçue.

En lever de rideau nous avons pu apprécier une chanteuse que nous ne connaissions pas, Nina Johansson, qui propose une pop de qualité qui n’est jamais mièvre. Elle se produit accompagnée d’un clavier-guitariste et d’un gars aux machines. Elle chante plutôt bien, et la musique n’est pas désagréable pour une utilisation d’instruments électroniques.

Après ce court set arriva Karoline Rose, toute seule avec sa guitare électrique. Et là, ce fut le choc : c’est une chanteuse remarquable, elle a un vrai talent ce petit bout de femme un peu ronde. Mais quelle voix ! Elle a une présence sur scène et sa formule voix-guitare rempli l’espace sonore et ne sonne pas minimal. Nous ne saisissons pas le principe de ses compositions, mais ce qu’elle donne à entendre est efficace, original et hors des sentiers battus. C’est son chant et ses mélodies qui dominent et que l’on suit sans difficultés. Il suffit de se laisser porter pour l’apprécier. Elle a quand même un gros son malgré la simplicité de son instrumentation. Elle chante le plus souvent en anglais, parfois en allemand, ce qui passe très bien, et ses influences hip-hop, genre dont elle provient, ne sont pas désagréables. Autre génération, autre culture, comme quoi on peut avoir baigné dans le hip-hop et passer à quelque chose de radicalement nouveau avec de rais instruments. Cette jeune femme est visiblement douée, et elle devrait émerger et faire parler d’elle.

Patrick Kuriakine

Les Daltons @ L’Alimentari – le 26 mai 2017

Ce concert dans la cave d’un restaurant de Ménilmontant était gratuit et annoncé seulement sur Facebook. Pourtant, la salle était presque vide, il y avait à tout casser 30 personnes pour voir le groupe parisien Les Daltons et entendre mixer le DJ Baldo, grand spécialiste du garage-rock.

Ce concert est une surprise musicale, car les Daltons sont un vieux groupe qui a commencé il y a fort longtemps, en même temps que les Wampas, qui figuraient sur le même label indépendant Creepy Crawly. C’est une surprise car ils ont su se renouveler et ils vieillissent plutôt bien. Ils se présentent comme « les branleurs des années 80 » et leur style a bien changé depuis cette époque. Fini le rock’n’roll sauvage et hyper énergique, ils proposent désormais au public un rock calme et élégant, avec de très bons textes en français, qui correspond plus que par le passé à la ligne d’Indiepoprock, sinon nous n’en aurions pas parlé. Leur album « Objet Ancien » a reçu un bon accueil de la presse et nous l’avons acheté lors de ce concert, tant leur prestation nous a convaincue. Cela fait longtemps que nous écoutons ce disque et que nous cherchons une occasion d’aller les voir en live.

Récemment ils ont joué au Gibus en première partie du groupe punk Les Olivenstein’s, mais ce n’est pas un groupe punk, car ils sonnent actuel malgré leur cinquantaine tapante. Sur certains morceaux on trouve effectivement une basse new-wave, sans pour autant verser dans le post-punk, les influences restent discrètes. Patrick Williams, la figure de proue du groupe, récite ses textes plus qu’il ne chante et pourtant cela passe comme une lettre à la poste et ce n’est pas désagréable.

Leurs morceaux, à force d’écoute, nous sont entrés dans la tête et nous connaissons les titres phares de leur set :  Costume de merde, Jeunesse perdue, CDD qui est plus social, et Picasso, chanson sur le fameux peintre du XXè siècle.

Nous regrettons qu’il y ait eu aussi peu de public pour ce qui était l’inauguration d’un nouveau lieu parisien, comme quoi il existe toujours dans la capitale des espaces où l’on peut organiser des concerts.

Patrick Kuriakine

Kane Strang + White @ La Boule Noire – le 24 Mai 2017

Nous sommes allés voir l’artiste Kane Strang en concert pour deux raisons : la première est de revoir la petite salle de Pigalle qui jouxte la Cigale. Eh bien, elle n’a pas changé ! En effet, nous l’avons connue par le passé et nous rassurons le public : elle est intacte. Ce ne sont plus les mêmes employés ni les mêmes videurs, mais ils sont agréables malgré le fait que nous soyons en période d’attentats et donc peu propice aux spectacles parisiens.

La deuxième raison est purement musicale : nous avons voulu coller à ce qui se fait aujourd’hui et à ce que nous pouvons entendre à la radio dans la catégorie indé. Indé, c’est ce que nous pouvons dire de Kane Strang qui jouait en lever de rideau du groupe White que nous avons découvert à l’occasion. Pour être franc, c’est un recentrage sur les tendances actuelles.


Parlons d’abord de Kane Strang : il était ce soir accompagné d’un combo batterie, basse et guitare. Manifestement et à l’écoute, ils ne jouent pas ensemble depuis très longtemps. Ils sont hésitants et jeunes, malgré le son qui est ce que nous attendons, surtout à la guitare. Ils ont bien le son que nous avions identifié fin 2016. Leurs compositions ont du charme, et ne sont pas désagréables même si nous avons entendu mieux avec l’album du groupe Diiv, chroniqué sur ce site. Nous sommes venus pour eux, et nous avons pu constater qu’il y a encore du travail à fournir pour emporter l’adhésion.


En tête d’affiche il y avait les Ecossais du groupe White, moins timides et  plus pop. C’est un groupe dans l’air du temps. Ce qui veut dire que ce n’est pas ce que nous avons entendu de mieux cette année, mis ce n’est pas non plus mauvais. Seulement conforme à ce que font beaucoup de groupes actuels. On pourrait appeler cela du Glam-Disco-Pop, car pour un musicien il s’agit de rythmiques disco-funky avec un chant différent. C’est un bon chanteur de pop qui a suffisamment de voix pour pouvoir chanter du heavy-metal si l’envie lui en prenait. Techniquement, ce qu’ils jouent est simple, mais là n’est pas la question, nous ne nous attendons pas à du jazz-rock. Ce groupe indisposera les puristes mais il passera très bien auprès d’un public habitué aux dancefloors. C’est d’ailleurs à la fin du concert que ça devient très bon, lorsqu’ils lâchent enfin le beat discoïde pour des rythmes plus lents qui leur réussissent mieux. Cela devient alors plus sympathique. C’est vrai que la batteuse du groupe joue la même figure rythmique pendant la majeure partie du set. Mais cette tendance au disco-funky est, nous l’avons dit,  très répandue actuellement, ne serait-ce que chez Foals et Kasabian. Difficile alors de l’ignorer.

Patrick Kuriakine

The Psychotic Monks  @ Le petit Bain – 30 mars 2017 ( Paris)

Bluffés par leur concert au Point Ephémère, nous sommes retournés voir les parisiens de The Psychotic Monks en concert dans la capitale. C’était la teuf pour la sortie de leur premier album (il sort le 21 avril) et le bateau du Petit Bain est bien choisi pour ce genre d’évènement.

Si leur musique est toujours aussi envoûtante, il n’y avait pas l’ambiance magique du précédent au Point Ephémère. Trop de bière et un pogo qui me semble inadéquat pour ce groupe qui sonne différent du rock énergique et agressif des punks. Le public était plus rock, plus nerveux, et l’ambiance était plus conventionnelle. Mais les Psychotic Monks en mettent plein les oreilles et dès le premier morceau on fait « ouah ». Ce que nous aimons chez eux, c’est leurs morceaux lents, romantiques, et leur son qui est original. En les écoutant je pense à des groupes des années 70 notamment pour le mélange orgue-guitare et les slows. Ce groupe indique une autre voie que les sentiers bien balisés que d’autres parcourent si bien. Ils sont encore en cours d’évolution, et les chants sont plus travaillées, ils chantent désormais à 3 voix et se dirigent vers une nouvelle formule avec de belles harmonies. Disons qu’ils se cherchent encore, c’est vrai qu’ils sont très jeunes, nous les   avions crus plus vieux en les voyants sous les lights de la salle. Nous espèrons qu’ils vont préserver leur originalité et ne pas céder aux injonctions de certains spectateurs qui criaient « rock’n’roll » comme à un concert de psychobilly, ce qui est franchement un contresens sur cette musique qui ne doit rien aux années 50 ni 80. Il y a des endroits pour ça, on peut lui donner l’adresse, le gars a du se tromper de soir. Si nous aimons aussi le rock du passé, ce n’est pas ce que nous font les Psychotic Monks qui ouvrent une nouvelle voie au rock français.

Patrick Kuriakine

The Undergound Youth @ Le petit Bain – 06 mars 2017 ( Paris)

Difficile de manquer le Petit Bain car c’est la plus grosse péniche de cet agréable lieu de loisirs qu’est le Port de la Gare, aux pieds de la bibliothèque François Mitterand dans le 13è arrondissement de Paris. Elle accueille des concerts dans cette barge flottante plus grande que les bateaux voisins. Cette soirée nommée le Fuzz Club nous proposait 3 groupes parmi lesquels The Underground Youth dont nous vous avons parlé en novembre 2015 lors de leur passage au Point Ephémère qui nous avait bouleversé.

Les voici donc de retour à Paris pour une célébration à base de guitares vintages et de cuir noir. De nos jours il est plûtot rare de voir un groupe qui propose une telle cérémonie sombre et malsaine. LE chanteur de ce groupe de Manchester fait par moment penser à Ian Curtis de Joy Division. Mais leur musique n’innove pas comme le faisait celle de ce groupe légendaire. Comme nous l’avions remarqué en 2015, c’est très primitif : la batterie orchestre leur performance telle le drummer sur les galères (souvenez-vous d’astérix !). Pas de cymbales, un rythme lourd et pourtant efficace dirige une basse simple et deux guitares. Cette musique, en concert, est clairement dans la lignée de Vince Taylor et du premier album des Cramps, même si sur disque ils sonnent plus psyché. Nous avons devant nous un vrai groupe culte et un futur mythe. Ils ont 7 albums à leur actif et leurs titres les plus récents comme The Morning Sun sont dans cette veine tribale et noire qui serait une sorte de blues contemporain, car ce n’est ni gai ni fun, et le climat est aux antipodes des musiques festives.

En lever de rideau nous avons entendu un non-groupe de non-musique dont ne nous vous fairons pas l’offense de mentionner le nom, et, plus intéressants, les jeunes pousses de The Invisible Friend qui, malgré leur manque évident de répétitions, proposent une déflagration shoegaze/noisy à partir de compos structurées et bien pensées, sur lesquelles viennent se poser des parties de guitare originales.

Ce fut donc une belle soirée dans ce qui est le bateau le plus confortable du Port de la Gare.

Patrick Kuriakine

Vex et les Wampas @ La Cave Dimière – le 24 février 2017

La banlieue parisienne, contrairement à ce que nous indiquent les faits divers, présente de nombreux avantages par rapport au centre-ville. Elle regorge depuis quelques années de salles de concert de bonne qualité, tant au niveau de la sono que de la programmation, salles accessibles par le transilien qui fonctionne plutôt bien.

Nos pas nous ont menés cette fois-ci à Argenteuil, dans le 95, à la Cave Dimière, lieu de musiques actuelles qui nous a été recommandé par un habitant de cette ville qui chronique des disques dans le magazine Soul Bag. On peut même dire qu’en banlieue, on a tout sous la main pour faire de la musique : locaux de répétitions, écoles de musiques, conservatoires comme partout, et salles de concerts. On peut même ne jamais aller à Paris ! Cette construction ininterrompue pendant des décennies est aujourd’hui menacée par des restrictions budgétaires qui amènent des suppressions de subventions. Pourtant la culture et la jeunesse sont des sujets consensuels, contrairement à celui de la police qui fait polémique actuellement. Nous espèrons qu’il en sera de même dans les années à venir.

Ce soir-là nous nous sommes rendus à une soirée spéciale rock alternatif, avec les derniers représentants en région parisienne de ce courant musical si dynamique dans les années 90. Hélas, cette époque est derrière nous, et il n’y a plus que des anciens comme Vex pour bouger dans le secteur !

Vex jouait ce soir là avec un son plus punk que d’habitude, débutant même le set sans leur section de cuivres. Pourtant c’est avec les cuivres qu’on les aime ! Musique énergique métissée, aux influences rock, ska et reggae, avec des textes militants, c’est un cocktail qui avait cours autrefois avec des groupes comme La Mano Negra, Marousse, Ska-P et Les Zuluberlus dont est issu le groupe Vex. Ils nous gratifient de reprises qui indiquent bien leurs références : Somebody Got Murdered de Clash et Moi de Mai de Starshooter. Notre préférence va à leur titre Mal Finir et à son refrain qui nous reste en tête : « tout ça va mal finir » et qui reflète bien les inquiétudes de notre époque.

Les Wampas ont un nouveau guitariste, Eiffello, et sortent un nouvel album, Evangelisti qui est leur 12è. Contrairement à une fausse idée, ce ne sont pas un quelconque groupe punk, même si ce sont de grands fans des Ramones. Ils sont capables d’avoir un vrai son rock’nroll à la Cramps, malgré la contrainte des 3 accords qui est ultra-limitative. Les titres de leur nouveau disque sont excellents, et renouent avec leurs classiques Manu Chao et Rimini. Didier Wampas, quoique retraité, est donc en grande forme. C’est un personnage attachant, et une bête de scène malgré son chant qui en énerve plus d’un. Ses textes sont drôles, parfois pertinents, et on ne s’ennuie pas à leurs concerts. Ils ont rappelé à l’assistance qu’ils répétaient dans cette même ville de banlieue en 1982. Cela ne nous rajeunit pas !

Patrick Kuriakine

Requin Chagrin @ Le Point Ephémère – le 23 février 2017

Nous n’en revenons toujours pas : partis pour découvrir une nouvelle tendance du rock français nous nous sommes retrouvés avec Requin Chagrin avec du surf-rock vintage.

Incroyable ! Les membres de Requin Chagrin ont entre 25 et 30 ans et ils sont d’un classicisme inattendu en cette année 2017. Nous n’avons pas pendant tout ce concert été désorienté par ce que nous avons entendu : notre chroniqueur s’est retrouvé plongé dans un univers musical qu’il connaît déjà, celui des compilations nuggets, du surf et du garage rock, celui des guitares claires pleines de réverb qu’il a découvert en écoutant les Flying Padovani’s il y a bien longtemps. Un son si caractéristique qui a marqué Indochine et La Femme. Cependant Requin Chagrin se démarque par un feeling vocal plus triste, moins sixties, et un climat sonore plus moderne.

La salle était blindée de monde, cela faisait longtemps que nous n’avions pas vu une foule aussi compacte et une telle affluence. Ce n’était pas pour une fois un rassemblement de quincagénaires venus se trouver autour de la passion pour le rock’n’roll, mais un public d’aujourd’hui, sans aucun look, venu en nombre à la sortie des bureaux. Ce groupe plait et a un public, malgré le fait que l’on a déjà entendu ce style de rock par le passé, vers 1985 pour ce qui nous concerne. Mais qui le sait à part les spécialistes et les vieux schnocks ?

La chanteuse Marion Brunetto a une voix étonnement grave pour sa petite taille, et elle joue de la guitare comme on le voit hélas trop rarement. Ce n’est cependant pas une formation de nostalgiques poussiéreux, c’est au contraire très frais et très ensoleillé, avec une légère mélancolie des sentiments, sans jamais être superficiel ou nunuche. C’est un style, qui n’est pas si courant, et que nous aimerions entendre plus souvent, et qui de plus est un style qui peut marcher et vendre des disques. Nous pensons sérieusement qu’avec ce concert nous avons vu un rock plein de vitalité et de bonnes vibes, et dont Requin Chagrin se pose en représentant éminent. A notre avis c’est un groupe important.

La première partie était également intéresssante : Remi Parson a un truc a lui, et son rock synthétique est dans l’air du temps (synthé et bassiste à barbe de hipster). Ce duo transmet une véritable émotion et mérite d’être plus connu. Et la guitare a un beau son, là aussi.

Patrick Kuriakine


The Amazons @ La Mécanique Ondulatoire – le 17 février 2017


Nous avions découvert La Mécanique Ondulatoire à l’occasion du fantastique concert du groupe canadien Dilly Dally. Depuis ce jour, nous tenons à l’oeil ce bar du quartier Bastille où se produisent DJ et groupes.

Ce soir nous avons pu voir dans cette petite cave du passage Thiéré le groupe britannique The Amazons. Ils sont originaires de Reading, et sont menés par le chanteur-guitariste Matt Thompson.

Pendant le début du concert nous nous sommes demandés s’ils étaient américains ou bien anglais. Nous avons eu un moment d’hésitation, dû au côté héroïque et lyrique de leur musique. C’est du rock puissant et sauvage, très clairement électrique, et qui se promène entre le stoner, l’indé 2016 et les Arctic Monkeys. C’était là leur première sortie hors de Grande-Bretagne et ils nous ont fait l’honneur de commencer par Paris. Cela fait plaisir d’entendre du vrai rock à cheveux longs après un hiver qui nous a fait douter de la pérennité de notre musique préférée : nous avons tenu bon, et en 2017 le rock existe toujours, même si c’est au fond des caves que ça se passe. Pour répondre à notre question, The Amazons sont indubitablement anglais, comme le montrent leurs mélodies. S’ils ne brillent pas par l’originalité, ils ont des titres forts comme Little Something, Black Magic et surtout l’excellent In My Mind qui ferait un bon single radiophonique et qui est une vraie bombe. Nous nous sommes régalés et ce concert était finalement trop court. On notera au passage la première partie plutôt sympa de l’artiste Clint Slate, qui gagne à se produire seul avec une guitare accoustique qu’il sait faire sonner, plûtot que de se perdre en projets tirés par les cheveux.

Patrick Kuriakine

Luke Elliot @ Théatre les Etoiles le 26 janvier 2017

Le Théatre les etoiles nous a été présenté comme une nouvelle salle de concerts à Paris. En fait, il s'agit d'une salle de spectacle qui existe depuis le 19è siècle et qui programme depuis très récemment des concerts de rock.

Luke Elliot est un chanteur Américain, natif de Princeton dans l'Etat du New-Jersey et qui joue du piano dans le style de Jerry Lee Lewis. Il est acompagné par des musiciens super efficaces. Sa prestation scénique a de la tenue, et il montre en live qu'il est un artiste de premier plan. Sa voix fait penser à celle de Nick Cave. Nous avons fait ce soir une découverte et on reparlera longtemps de Luke Elliot. Il montre en concert que les USA ont su garder le lien avec une tradition musicale du 20è siècle et que le musique électrique est fort différente de celle des britanniques. Ce sont deux chemins bien distincts. Nous avons éprouvé le grand frisson ce soir-là, car nous avons vu et entendu un live de grande qualité, une musique sophistiquée et furieusemet indé même si elle plonge dans les racines du rock'n'roll. On parlais autrefois d'adult-rock et nous reprendrions bien ce terme pour décrire cette musique qui a attiré un public agé et bien habillé. On se serait cru à un concert de jazz !

La presse et les photographes étaient au rendez-vous, ce qui nous ouvre une espoir de voir le rock indé dans les colonnes des journaux, ce qui jusique là était plutôt rare. Cela ne nous vexe pas, au contraire, nous aimerions bien que les journalistes de la presse sérieuse retrouvent le chemin des concerts de rock et soient là avec nous dans les bars et les clubs pour témoigner de la vitalité des musiques qu'on aime.

Patrick Kuriakine

Trentemoller @ll’Elysée-Montmartre le 31 janvier 2017


Trentemoller est connu du public rock pour un remix électro d’un titre du groupe Savages et c’est ce qui nous amené à aller le voir se produire en live en pleine semaine dans une salle parisienne.

. Avec ce concert de cet artiste électro, on ne pourra plus nous accuser de ne pas être ouverts. C’est en effet très loin du rock, et même loin de l’électro-pop de 2017 ou de Dépêche Mode. Nous avons assisté ce mardi à un set de musique électronique expérimentale. En même temps, il y a eu plus radical avec l’électro-indus que l’on pouvait entendre chez les gothiques.

Ce qu’on peur reprocher à ce genre de performance, indépendament de tout jugement de valeur, c’est qu’il s’agit d’une musique qui s’écoute assis, et nous ne voyons pas très bien l’utilité de rassembler un millier de personnes dans une salle de concert pour une telle scéance. Au 104, on est assis sur des sièges. Nous avons entendu la même chose en petit comité il y a dix ans, il n’y a absolument rien pour les yeux, ce n’est pas uns show, et il ne se passe rien dans la salle. On pourrait très bien écouter le travail de Trentemoller dans son salon sans avoir besoin de se déplacer en métro. Une autre dimension absente de cette musique, c’est celle de la danse. Il existe pourtant des musques électroniques dansantes.

Il y a cependant un point commun avec le rock, c’est l’omniprésence tout au long des morceaux d’une basse soutenue et bourdonnante. Par contre, il n’y a pas souvent de drums, et les beats utilisés sont pauvres par rapport à ce qui se fait à notre époque. Nous ne voulons pas vous dissuader d’écouter ce genre de musique électronique, nous voulons seulement exprimer qu’une salle de concert prévue initialement pour d’autres musiques n’est pas un endroit approprié. En tout cas, cela nous aura permis de découvrir l’Elysée-Montmartre après travaux de réfection et cette salle est de nouveau fonctionnelle. Elle a retrouvé son cachet et son charme d’antant. Voilà déjà une bonne nouvelle pour les parisiens et les artistes.

Patrick Kuriakine

Black Honey @le Pop-Up du Label 23 janvier 2017

Nous étions à l’affût de groupes britanniques après ce fameux Brexit, histoire de voir s’ils allaient toujours venir nous rendre visite malgré les évènements politiques. Ce n’est pas une plaisanterie, il est légitime de se poser la question des conséquences culturelles de ce référendum. Et bien notre attention a été attirée par le groupe Black Honey, qui a traversé la manche pour une tournée européenne passant par Paris.

C’est dans la désormais fameuse cave du Pop-Up Du Label, rue Abel dans le 12è arrondissement, juste à côté de la gare de Lyon, que nous avons pu apprécier leur répertoire sur la petite scène. L’année commence avec un vrai concert d’un vrai groupe de quatre musiciens dont une chanteuse-guitariste blonde et dynamique. Le concert démarre en trombe, sans prévenir, et ils enchaînent les titres comme sur un album, sans la moindre digression ni improvisation. C’est the real thing, un vrai groupe de rock pêchu et mélodique tout à la fois. Leur set dépote, le batteur cogne comme il faut, le bassiste est correct, et la chanteuse tient la scène avec un charisme certain. Le lead guitariste a un jeu étrange, garage-psyché, comme s’il jouait des parties de clavier. En tout cas, ça sonne et les mélodies sont là, avec un côté faussement naïf comme la pop des années 60 ou Gwen Staphani de No Doubt, ui avait elle aussi ce côté évident. Il y a le même charme que dans un groupe de power-pop, tout en étant plus pur au niveau des instruments. La rythmqiue basse-batterie est implacable et assure comme ce devrait être tout le temps le cas dans un set live. Ce concert nous fait voir que les britanniques sont toujours à la hauteur et que loin des hypes et des modes éphémères il y a toujours en Grande-Bretagne des groupes de rock dignes de ce nom. Nous sommes tombés sur ce concert et ce groupe par hasard, personne ne nous en avait parlé, et nous sommes bien tombés. Ils ont des titres phares qui sont susceptibles de passer en radio, ou tout du moins de rester dans vos mémoires, et un sens aigü de la mélodie.

Patrick Kuriakine

Insect -@ Le Supersonic (Paris)


Sur la base d’informations non vérifiées nous sommes allés au Supersonic dans le quartier de Bastille en espèrant entendre le groupe Mini-Vague. Et bien, nous ne les avons pas trouvé, et nous vous en parlerons une autre fois, nous vous le promettons. De toute façon, c’était un vendredi 13 et nous tenions absolument à sortir ce soir-là, et tant qu’à faire dans un endroit que nous aimons bien. Sur place le programme de ce bar style new-yorkais annonçait une soirée rock : en fait, il n’y avait du rock qu’entre les groupes, et il est dommage que l’on ne puisse voir de la salle le mystérieux DJ qui passe ces excellents morceaux. Le DJ a disparu ! c’est un mystère que nous finirons bien par éclaircir. Non, les 3 groupes de ce soir, VPN Deluxe, Nikki Demiller et Insect font plutôt cette pop française gentillette que l’on entend beaucoup depuis cet hiver, clavier électro de rigueur. Ça n’empêche pas de passer une bonne soirée, même s’il n’y a rien qui donne le frisson. Insect, la tête d »affiche, a de belles guitares et un excellent soliste qui a un jeu intéressant. Par contre nous n’avons pas accroché à ses mélodies vocales. En fait, on dirait que nous attendons des jours meilleurs en écoutant dans ce lieu sympa la scène parisienne actuelle en buvant quelques verres. Nous rappelons que l’entrée de ce lieux est gratuite donc vous ne perdez rien à rendre une petite visite en fin de semaine.

Patrick Kuriakine

Peter Kernel – le Batofar 14/12/2016

Chose promise, chose due, nous avions raté le groupe suisse Peter Kernel lors de leur passage au festival La Ferme Electrique en juillet 2015, et nous avions écrit que nous irions les voir s’ils passaient par Paris. C’est au Batofar, péniche amarée près de la bibliothèque Mitterand, que nous avons pu les surprendre.

Et bien nous avons vu mieux dans ce même endroit. Le groupe Peter Kernel est frais, fun et sympathique, mais c’est très léger. Ils se définissent comme faisant de l’art-punk, mais nous ne voyons pas le rapport avec le punk si ce n’est le côté amateur et bricolo de ce qu’ils proposent. C’est trop gentil pour être punk, mais si punk veut dire musicalement limité et chanteuse qui crie, c’est réussi. C’est un petit groupe, nous ne trouvons pas d’autre terme pour décrire ce que nous avons vu et entendu. Si leurs clips sont drôles et distrayant, sur scène c’est vraiment trop cheap pour être vraiment expérimental et il ne se passe quelque chose que sur 3 titres dont High Fever. Ce ne fut pas le concert de l’année, loin de là. Pourtant on nous avait conseillé de les voir sur scène. Hélas, si nous ne nous somme pas ennuyé, nous avons subit une vocaliste qui pourrait au moins essayer de chanter. Si cela peut vous rassurer, nous avons entendu pire en live. Cet hiver n’est pas très enthousiasmant et nous attendons avec impatience l’année 2017.


Patrick Kuriakine


French Boutik - 25/11/2016 – Gibert Musique (Paris-St-Michel)


Nous avons choisi de vous parler d’une initiative plus qu’intéressante du disquaire du Quartier Latin à Paris Gibert Musique : faire jouer un groupe dans le magasin pour la sortie de leur album. Nous tenons à faire connaître ces concerts promotionnels, gratuits et dans des condtions techniques minimales, dont nous avons connaissance par le bouche-à-Oreille. C’est là l’occasion de défendre des groupes hexagonaux qui de battent pour leur musique. Certes les groupes que nous avons vus jusqu’à présent ne sont pas des nouveaux venus : French Boutik, comme les fantastiques Soucoupes Violentes et Wahington Dead Cats qui les ont précédés dans ces lieux, sont tout sauf des débutants. Serge Hoffman, le guitariste de French Boutik, joue depuis 30 ans dans des groupes de rock. Mais cette génération de rockers parisiens semble increvable. Si leur style de rock est daté, et ne correspond plus à ce que font les nouveaux artistes, ça fait toujours plaisir de les entendre en live au mileu des étagères de disques. French Boutik n’échappe pas à ce destin : leut rock sixties mélant jerk et mélodies naïves ne date pas d’aujourd’hui, et le rock a vu plus violent qu’eux. Il attisera la nostalgie des quinquagénaires à qui il feront constater l’acart entre l’explosion musicale des 80’s et le calme évident de notre époque. Ce concert n’était pas exceptionnel, la sono minimale laissait trop de place au bassiste et pas assez à la guitare, qui a un super son sur leur nouvel album « mieux comme ça » dont l’écoute nous a amené à nous déplacer pour les voir. A part le titre « je regarde les tigres » nous n’avons rien entendu qui soit à la hauteur de leur réputation. French boutik sont des puristes, qui ont participé à un festival mods en Grande-Bretagne et joués à Hambourg comme les Beatles. Ils ne jouent pas une musique vraiment moderne, mais telllement sucrée et rafraichissante que nous en redemandons.

Patrick Kuriakine


The Psychotic Monks -08/11/2016 – Le point éphémère (Paris)

Nous voici de retour au Point Ephémère à Paris juste à côté de la place Stalingrad d’où les réfugiés ont disparus et qui est désormais quadrillée par la police qui les empêche de revenir. Il suffit d’aller à un concert dans la capitale pour voir la misère. Refermons cette parenthèse et passons au sujet qui nous préoccupe : le rock actuel.

Ce mardi soir nous somme allés voir deux groupes français, très différents musicalement. The Animen, qui jouait en premier, et qui propose une copie de qualité de ce qui se fait en Grande-Bretagne. Nous avons été agréablement surpris par ce rock british proche d’Arctic Monkeys et de The Last Shadow Puppets. Le public leur a réservé un bon accueil, et nous ne regrettons pas d’être venu les voir.


En tête d’affiche, il y avait the Psychotic Monks. Peut-on encore parler de rock à leur égard ? Non, ce n’est clairement pas du rock, mais une nouvelle musique électrique de transe tribale. Ce n’est pas du rock, mais de l’art. Les musiques actuelles ont atteint une force artistique qui les place aux côté de la peinture ou du théatre. Tout ça sans faire dans un trip intello : cette nouvelle forme de musique électrique, post-psychédélique et qualifiée de stoner par la presse, se déguste avec les oreilles et amène à la danse. Nous aimons beaucoup cette ambiance que nous n’avions vue que dans des free-parties, et jamais dans une salle de concert. Cette musique très originale vous fait baigner dans une expérience sonore, elle s’écoute comme de la musique classique ou contemporaine et se danse comme un musique populaire. Il est rare de trouver une telle créativité et une telle beauté. Pour la tête et le corps, une musique du 21è siècle. C’est la première fois que nous éprouvons une telle sensation avec de la musique à guitares.Nous quittons avec The Psychotic Monks l’univers et les codes de la pop pour vivre quelque chose de plus rare. Notre vie a changé avec ce concert.

Patrick Kuriakine

The Courettes - 27/10/2016 – La Féline (Paris-Ménilmontant)

La Féline n’est pas une salle de spectacle mais c’est tout comme : un bar rock de ménilmontant équipé d’une scène, connu des afficionados parisiens, et qui se soir là était bondé pour un excellent groupe que nous avons découvert à cette occasion. The Courettes donnait deux concerts en région parisienne, un à la féline, l’autre à Mantes-la-Jolie. Ce groupe est originaire du Danemark et a sorti son premier album en 2015. Dans l’assistance, nous avons remarqué des organisateurs de concerts et des musiciens, et cela nous fait chaud au coeur de voir qu’ils savent encore apprécier le rock. Quelques mots sur le style paratiqué par ce groupe : look sixties, formation réduite à une chanteuse-guitariste accompagnée d’un batteur, pour un rock minimal légèrement rétro. C’est Flavia Couri, la guitariste, qui donne le tempo et assure le beat par son jeu de guitare implacable, qui doit beaucoup à Bo Diddley et aux Kinks. Le batteur se cale un peu laborieusement sur la guitare et place des beats somme toutes assez classiques, ce n’est pas du tout expérimental comme musique. Le son de la gratte est sale, pas du tout rockabilly, et notre Flavia ne joue donc pas avec un son clair mais un son rugueux et brut, un son des années 60, d’avant le psychédélisme et le hard-rock. Ce duo retrouve la veine des groupes des origines, et ses riffs vont à l’essentiel. C’est pour nous une vraie révélation et The Courettes sortent du lot des groupes garage, aidé en cela par des mélodies naïves. Ils sont largement au-dessus de ce qu’on peut entendre habituellement dans le genre dans les bars de la capitale. Ceux qui ne sont pas venus à ce concert ont raté quelque chose, pourtant le bouche-à-oreilles a fonctionné cette fois-ci. Ce groupe apporte un bain de fraîcheur et d’authenticité au rock d’aujourd’hui et cela nous va droit au coeur.

Patrick Kuriakine

The Mirrors - 16/10/2016 – La Station Gare des Mines (Paris-Aubervilliers)

Nous avons décidé pour la rentrée de voir où en était la France au niveau de ses groupes de rock, et d’écouter des groupes français, si possible jeunes, car diable ! Ça doit bien encore exister au 21è siècle ! Nous ne voulons pas vous lasser avec la génération Wampas qui est toujours en activité, mais que vous connaissez sans doute déjà. Nos recherches nous ont menées vers divers groupes, dont the Mirrors, originaires de la ville d’Angers. Il s’agit d’un duo, formé d’un batteur et d’une chanteuse-guitariste, Sarah. Une formation peu banale, peut-être due aux circonstances qui président à la formation d’un groupe de musique. Ce que nous avons remarqué chez eux, c’est que malgré cette formule inhabituelle, c’est bien du rock’n’roll, même s’ils ne s’inscrivent pas dans un genre répertorié comme le sont le garage-rock, le punk-rock et le métal. Non, c’est bel et bien un groupe de rock, très au point pour son âge. Ce qui frappe au premier abord, c’est la justesse de leur musique, et leur son (la fender telecaster est une arme imparable). Les basses sont jouées par la guitariste en doublait le riff de gratte et ce côté rustique digne de bluesmen du temps jadis leur fait marquer des points. Ensuite, il y a le chant, qui étonne par sa force, inattendue chez un groupe hexagonal. Comme quoi les choses ont bien changé. The Mirrors jouait en première partie de deux groupes australiens, et pourtant c’est d’eux que nous avons choisi de vous parler. Non pas que les kangourous aient été mauvais, The Dune Rats sont un honnête groupe de pop-punk, avec des vocaux sympa, même si le son de la basse et de la guitare n’est pas fameux. Ils ont l’énergie et l’attitude. Nous avons vu ensuite DZ Deathrays, un groupe qui serait dans la veine de Rage Against The Machine, avec en plus des influences techno. Pas mauvais, mais pas aussi intéressants que la première partie, qui s’impose malgré son manque de notoriété. The Mirrors est un groupe à suivre, et ils viennent de sortir un EP. Nous n’avons pas regretté notre virée à Aubervilliers dans ce lieu atypique installé dans une friche industrielle : public cool, lieu cool, musique agéable même si ce n’est pas forcément notre style, en tout cas il n’y a pas photo, ce sont bien des groupes de rock  que nous avons pu entendre. Et nous avons eu un bus pour rentrer après le concert.

Patrick Kuriakine

Parlor Snakes-03/10/2016 – Le Supersonic (Paris)

C’est au dernier moment que nous avons été averti de ce concert du groupe Parlor Snakes qui avait lieu dans un nouveau club parisien, le Supersonic, nouvelle enseigne de l’OPA. Il s’agissait de la soirée de lancement d’un journal songazine, issu d’un site web qui passe désormais au papier.

Nous avons écouté et aimé l’album de Parlor Snakes et nous étions impatients de les voir sur scène. Première constatation : ils ne sont pas aussi jeunes que nous le pensions, mais ça va encore, le groupe n’a que 8 ans d’existence depuis ses débuts sous le nom de Dead Beats. Parlor Snakes a attiré notre attention par son rock puissant et racé, classique mais efficace. Ce soir-là, nous avons vu un groupe qui n’était pas au meilleur de sa forme, et qui est passé par quelques moments de flottement avant de se reprendre et de finir en beauté. Ils avaient pris un nouveau bassiste pour remplacer celui qui est momentanément indisponible, et ce musicien a plus qu’assuré, donnant une bonne assise à leur répertoire. Par contre la chanteuse Eugénie Alquezar a mis du temps à chauffer sa voix et il a fallu attendre la fin du set pour que le groupe donne le meilleur de lui même. Quand c’est chaud, c’est excellent, mais ils peuvent faire beaucoup mieux que ce que nous avons entendu ce lundi. Les dates prévues en province leur feront du bien et devraient leur permettre de ne pas rater une performance aussi importante pour eux. Nous vous conseillons néanmoins d’aller les voir sur scène car quand ils sont lancés c’est très bien.

Patrick Kuriakine

Toybloid -01/10/2016 – Le Plan (Ris Orangis, paris sud)

Nous nous sommes aventurés en banlieue parisienne pour voir un groupe que nous avions raté lors de leur concert à Paris Intra-Muros. Cette scéance de rattrapage ne fut pas inutile. Toybloid, c’est tout simplement une bombe !

Mais parlons tout d’abord de la première partie, qui était de qualité : Katerine Rose, une chanteuse-guitariste franco -allemande. Elle parvient à tenir la scène toute seule avec sa voix superbe, veloutée et sensuelle, accompagnée seulement d’une guitare électrique et d’une boite-à-rythmes. C’est du pur indé, envoûtant et esthétique, et qui nous semblait tout particulièrement destiné par le hasard de la programmation. C’est une performance toute en finesse et en émotion, et nous espérons entendre reparler de cette artiste.

Toybloid, qui était en tête d’affiche, a en commun avec Katerine Rose la qualité vocale. Certes ce jeune groupe parisien n’a rien inventé, il fait du Joan Jett, mais nous n’en demandons pas tant. C’est déjà miraculeux de voir une telle qualité musicale de la part d’un groupe parisien et chez des gens aussi jeunes. Car les Toybloid sont très jeunes. Ce groupe a un réél talent, et nous a tapé dans l’oreille avec son single « If You dare ». Mais Toybloid n’est pas le groupe d’une seule chanson, et son rpéertoire contient d’autres hits potentiels. La ryhtmique nous fait penser à Mademoiselle K et pourrait être plus puissante. Mais malgré des défauts de jeunesse (ce n’est que leur premier album) ils dépssent d’une tête bien des groupes plus avancés en âge. Ce power-trio propose un pur moment de fun et d’energie, et réalise ce qu’on demande depuis toujours à des français : faire aussi bien que les anglo-saxons. Toybloid a une vraie chanteuse, ce qui nous change de tous les braillards que nous avons pu entendre lors des génération précédentes de groupes français. Bref un bon concert d’un bon groupe, et leur passage dans cette salle à la réputation affirmée est un signe de reconnaissance, car ce n’est pas n’importe qui qui joue à Ris-Orangis. Nous aimerions que ce groupe ne soir pas un cas isolé, et qu ‘il y ait une vague de groupes français de qualité. Nous sommes à l’affut de ce genre de choses.

Patrick kuriakine

Steve Gunn - 18/05/2016 – Le Batofar (Paris 13è)

Nous sommes retournés au Batofar qui est une petite sale à la programmation pointue et de qualité pour faire encore une découverte. Mais cette fois-ci nous n’avons pas vu le nouveau visage du rock mais un artiste qui semble tout droit sorti des seventies.

Steve Gunn est un chanteur-guitariste new-yorkais, qui a en d’autre temps accompagné Kurt Vile. On dirait que pour lui le temps s’est arrêté. Non pas que ce soit mauvais, loin de là, mais son style est hors des tendances et des vagues successives qui ont marqué la musique électrifiée depuis 1972. Comme nous avons écouté des disques de cette époque, cela ne nous dérange pas, et nous vous invitons à jeter une oreille sur ce qui se faisait à une autre époque. Jorma kaukonen n’est pas loin. Ce n’est pas du folk, mais bel est bien du rock tel qu’il se pratiquait peu de temps après le festival de Woodstock. Pour qui aime les guitares, c’est un régal, car il a un beau jeu et une belle vois, et c’est un bon songwriter. On sent bien que le rock actuel ne vient pas de nulle part, et qu’il a un passé. Ce concert aura été un flash-back de plus de 40 ans. Nous aurions préféré quelque chose de plus folk où de plus contemporain, mais il y a encore des fans des seventies et il est toujours bon de savoir d’où on vient. A l’heure des reformations et du vintage, nous avons été agréablement surpris par cette personnalité qui poursuit son chemin hors des tendances. C’est un artiste rare, et qui n’est pas promis à une vaste renommée. Mais c’est une bonne musique, même si elle est datée. Cet artiste qui se produit encore est à voir pouri qui voudrait savoir à quoi ressemblait le rock il y a quelques générations..

Patrick Kuriakine

Lonely The Brave -14 /05/2016 – le Pop Up Du Label (Paris)

Lonely The Brave passait par Paris dans la cave du Pop-Up du Label pour promouvoir son deuxème album et nous avons profité de l’occasion pour les revoir sur scène. La première fois que nous les avions vu, c’était au Point Ephémère dans le 10è arrondissement. Ce groupe est une énigme : profondément original, il joue un rock comme nous n’en avons pas entendu depuis bien longtemps.

En effet, cela faisait des années que nous cherchions des artistes qui sortent des sentiers battus et de ce qui se fait couramment en rock. C’est le guitariste Mark Trotter qui tient le devant de la scène, le chanteur restant sur le côté comme un cuivre, ce qui est une bonne image car sa voix est un élément du groupe parmi d’autres. C’est inhabituel mais pas choquant . Le set est cohérent et ils ont un style à eux, même s’ils revendiquent une influence des Deftones. On notera néanmoins que leur nouveau répertoire est plus conventionnel et pourra convenir aux inconditionnels des Stooges. Rythmes plus rapides, guitares moins sophistiquées, ce concert nous a surpris après une journée passée à réécouter le premier album. Ils sont annoncés cet été dans de nombreux festivals comme le Main Square à Arras, ainsi qu’en Allemagne et en Suisse, ce qui veut dire que vous pourrez les voir et que cette année ils ne font pas qu’un passage éclair dans la capitale française. Ils commencent à prendre de l’ampleur et à intéresser le public. Ainsi, ce soir au Pop-Up, les gens connaissaient leurs chansons et ne venaient pas par curiosité. Lonely The Brave commence à avoir des fans en France. Ouf, on commençait à se poser des questions et à douter. Nous jetterons désormais une oreille sur les production alternative rock car les choses sont manifestement en train de bouger.

Patrick Kuriakine

Hinds - 29/02/2016 – le Badaboum (Paris Bastille)

Nous avons flashé sur le groupe Hinds à la première écoute, sans prendre le recul nécéssaire à l’appréciation de leur musique. Nous sommes donc allés à ce concert sur une conviction intime et sans consulter personne ni sans nous poser la moindre question.

Et bien nous avons bien fait. Hinds est un groupe espagnol chantant en anglais, qui s’est formé en 2001 et qui se compse exclusivement de filles. Et oui, aujourd’hui les femmes ont pris une place importante dans le rock, ce n’est plus une affaire de mecs en santiag et blouson de cuir. D’ailleurs la petite salle du Badaboum était remplie de jeunes femmes. Et c’était plein, preuve du succès de ce groupe. Le Badaboum, autrefois la Scène, est un lieu stratégique du quartier Bastillle et fut le pionnier du rock dans ce quartier. Nous avons connu l’ancienne salle et nous avons retrouvé nos marques sans problème. L’accueil est bon, l e responable du concert est pro. Question musqiue, Hinds propose un rock mélodique et frais, agréable et pas prise de tête. Nous avons entendu des choses plus noires et tourmentées que ce combo qui a le vent en poupe. Ce n’est pas si garage rock que ça, c’est de la musique en 3 accords, ce qui est devenu rare à notre époque et sonnait un peu typique. Ceux d’entre vous qui ont écouté Chuck Berry et du ska aimeront Hinds. Ceux qui aiment le Velvet ou les Cramps trouveront cette musique un peu superficielle. En tou tcas, cela plait et cela marche, Hinds a un succès d’estime et a eu un article dans les Inrocks et intéresse les américains.

Patrick Kuriakine




Dilly Dally  -19 /01/2015 – la Mécanique Ondulatoire (Paris)

La Mécanique Ondulatoire est un pub disposant d’une cave très bien aménagée pour recevoir les groupes, situé en plein quartier Bastille, à deux pas du disquaire Born Bad, et ce lieu est à la mode. Les barmens sont sympa, le prix des conso n’est pas excessif, et on peut y entendre de la bonne musique, comme ce soir le groupe canadien Dilly Daily.

C’est par hasard que nous avons découvert ce groupe qui existe depuis 2009 et qui est tout simplement excellent. Ils jouent une sorte de grunge dans une formation basse-batterie-guitare solo- guitariste chanteur. Leur sens de la mélodie est très clair, et la guitariste soliste a un son excellent, très fluide, qui donne une couleur spéciale aux chansons et attire l’oreille . C’est une femme, comme quoi les macho n’ont qu’à aller se rhabiller. La chanteuse est jolie, ceci dit, et l’on parlait anglais dans la salle. Nous vous conseillons ce groupe dont le son est assez original et dont la demoiselle soliste donne une leçon de guitare aux tristes hard-rockers overlookés que nous entendons le dimanche après-midi sur les ondes FM. Nous vous recommandons ce groupe, qui certe n’invente rien, mais le joue impecablement.

Patrick Kuriakine



Luke  -09 /12/2015 – la Cigale (Paris)

Quand on m’a proposé d’aller à un concert de Luke,  nous avons d’abord hésité, puis nous nous sommes ravisés car il sort ce mois-ci un nouvel album et c’était l’occasion de faire le point sur le rock français. Car Luke est une figure importante du rock hexagonal, et il draine à ses concerts un public nombreux et passioné. Et bien, ce que nous avons entendu à la Cigale, c’est un groupe dans la lignée de Noir Désir, dont les guitares sont fortement marquées par le funk, malgré la couche de distorsion qui les recouvre. Les ryhmiques aussi sont groove, et la voix est plus souvent parlée que vraiment chantée. Mais Luke a son style, son chant est original et son timbre de voix passe bien. Quant au répertoire, il y a vraiment deux mondes : d’une part les nouveaux titres, d’autre part les standards comme Soledad qui sont plus rock et moins lourds. Les textes sont impliqués, voir indignés par le monde contemporain tel que le montre la TV. C’est du zapping verbal, et c’est un peu difficile à comprendre, ce qu’on comprend surtout c’est qu’il est révolté par plein de choses, et qu’il est un rebelle. Certains préférons les textes d’Indochine, champion toute catégorie des groupes français, qui est à mille lieues de ce que nous avons entendu à la Cigale. Enfin Luke ne nous convainc pas, ce qu’il joue est sympathique mais pas renversant. Nous ne nous sommes pas ennuyées, mais à aucun moment nous n’avons ressenti un truc qui se passe. C’est un style, mais est-ce encore du rock ?

Patrick Kuriakine

The Undergound Youth  -03/11/2015 – le Point Ephémère ( Paris)

Le Point Ephémère est une petite salle, un lieu branché situé le long du canal ST-Martin, qui accueille souvent des concerts intéressants. C’est là que nous avons pu voir un grand moment de rock’n’roll comme il en survient rarement, avec le concert du groupe britannique The Underground Youth. Nous avons vraiment de la chance, car ce groupe est tout simplement phénoménal sur scène.

On pense aux Raveonettes pour le son de guitare et on pense souvent aux Cramps pour le coté brut, primitif et cuir de ce combo bien de notre époque. Primitif, car les morceaux sont simples, la batteuse joue sans cymbales comme Maureen Tucker du Velvet Underground et les 4 musiciens ont de l’allure. Le look et le son, comme quoi le rock’n’roll existe encore, loin des circuits habituels qqui sont un peu dépassés par les évènements. Il nous faut désormais, dans la capitale, fouiner et essayer des concerts  de groupes inconnus pour découvrir la perle rare et vivre un moment exceptionnel. Nous nous fions à nos oreilles et non à la hype. Nos informateurs habituels s’excitent sur des groupes d’il y a trente ans, alors que le rock actuel se porte bien, même si ça se passe dans des petites salles devant un public plus restreint qu’autrefois. Témoin ce concert de The Underground Youth, que nous vous conseillons d’aller voir s’ils passent près de chez vous. C’est un groupe important, à défaut d’être populaire. Mais est-ce que le Velvet Underground était populaire ? Ne passez pas à côté du rock de qualité, cela existe encore, sans l’aide des média, qui négligent cette musique, ce qui est dommage. Enfin, nous sommes là pour faire des découvertes et vous guider sur les traces du rock contemporain, qui musicalement parlant se porte comme un charme, d’un point de vue commercial c’est une uatre histoire.

Patrick Kuriakine


Gaz Coombes -10/10/2015 – la Gaité Lyrique (Paris)

La Gaité Lyrique est une belle salle, moderne et bien équipée, qui rappelle un peu Beaubourg par sa déco résolument moderniste. On s’y sent bien, on n’a pas l’impression comme dans d’autres endroits d’arriver dans un bouge mais plutôt dans un musée.

C’est un peu à une soirée au musée que nous vous convions avec ce concert de Gaz Coombes, ancien chanteur du groupe brit-pop Supergrass. Mais pas de nostalgie déplacée, le chanteur d’Oxford va de l’avant et nous propose des chansons issues de ses deux albums solo, dont le plus récent, Matador, est sorti cette année. Pas de reprise de Supergrass donc, comme nous l’espèrions secrètement, mais un show en demi-teinte qui nous a rassuré sur le personnage. Après un première partie rigolote mais pénible aux oreilles, assurée par un groupe formé par les accompagnateurs du chanteur, voici que celui que nous attendions apparait sur scène. Les deux premiers morceaux nous font nous étonner : ce que nous entendons ressemble à du sous Noël Gallagher, nous laissant l’impression d’écouter la radio. Pas désagréable, mais ce n’est pas ce que nous sommes venus voir. Puis s’ensuit un passage incertain, où l’on attend en vain qu’il se passe quelque chose. Ce n’est pas que ses chansons qui sont en cause, car si les mélodies sonnent curieusement l’interprêtation qu’il en donne est manièrée et les musiciens font le minimum syndical. Ils sont effacés, accompagnant les chansons du leader qui ne nous présente pas un groupe, pas même un faux groupe, mais nous offre son ego et ses vocalises avec un fond musical. Il faudra attendre le huitième titre, soit la moitié du concert, pour que la sauce prenne et que les musiciens se réveillent. Et là, Ok, nous assistons à une deuxième partie de concert digne de sa réputation et satisfaisant nos attentes. Gaz Coombes a un certain lyrisme, c’est un chanteur à voix, et sa voix se mêlant aux instruments passe comme une lettre à la poste, son lyrisme est bien servi par ses musiciens qui auront attendu pour mettre la gomme. Pour nous le concert a réellement démarré au huitième titre, et  notre patience fut récompensée par une belle brochette de chansons qui amena un rappel  et les applaudissements du public.

Patrick Kuriakine

Lady Lamb -05/10/2015 – le Pop Up du Label (Paris)

La petite salle du Pop Up Du Label était pleine ce lundi soir pour l’unique concert parisien de la chanteuse américaine Lady Lamb, et il nous a fallu faire la queue pour entrer tant il y avait de monde.

Et cette affluence est justifiée, comme nous allons esssayer de vous le montrer dans la suite de cet article.

L’artiste poursuivait par ce passage dans la capitale sa tournée européenne des clubs avant de repartir aux USA. C’était son unique date en France et vous ne pourrez pas la voir dans nos contrées avant un an. Retenez bien son nom et guettez ses apparitions scéniques.

Elle commence le concert par une chanson a capella, histoire de poser les choses : elle est une chanteuse avant tout, et si elle s’accompagne à la guitare elle ne fait pas preuve de virtuosité ni de démonstration. C’est une lointaine héritière de Janis Joplin, une belle voix chaude et expressive, et si l’instrumentation est folk, les mélodies sont pop-rock et on imagine sans mal ce que ça donnerait si elle était accompagnée d’un batteur et d’un bassiste : un fantastique groupe comme la Grande-Bretagne nous en donne depuis plusieurs décénnies. Elle aura réussi à nous tenir en haleine avec cette formation minimale, nous captivant par son chant et ses compositions. Car elle écrit de superbes pop songs qui se mémorisent aisément et elle a, en plus de sa voix, un talent de songwriter. Oubliez Lady Gaga et écoutez cette autre Lady, de son vrai nom Aly Spaltro, qui elle est jolie en plus d’être douée. Elle a déjà deux albums à son actif et a commencé sa carrière en 2007. Il n’y a qu’une seule lady dans nos cœurs, et c’est Lady Lamb.

Patrick Kuriakine

Ceremony  -17 /08/2015 – le Batofar (Paris)

Quelques jours après avoir vu leur album chroniqué sur ce site, le groupe californien Ceremony se produisait en concert au Batofar à Paris.

Poussé par la curiosité, nous sommes allés nous rendre compte de ce que donne Ceremony sur scène.Et bien il s’agit d’un mélange de morceaux sonnant comme Joy Division et de titres plus punk-hardcore. Les guitaristes sont discrets sur les morceaux du premier type, qui se caractèrisent par une grosse ligne de basse, et c’est très bien ainsi. Nous avons aimé les morceaux dépouillés et moins ceux aux guitares énervées. C’est vrai que notre préférence va au son cold-wave, qui semble être une tendance du moment. L’impression que nous avons, c’est qu’on dirait un groupe punk qui aurait travaillé en studio, gardant les bases de leur musique pour aller vers plus de sophistication. L’idée est bonne, et le résultat, notamment au niveau guitare, ne sonne pas comme un vieux groupe cold-wave comme ceux que nous voyons sur Paris à l’époque. Le chanteur est torse nu et danse sur scène, par contre son chant est monotone et prévisible, sans jamais décoller vers une mélodie. Il fait le spectacle pour masquer ses lacunes. C’est donc un groupe en pleine évolution que nous avons vu, et nous espèrons que cela les mènerait vers quelque chose de plus consistant que ce que nous avons entendu ce soir-là.

 Patrick Kuriakine

Various  - 04/07/2015 – Festival La Ferme Electrique

Le festival La Ferme Electrique est un agréable échantillon de friandises sonores à seulement 45 minutes de RER du centre de Paris, dans la petite ville de Tournan En Brie qui avant ce jour ne représentait pour nous qu’un nom sur une carte. Les nouvelles lignes de transport nous permettent désormais d’accèder à des coins reculés de l’Ile de France. Désormais il faudra compter avec ce sympathique festival, qui accueille le public dans une ancienne ferme aménagée en salle de concert, d’où son nom de Ferme Electrique. L’équipe du festival  est chaleureuse et s’est mis en quatre pour notre confort.

Nous avons tout d’abord vu le groupe Sophia Bolt qui impressione par sa mise ne place impeccable. Ce groupe fait preuve de professionalisme à défaut d’originalité et de présence. Ce n’est pas assez habité, ça tourne trop bien, il manque quelque chose. Mais néanmoins c’est l’un des meilleurs groupes du festival.

Nous avons eu ensuite le duo Fumo Nero : il s’agit d’un duo électro, machines et voix, qui se présente sur scène en portant des masques pour mettre un peu d’ambiance sur leur set électronique qui nous a laissé froid. C’est une bonne idée de mêler rock et électro sur le papier mais à l’écoute c’est moins évident.

Pui vint le tour de Barberos, formation expérimentale composée de deux synthé et d’un vrai batteur. Ce groupe nous ramène au prog-rock des 70’s. Certes le batteur est excellent et les claviers se débrouillent bien, mais c’est pénible au possible. Par contre le public semble aimer, comme quoi l’électro expérimentale est passée par là et a habitué les gens à des développements sonores plus audacieux que le rock basique.

Changement de style avec le trio Pierre Et Bastien : ces musiciens sans aucun look présentent l’originalité de jouer sans basse, juste deux guitares et une batterie. Malgré cela, ils parviennent à jouer un punk-rock énergique et rassurant pour l’auditeur : dans ce contexte de festival, ils entretiennent la flamme du genre et on leur souhaite bonne route et longue carrière.

Surprise de la programmation, les vétérans de l’électro-punk Charles de Goal faisaient ici une réapparition avec les titres d’un nouvel album à paraitre. Bien sûr ils ont joué leurs anciens morceaux et nous avons pu danser le Kling Klang. C’est la note historique de la journée et si vous vous intéressez au punk, dépéchez-vous d’aller les voir pendant qu’ils sont encore en vie ! Apparement ils se produisent encore sur scène (c’est la deuxième fois que nous les voyons en live). Il n’y a pas à dire, cette musique de la fin des 70’s et du début des 80’s est toujours aussi efficace, et on comprend mieux la nostalgie qui agité les réseaux sociaux.

Pour des raisons d’horaires de transports en communs nous n’avons pu assister au show de Peter Kernell qui pourtant était la raison de notre visite mais nous nous sommes promis d’aller le voir lorsqu’il passera à Paris.

Patrick Kuriakine

Temples - le 23-06-2015 - Festival Oui FM (Paris),

Nous sommes allés mardi soir Place de La République, à Paris, à l’occasion du Festival organisé par la radio Oui FM et la Mairie de Paris, pour voir la nouvelle sensation du rock britannique, les Temples. Ils sont parrainés par Noël Gallagher et ce groupe, formé en 2012, continue sur ascension sur les radio FM et dans les Festivals. Nous avions envie de voir ce qu’ils donnent sur une scène.

Ils ont joué les titres de leur album Sun Structures, et leur son est moins psychédélique que les visuels de leurs clips. Certes ils ont un look rétro, bien daté 1967, les cheveux longs et des guitares vintage, mais leur musique, elle, est bien sage. Nous nous attendions à quelque chose de plus ébouriffé et délirant, si l’on se réfère aux courant néo-psychédélique américain. Ils jouent les titres de leur album et ne partent pas en impro comme on pourrait s’y attendre de la part d’émules de syd Barrett. Non, c’est plutôt à Marc Bolan que leurs morceaux nous font penser, notamment le titre phare Keep In The Dark, principalement du fait de la voix de James Edward Bagshaw et de ses mélodies, une voix qui porte tout le groupe. En fait ce qu’ils jouent est très pop, très fin des sixties avec des refrains qui peuvent nous faire penser à Christophe ! Bref, cela frise la variété de cette époque et on ne peut s’empêcher de se demander ce que ça donnerait s’ils chantaient en français.

Mais on aime, et on leur reprochera seulement d’être trop scolaires et de jouer l’album sans en sortir. On s’interroge aussi sur ce revival psyché-pop qui, s’il donne lieu à des disques intéressants et des concerts agréables, semble tout droit tiré des scopitones d’époque aujourd’hui aisément trouvables sur youtube, et donc n'apporte pas grand-chose.

Patrick Kuriakine

Heat  - 18/05/2015 –  Le Pop Up Du Label (Paris)

Nous avons reçu la plaquette du groupe cannadien Heat et elle ne nous  a pas menti en parlant d’influences du New-York des seventies.

Heat, originaire de Montréal, qui est un jeune groupe, est bien influencé par le Velvet Underground et son chanteur Susil Sharma a une voix à la Lou Reed. On pense aussi à Julian Casablancas des Strokes. Ce n’est pas un groupe punk, comme nous le pensions avant d’assister à ce concert, et comme le laissait présager le T-Shirt « Sonic Youth » du batteur Charles Neufeld. Non, c’est tout simplement du rock , basé sur les guitares. Susil Sharma arbore une superbe Rickenbacker comme on en voit rarement et le guitariste et le bassiste ont un look de hipsters, ce qui ne les empêche pas d’assurer à leurs instruments respectifs. Leur musique sonne cependant actuelle même si le parfum seventies est très présent. C’était leur premier passage à Paris, dans une toute petite salle, une cave de bar où d’autres font jouer des groupes français. Le bar s’appellle le label, d’où le nom de la salle. L’endroit est agréable et bien situé, à proximité de la Gare de Lyon pour les usagers des transports en communs, dans une petite rue calme d’un quartier sympa. Nous avons assisté à la première apparition sur notre sol d’un groupe prometteur dont la musique ne manque pas de charmes et qui devrait ravir les rock-critics. Un nom a retenir, donc, et qui devrait supplanter son homonyme suédois qui joue du hard-rock. Nous leur souhaitons une longue et fructueuse carrière et nous sommes enchantés d’avoir fait là une belle découverte.

Patrick Kuriakine


Burning Heads  - 12/05/2015 –  La Flèche D’Or (Paris)

Nous nous autorisons de temps en temps une visite dans le monde du hardcore punk histoire de se décrasser les oreilles et de prendre le pouls d’une scène toujours vivante et dynamique. Nous avons déjà vanté les mérites des Burning Heads dans ces colonnes, et leurs passages dans la région sont assez espacés, hélas, pour que nous retournions les voir sans nous répéter.  C’est la première fois qu’ils jouaient dans Paris intra-muros, et non en banlieue comme les fois précédentes, et nous nous devons de célébrer cet évènement. Les Burning Heads sont l’un des groupes punk les plus intéressants de l’hexagone, et leur reprise de Making Plans For Nigel d’Xtc les a fait connaitre au-delà d’un public spécialisé. Certes, ce ne sont pas des nouveaux venus, ils ont des heures de vol, mais cela fait plaisir de voir que de tels groupes franchissent le cap des années et continuent à proposer leur musique au public avec la même énergie et sans nous lasser. Leur tournée qui passait ce soir-là par Paris fait suite à leur nouvel album, qu’ils ont présenté sur scène. Leur set fut plus tourné vers le hardcore que lors du concert à Issy Les Moulineaux l’année précédente , et il entremêle sans que personne ne trouve à y redire morceaux punk classique, hardcore et reggae. Les nouvelles compositions sont de bon niveau, et continuent à mélanger les genres pour notre plus grand plaisir. Le bassiste change d’instrument pour les titres reggae, qu’il joue aux doigts, gardant le médiator pour les autres styles. Ils ont joué leurs standards comme Same Old Song, Police In Helicopter ou Reaction. Le concert a duré deux heures, et nous avons tout juste eu le temps d’attraper un métro pour rentrer, ce qui ne nous arrive pas souvent, les concerts se terminant en général à l’heure. Là, nous n’avons pas vu le temps passer et la salle a été chauffée à blanc par les groupes de première partie, Not Scientists et The Rebel Assholes, qui sont bons, le premier jouant du rock speed et le deuxième du pur hardcore. Cette soirée punk était de bonne qualité et nous retournerons voir ces groupes en concert.

Patrick Kuriakine


Circa Waves  - 21/04/2015 –  La Flèche D’Or (Paris)

Nous sommes stupéfaits par la capacité qu’a la Grande Bretagne d’engendrer des groupes de rock de qualité. La relève des Arctic Monkeys est assurée. Voilà un jeune groupe, Circa Waves, qui n’en est qu’à son premier album (Young Chaser), et qui déborde de vitalité, nous entrainant dans leur danse frénétique, avec justement la même frénésie que les Arctic Monkeys dans leurs premières années. On dirait qu’ils carburent aux amphétamines, pour reprendre un vieux cliché. Ce n’est pourtant qu’un petit groupe à l’échelle de la Grande-Bretagne, et ils satisfont nos oreilles avec un rock mélodique et énergique, une musique de bon aloi, sans faute de goût, sans morceau lent non plus, une musique basée sur les guitares qui jouent en son clair, sans dérive vers le hard rock, juste ce qu’il faut pour nous faire vibrer. Certes, ils manquent encore de maturité et leurs chansons n’ont pas le niveau de celles de Franz Ferdinand et des frères Gallagher, mais des petits groupes comme celui-là on en voudrait tous les jours, et ils dépassent d’une bonne tête leurs homogues français. Leur set a l’évidence pop et la fougue du rock’n’roll.

Nous avons vu un groupe de jeunes (ils se sont formés en 2013) pour un public jeune, comme nous n’espérions plus en voir, dans une petite salle parisienne excentrée (Porte de Bagnolet)  qui a été par le passé le théatre de riches effusions musicales, et qui malgré les changements de dirigeants est à la pointe de l’actualité et plus rock que jamais. Nous avons trouvé ce que nous cherchions dans les concerts parisiens et c’est à la Flèche d’Or que nous le devons.Nous allons à l’avenir surveiller cette salle de près.  A noter que le groupe de première partie, Sundara Karma, n’est pas dégeu nons plus et ne nous a pas ennuyé, loin de là.

 

Paul Weller, le Bataclan, 08-04-2015

Paul Weller est toujours dans la course. Contrairement à des groupes de sa génération, il ne fait pas du passé un fonds de commerce et n’exploite pas la légende du rock.

Sur scène, pas de Best Of, comme dans le cas des Stranglers ou de Stiff Little Fingers. Non, il ne reprend aucun titre de The Jam ou de Style Council. Son répertoire lors de ce concert  couvre sa carrière solo, avec des titres d’il y a 15 ans comme Friday Street et Peacock Suit. Pas de nostalgie, Paul Weller continue à avancer et à composer, comme en témoignent les deux chansons extraites de son nouvel album. Pas non plus d’orchestre à cordes (certains pourront trouver cela dommage) comme il a pu le faire à Londres mais un groupe efficace et des instrumentistes brillants, en particulier le guitariste soliste. Ce groupe donne une cohérence à un set plutôt diversifié : Paul Weller change de style à chaque nouvelle chanson et pourtant ça ne part pas dans tous les sens. Le son est résolument rock, même lorsqu’il se risque au reggae sur un titre où lorsqu’il abandonne sa guitare pour passer au piano électrique. On le préfère en tant que guitariste, mais ce n’est pas désagréable et plus pêchu que Style Council. Question chant, il est crédible en chanteur de soul, ce qu’il est devenu depuis le dernier album de The Jam et surtout depuis la reprise du Move On Up de Curtis Mayfield, sorti en single à l’époque.

On est en présence d’un cas particulier du rock british : celui d’un artiste qui est toujours vert malgré le temps qui passe et qui se renouvelle en conservant une énergie étonnante. Pas de temps mort entre les morceaux qui s’enchainent implacablement, juste le temps de changer de guitare et ça part ! Tout est en place, les musiciens  sont impeccables et il n’y a pas une erreur en deux heures de concert. Il a du en falloir du travail pour préparer ce show !

On passe durant le set du groove funk 70’s au rock furieux, il n’y a pas de ballade, seulement un titre où Paulo joue de la guitare sèche. Le son est compact, le volume est un poil trop fort, notament sur les morceaux les plus rock où l’on s’approche d’AC/DC dans le son de guitare, et cela ajouté au chant de Weller donne une couleur orangée au répertoire et met en relief le côté charnel de cette musique.

Le public de Paul Weller est un public de connaisseurs, qui après le concert discutaient âprement de ce qu’ils avaient vu et entendu. Même sur les réseaux sociaux les gens commentaient ce show au Bataclan et les avis sont partagés, entre anciens fans de The Jam qui regrettent cette période et inconditionnels du personnage qui acceptent tout sans discuter. Il est clair que l’on a affaire à un grand bonhomme qui mérite le respect pour son itinéraire musical et la qualtité de ses compositions.

Ce n’est pas sans émotion que nous avons suivi ce concert, certain de vivre un moment rare d’un artiste qui est toujours d’actualité.

Patrick Kuriakine

 

Deportivo  - 13/03/2015 –  La Maroquinerie (Paris-Ménilmontant)

Deportivo fêtait ses dix ans d’activité sonore par une tournée française qui se terminait à Paris par ce concert à la Maroquinerie. On peut s’interroger sur le choix de cette petite salle de Ménilmontant pour un grand nom du rock français. Deux ans après l’album Domino il n’y avait pas de promo à faire, mais le groupe a manifestement voulu créer un évènement pour le public, ce soir-là enthousiaste et acquis au groupe dont il connaissait les chansons par cœur. Ça faisait longtemps que nous n’avions pas constaté une telle ambiance festive lors d’un concert rock à Paris. Les fans du groupe se sont apparement mobilisé pour ne pas rater cette soirée. Le public a même envahi la scène, provoquant une interruption du spectacle (quelqu’un a débranché le guitariste).

Deportivo est une valeur sûre du rock, sa collaboration avec le breton Miossec a établi un pont entre rock et chanson francophone, avec laquelle le groupe nous a réconcilié par ses textes et son chant, comme l’avaient fait avant eux Louise Attaque, et dix ans après ses débuts il se pose comme une évidence d’un calendrier rock qui manque un peu de renouvellement, car on a assisté cette saison à des retours de groupes âgés plus qu’à une effervescence de nouveaux groupes.

On regrettera cependant la ressemblance trop importante entre les différents titres  du set de ce soir, qui commençait par 1000 Moi-Même, et aussi le passage à vide de la partie chantée en anglais qui ne rend pas justice à leur talent, manifeste au début et à la fin du concert. Car Déportivo brille par ses compositions que vous avez forcément entendu au cours des années 2000, même si vous écoutiez à l’époque autre chose que du rock, ce qu’on vous pardonne. En effet les chansons du groupe ont largement été diffusées sur les radios FM, qui annonçaient ce concert parisien.

Les quelques spectateurs présents ont pu bénéficier d’un show énergique et chaleureux, dans la bonne humeur, de la part d’artistes que l’on s’attendrait à voir jouer dans une grande salle, qui, nous leur souhaitons, sera plus approprié à leurs futurs passages dans la capitale. En tout cas, si pour eux le succès va et vient, décrivant un parcours en dents de scie ces dix dernières années,  ils méritent amplement les grandes audiences. Rappelons qu’en 2014 ils avaient joué à la Cigale. Nous avons eu beaucoup de chance de les voir dans un si petit lieu. Nous pourrons dire : « nous y étions ».

 

Peckinpah  -06/12/2014 – le Chinois (Montreuil, 93)

Rendez-vous au Chinois, sympathique petite salle de concert de Montreuil, pour une soirée DJ avec en ouverture à 20H un concert du groupe parisien Peckinpah.  Nous laisserons de côté les DJ disco pour nous concentrer  sur le groupe qui a délivré ce soir-là un excellent concert.

Peckinpah se présente comme un groupe de psyché-rock, influencé par des groupes des années soixiante-dix comme Neu, Harmonia ou encore Amon Duul II, et aussi par les riffs des Stooges. La démarche est osée, et s’adresse à-priori à des connaisseurs. Il s’agit tout simplement de bon rock, le groupe ayant digéré ses influences et le côté psyché s’est estompé par rapport à leur premier EP qui évoquait surtout les Doors, et le son s’est durci, en particulier au niveau de la guitare, qui est parfois très seventies, mais qui ne se perd plus dans des envolées psychédéliques qui ont disparu au profit d’une formule plus concise. Les claviers sont présents sur tous les morceaux et ils sont bien intégrés à l’ensemble. Le groupe, que nous voyions sur scène pour la deuxième fois, a gagné en maturité et en efficacité, nous surprenant par sa prestation. Le nouveau répertoire correspond à leur deuxième EP et nous tenons là tout simplement un bon groupe de rock actuel, original et agréable à écouter, et qui gagne à être connu. Les époques se télescopent et les seventies rejoignent les années 2010. Nous retournerons les voir lors de leur prochain passage à Paris.

 

Stiff Little Fingers  - 28/11/2014 – le Batofar ( Paris 13è)

Ce soir-là la petite péniche qu’est le Batofar affichait « complet » , ce qui ne manqua pas de nous surprendre. En effet, vu l’affluence aux concerts punks depuis un an que nous les couvrons pour votre webzine préféré, nous ne nous attendions pas à un tel succès. Stiif Little Fingers connu son heure de gloire au début des années quatre-vingt, et ne devint pas aussi célèbre que son cousin londonien de Clash, qui les a inspiré (c’est Deep Purple qui les a incités à monter un groupe) et dont la musique est très proche (du moins celle des deux premiers albums de Clash). Le groupe reconnait cette influence et rend hommage sur scène au leader du Clash Joe Strummer, en l’honneur de qui ils ont composés une chanson.

Ce qui impressionne chez ce groupe qui donne des concerts depuis 1977, c’est qu’il n’y a pas de baisse de forme et la voix du leader Jake Burns est intacte, pour notre plus grand régal. Seul rescapé de la formation initiale avec le bassiste Alie Mac Mordie, il dirige son monde, introduit les chansons par un commentaire assez long et prend les soli de guitare. Pour décrire leur set, nous dirons qu’il s’agit de punk mélodique, drivé par une voix remarquable et qui est loin des braillards que nous avons pu entendre autrefois. Ce set est plus efficace et percutant que celui de leurs ex-complices de XSLF (l’autre moitié du groupe initial) et ils jouent tous leurs titres phares y compris la reprise du titre du groupe de ska The Specials, It Doesn’t Make It Allright, et terminant le show par Alternative Ulster. Ce concert fut un reflet fidèle du début des années quatre- vingt, où le rock rencontrait le reggae et le ska sans perdre son énergie. Une époque que le public, vu la moyenne d’âge, avait du connaitre !

Car Stiff Little Fingers est connu aussi bien des fans de rock que les fans de ska et ils nous rappellent de bons souvenirs. Courez en profiter tant qu’ils sont en vie, car ils commencent à être agés et si nous avons eu la chance de voir un concert de Joe Strummer à Paris c’était une chance justement !

De tels concerts resteront gravés dans notre mémoire.

Patrick Kuriakine


The Raveonettes  - 06/11/2014 – Cabaret Sauvage (Paris)

Mon confrère Didier P. du magazine Soul Bag, à qui j’essayais de faire écouter des CD de rock, me disait : « ce n’est pas que ce n’est pas bien, c’est que ça sonne déjà entendu ». Et bien The Raveonettes sont un bon contre-exemple de ce jugement

S’il est vrai qu’un nombre certain de groupes de rock ne font que reprendre les recettes du passé, qui ont prouvé leur efficacité, The Raveonettes innovent et bousculent les codes. Pour qui cherche à entendre une musique originale et d’aujourd’hui, le groupe Danois se pose là pour répondre à leur demande. Ils sont l’antithèse de The Jim Jones Revue qui fait de la good old times music et ils séduisent immédiatement par leur radicalité. Tant pis s’ils se produisent à trois, Sun Rose Wagner au chant et à la guitare, Sharin Foo au chant et à la guitare, plus un nouveau batteur, le reste des instruments (grosse caisse, basse et clavier) étant préenregistrés (en l’occurrence sur un mac book déclenché par le batteur). Malgré ce minimalisme scénique on tombe sous le charme de cette musique qui ne rappelle rien ni personne. Ce groupe apporte un son nouveau et si leur set est un peu figé on en prend plein les oreilles et ont écouté avec le plus grand plaisir ce qu’ils ont à nous délivrer. Après sept albums, le groupe, qui a joué ce soir-là des titres de leur dernier opus Pe'ahl  sorti cet été sur Beat Dies Records, s’impose comme l’un des groupes importants de notre époque.

The Raveonettes, dans la splendide salle du Cabaret Sauvage, perdue dans le parc de laVilette, m’ont donné à voir et à entendre le plus beau concert de l’année 2014. Décidément cette saison s’ouvre sous de bons auspices.

Patrick Kuriakine

The Primevals - 24/10/2014 – La Java (Paris)

La Java est un endroit accueillant et convivial, entre République et Ménilmontant, qui, s’étant fait connaitre par des soirées électro, s’est par la suite ouvert à une programmation musicale toujours intéressante et où l’on peut voir bon nombre de vieilles gloires du punk rock.

Ce soir-là c’était le retour du groupe écossais The Primevals, formé en 1983 et qui connu une petite gloire sur le mythique label New Rose. En première partie nous avons pu apprécier The Truthfaith, un groupe high-energy qui n’est pas sans rappeler Little Bob Story. Ils ont délivré une prestation sympathique malgré le fait que le batteur soit souvent à côté du beat. Rythmiquement c’était assez laborieux et c’est le chanteur qui sauve l’ensemble. Il est à noter que ce sont eux qui organisent les venues en France de The Primevals, dont c’était le deuxième concert en région parisienne durant ces dernières années. 

Ce concert était un concert de vieux ! Sur scène comme dans la salle, la moyenne d’âge était de soixante ans, dommage pour le garage rock vitaminé de The Primevals qui se produit trop rarement dans l’hexagone. Dans les années 80 ils avaient assuré la première partie de Gun Club et de The Saints, excusez du peu.

Une fois de plus je me suis retrouvé à un concert culte, avec une petite centaine de connaisseurs, et je ne le regrette pas, tant cette musique est vivante et énergique (témoin le titre ST Jack et son riff qui marque les mémoires). Mais j’aimerais que ces rendez-vous rock’n’roll attirent plus de public et que les jeunes s’intéressent à ce genre de concerts , ce qui ne semble pas être le cas pour le moment. Avant il y avait les thés dansants, aujourd’hui il y a  les concerts punks à Paris !

Patrick kuriakine

Datsuns - 03/10/2014 – Le point éphémère (Paris)

Si l’on m’avait dit un mois plus tôt que j’irais à un concert de Hard Rock, je ne l’aurais pas cru. Il aura fallu un concours de circonstances pour aller voir The Datsuns sur scène au Point  Ephémère.

Signe des temps, le groupe néo-zélandais se produit dans cette toute petite salle du Quai De Valmy, comme un groupe débutant, alors qu’on le verrait bien attaquer les grandes salles. Nous ne nous en plaindrons pas : cela nous a permis d’assister au concert dans d’excellentes conditions que nous n’avons pas dans un Zénith par exemple.  Nous avons une chance incroyable de les voir dans un tel lieu, même si on s’interroge sur le succès actuel du rock en tant que tel.

The Datsuns se présentent sur scène avec les cheveux longs et des guitares gibson, et un coup d’œil suffit à se dire qu’on va entendre du Hard-Rock. Ce fut le cas du premier quart du concert,  mais Dieu merci le chanteur Dolf De Borst ne braille pas, il a une voix agréable, il chante vraiment et on se demande parfois si ce n’est pas plutôt du Stoner que l’on entends. Le groupe fait du rentre-dedans pendant tout le début du concert puis présente un titre de son nouvel album, qui est plus rock’n’roll et moins daté seventies que ce qu’il nous a fait entendre jusqu’à présent. Il est aussi capable de subtilités et est ce soir-là parfois à la limite du psychédélisme. Nous avons droit à de belles envolées de guitare .Nous nous surprenons à plusieurs reprises à penser à Led Zeppelin, dont le bassiste John Pau Jones a produit le deuxième album de The Datsuns.

Il se situent clairement dans une continuité avec une lignée historique de groupes qui les ont précédé sans avoir les clichés et les défauts du genre. Ce groupe n’est jamais lourdingue,et leur boogie est symphatique. Les deux rappels que leur demandèrent ce soir-là le public furent mérités. Cette musqiue plait, le public était aux anges et nous avons vu un bon groupe de rock, quoique typé.

Patrick kuriakine


Girls Names  - 23/09/2014 – le Batofar ( Paris 13è)

Indiepoprock proposait de gagner des places pour ce concert au Batofar. Nous en avons profité pour découvrir avec nos lecteurs ce groupe de Belfast, que nous avons vu en live pour la première fois. Quelle ne fut pas notre surprise, après une première partie pop mais insipide, d’entendre du rock’n’roll et de la guitare dans cet endroit. Nous nous sommes pincés pour ne pas nous croire à la Java ou autre lieu de l’underground parisien. Et non, nous étions bien sur le superbe bateau du 13è arrondissement de Paris, où nous avons connu des soirées électro et des sound systems ragga.

Girls Names délivre pourtant en studio du rock indé assez soft et propret, mais là, en concert, il y avait un son plus brut et plus jouissif . Le groupe de Belfast a plusieurs atouts pour plaire : une guitare pleine de reverb, influencé par le surf, ce qui est étonnant de la part d’un groupe indé. Et aussi la voix de Cathal Cully, profonde et mélodique, au timbre qui rappelle sur quelques morceaux du set celle de Morissey sur ses disques en solo qu’il a réalisé après The Smith.

Ces artistes en sont à leur deuxième album The New Life, sorti en 2013, et nous vous invitons à retourner les voir sur scène et à attendre le prochain CD qui, espérons-le, parviendra à restituer en studio les sensations du live auquel nous venons d’assister, et qui était très prometteur. Nous les préférons, vous l’avez deviné, en concert plutôt que sur disque.

 

Bertrand & les Actionnaires  - 27/06/2014 – le Chinois (Montreuil, 93)

Etant toujours à la recherche de groupes français prometteurs, nos pas nous ont amenés à Montreuil,  en banlieue parisienne, ce vendedi soir.

Le Chinois n’est pas un bar mais une petite salle de concerts de 300 places avec des loges et une scène sur laquelle nous avons pu voir Bertrand & Les Actionnaires. Nous ne connaissions pas auparavant ce groupe, qui  s’et formé en 2013 et donnait là l’un de ses premiers concerts, si ce n’est le premier. Nous avons découvert ce soir là le répertoire de cette formation de cinq musiciens.

De quoi s’agit-il ? D’abord d’un chanteur élégant, aux textes intelligents, drôles et détachés, légèrement cyniques, qui chante un peu à la manière de Katerine et des Little Rabbits. Il est accompagné d’un groupe qui ne brille pas par son originalité et la nouveauté de leur musique mais qui est correct pour un petit concert parisien. Jouant devant trente personnes, pour la plupart des amis ou des connaissances, Bertrand & Les Actionnaires font danser les filles et ils ont un quelque chose d’intéressant dans ce qu’ils proposent au public.

Patrick Kuriakine


Radkey  - 16/06/2014 – La Maroquinerie (Paris Ménilmontant)


Radkey est un groupe de punk rock originaire de St-Joseph dans le Missouri. Il met à mal la concurrence par plusieurs facteurs. Premièrement, et c’est ce qui frappe au premier abord, leur jeune âge. Les kids de Radkey ont 17 ans et viennent de quitter l’école. Là où des groupes punks rament depuis des années dans un circuit parallèle, Radkey déboule avec sa jeunesse et captive par sa qualité musicale. Ensuite, la force de leurs vocaux : les Radkey ont de belles voix qui sont mises en relief sur leurs enregistrement studio et qui sortent bien en concert.

Ce soir-là à la Maroquinerie ils ont fait preuve de leurs dons musicaux et ont tenus la scène. Certes ils n’en sont qu’à leurs débuts et manquent d’heures de vol, mais le show était probant et le public leur a réservé un bon accueil. C’était touchant de voir ces trois gamins jouer sur la scène de la Maroquinerie un répertoire qui sans être original est de qualité. Cela donne envie de ne plus accepter de voir de vieux groupes punk quand des kids peuvent faire aussi bien que les anciens.

Bref Radkey envoie à la retraite la concurrence.  Ce n’est pas un nouveau Nirvana, mais une pointure du punk rock que nous avons découvert ce lundi, jour habituel de relâche dans les spectacles, mais les punks ne font pas comme les autres.

Patrick Kuriakine


Babyshambles  - 29/03/2014 – Festival Chorus du 92 (Paris-La Défense)

Comme tous les ans nous sommes allés prendre du son plein les oreilles au festival Chorus Des Hauts-de-Seine. Nous y avons vu les Babyshambles sous un chapiteau dressé sur la parvis de la Défense.

Nous ne regretterons pas de nous être déplacés voir les Babyshambles. Ce fut l’un des plus beaux concerts que nous avons vu depuis un an. Malgré quelques défauts que nous énumèrerons plus loin, le groupe assure.

Leur répertoire fait plus que tenir la route, c’est un groupe puissant et solide, avec des morceaux pleins d’énergie. Pourtant Pete Doherty est exaspèrant, il minaude et fait la star, le volume à fond,

Plus fort que les autres musiciens. Il joue le chef et joue de la guitare entre les morceaux, ce qui fait amateur. Le guitariste Mick Withnall, quant à lui,  joue faux. Cependant la sauce prend quand même tellement les compositions sont fortes.  Le nouveau batteur est bon, et la rythmique basse-batterie ne se contente pas de faire le boulot . Nous avons vu une mauvaise prestation des Babyshambles, et pourtant c’est bien supérieur à de nombreux autres groupes. Bref les Babyshambles sont des branleurs doués, un cran au dessus de biens des groupes de rock actuels. Notons pour ceux qui n’y étaient pas la présence dans le set de deux titres ska, qui sont bien exécutés, mais qui sonnent décalés par rapport au reste du répertoire. 

Patrick Kuriakine

FFF  - 27/03/2014 – Le Bataclan (PAris)

La salle était comble ce jeudi soir pour le deuxième concert parisien du comeback de FFF.

Après un soir à la Cigale, c’était au tour du Bataclan d’accueillir la reformation de la Fédération Française de Fonck avant leur passage dans les festivals. Par exemple, vous pourrez les voir prochainement lors du festival Solidays dans le bois de Boulogne à Paris si vous les avez ratés cette semaine.

Le public est venu en force et il était conquis, connaissant par cœur les paroles des morceaux de FFF. Force est de constater que FFF est une groupe populaire et suivi par un vrai public.

Néanmoins, notre avis sur ce concert est plus nuancé que celui des spectateurs.

Après une intro spaciale, digne de Star Wars, le show débuta par « le pire et le meilleur » et continua sans interruption jusqu’à l’apothéose que constitua le titre phare du groupe « Barbès ». Cependant la partie la plus efficace du concert fut le meddley « New Funk Generation/ Marco ». On connait la réputation de bêtes de scène de ce groupe et l’album live « vivants » nous avait par le passé fortement impressionné.  Mais là, on eu droit à un set monotone et laborieux, en tout cas pas à la hauteur de nos attentes.  Certes Marco Prince chante divinement bien, il tient bien son pubic, mais le groupe n’a pas au niveau  rythmique l’efficacité diabolique des papys du funk qui les ont inspirés et parfois guidés. Pour avoir vu sur scène Georges Clinton, Bootsy Collins et Joseph Modeliste, on voit bien que les anciens ont toujours une longueur d’avance. FFF est resté dix ans sans jouer ensemble et ils n’ont pas progressé, ils ont encore des choses à apprendre de leurs ainés en matière de grooves tueurs.

Patrick Kuriakine

 

Hogwash + Burning Heads  - 30/01/2014 – Espace Icare (Issy les moulineaux)

Comme tous les ans le festival Träce du réseau 92 se tenait dans les salles des Hauts de Seine. Cette année la programmation donnait une large part au rock et l’Espace Icare d’Issy Les Moulineaux mettait à l’affiche deux groupes de hardcore, Hogwash et Burning Heads, reprennant la suite de l’association fahrenheit concerts.

Il en est du hardcore comme d’une course d’endurance : il faut jouer vite et longtemps, et ne pas lâcher l’affaire au bout d’un album. A ce jeu-là, les deux groupes qui jouaient ce jeudi soir se placent en bonne ligne pour gagner la compétition. Hogwash a réussit son pari de chauffer la salle avec 45 minutes de hardcore mélodique à la No Fx. Rien à redire, ils maitrisent leur sujet et font bonne figure si l’on compare avec les groupes US, ça fait du bien d’entendre cette musique et l’on en oublie le look skater décontracté trop évident pour ce type de formation.  Hogwash est issu des repérages du Réseau 92, qui effectue un travail important en direction des groupes locaux.

Puis vint le tour des Burning Heads : après 20 ans de carrière, on ne présente plus le groupe hardcore d’Orléans, qui est reconnu dans le monde entier et qui se produit trop rarement en région parisienne à notre goût. Sur scène ils mélangent sans difficulté pour le public présent dans la salle ce soir là le reggae à la Clash et le hardcore le plus incisif, reprenant pour notre plus grand plaisir In The City des Jams. Il est à noter  la sophistication des parties de guitare et des Breaks, Burning Heads faisant tout sauf de la musique de bourrin.

Bref nous avons passé une magnifique soirée dans une  agréable petite salle de 150 places avec un public calme pour ces artistes qui méritent les grandes salles et les ambiances  survoltées.

Patrick Kuriakine

Warum Joe  - 02/11/2013 – Le picolo (ST-Ouen)

Que reste-t-il des années 80 à part les disques et les archives ? Le temps est cruel, les groupes se sont séparés, les salles ont fermé (Fahrenheit, Arapaho, Locomotive, Elysée Montmartre), il n’y a pas grand-chose de stable. Et pourtant, les irréductibles Barrocks continuent depuis 1984 à organiser des concerts dans des bars et autres lieux improbables. Dans une ambiance conviviale et rock’n’roll, ils se sont spécialisés dans le punk-rock et dans une moindre mesure le garage rock.

Ce samedi 02/11/2013 ils programmaient un autre vétéran français du rock, à savoir le groupe synth-punk Warum Joe, formé en 1981. Il est drôle de revoir ces rockers aujourd’hui avec les cheveux gris, délivrer la même musique qu’il y a 10, 20 ou 30 ans. Leur musique repose sur une formule simple : un riff des Ramones, Damned ou même gun Club (sur » Kurt Beat »), une grosse boite à rythme, un synthé vrombissant et des samples intello, une structure couplet –refrain et l’affaire est emballée en 2 :30. Sur cette trame viennent se poser des textes à l’humour noir, intelligents et qui doivent amener le spectateur à la réflexion. Ce qui était des innovations rarissimes est aujourd’hui totalement accepté, la musique ayant intégré la technologie au-delà des expérimentations des pionniers.

Warum Joe, lui , n’a pas bougé de sa  ligne, le concert de ce soir aurait pu avoir lieu à une autre époque. Warum Joe a sorti son dernier album en 2003 et depuis se produit une fois de temps en temps dans des petits lieux de l’undergound punk (la miroiterie en 2001), ce soir le bar le Picolo. La salle est pleine, les fans dansent, tout le monde est content de voir ou de revoir une légende vivante.

Le set commence par Datcha, l’un des morceaux les plus polémique du groupe, et l’un de ses plus anciens, et il faut attendre un quart d’heure pour entendre le magnifique EP « Electrolyse » et les titres de l’album de 1984 Tocarre La Verita comme « Le Camionneur ». Rien du splendide album «La Méthode Du Discours » de 1986 . Nous restons sur notre faim malgré l’efficacité du set.

Quelques problèmes de sono, le groupe n’étant pas à l’aise dans un bar, il lui faut des salles de concert et une balance pour être d’équerre. Mais on oubliera ces imperfections pour retenir  une soirée sympa, complètement nostalgique et où on retrouvé le passé tel  qu’on l’avait laissé, et une version live de nos archives sonores.

En première partie il y avait Jimi Ben Band, un bon groupe de gare rock aux vocaux décalés, et Flying Over, du punk-rock vintage avec guitare Rickenbacker, on adore !

Patrick Kuriakine

 

Palma Violets – Festival Fnac Live – 18-07-2013

L’occasion d’aller écouter Palma Violets était trop belle : un festival gratuit, en plein Paris, juste devant l’hôtel de Ville, par un temps magnifique. Le rock s’écoute-t-il par temps pluvieux ? Non,Non et non, nous ne cultivons pas le spleen et les Palma Violets non plus.

Le début du concert se voulait une entrée fracassante : à notre grand étonnement, le groupe débuta dans un climat garage-rock pas très convaincant. Il fallut attendre qu’ils jouent « Best of friends » pour entendre une mélodie. Tout de suite, ça le faisait mieux. Globalement ce concert ne fut pas complétement décevant, la sauce prenant lorqu’il y a une bonne chanson, et les Palma sont capables d’ écrire des chansons, pas que de faire du boucan.  Ils font des efforts pour être bruyant, la basse et la batterie bourrinent, les guitares suivent, le clavier reste étonnement discret. Bref une prestation mi-figue mi raisin, où l’on ne s’ennuie pas, mais où l’on est pas enthousiasmé. Ce jeune groupe ne m’a pas scotché comme l’on fait les ancêtres des Stranglers  au printemps 2012 à l’Olympia.

Patrick Kuriakine

 

 

Miles Kane – Festival Fnac Live – 18-07-2013

J’étais venu pour les Palma Violets et je suis resté pour Miles Kane. Je ne regrette pas, j’ai été agréablement surpris par le talent du monsieur. Efficace, tel est le mot qui résume ce concert.

Certes, Miles Kane n’a rien inventé, ni le rock anglais, ni les années 60, ni le rythm’n’blues. Mais le dandy mod qui rivalise d’élégance avec Paul Weller sait écrire des pop songs, et la foule reprend en cœur ; ça fonctionne et le public lui réserve un accueil chaleureux. Anciens et nouveaux titres, on ne sent pas la différence et je ne vois pas le temps passer.

Patrick Kuriakine

 

Bombay Show Pig  - Festival Chorus des Hauts de Seine – 20-04-2013

La tournée française de Bombay Show Pig débutait par le Festival Chorus des Hauts de Seine, et c’était là l’occasion de voir enfin sur scène ce duo néderlandais improbable, assurant la promo de leur 1er EP français, sorti  5 jours auparavant.

 

C’est avec quelque inquiétude qu’on se rendait à la Défense  ce samedi 20 avril. Et bien, après une heure de retard sur l’horaire annoncé, nous  pûmes découvrir cette musique minimale et énergique. Bombay Show Pig fait  du rock réduit à sa plus simple expression:  une batterie et une guitare, à l’instar des défunts White Stripes. A la différence de ces derniers,  les deux musiciens du groupe batave chantent, et ils chantent plutôt bien.  On pouvait donc s’attendre à ce que l’exercice du concert soit périlleux : il fallait voir si cette musique qui fonctionne en studio pouvait fonctionner en live. Et bien cela passe la rampe, ça fonctionne bien. le guitariste Mathias Janmaat s’en sort grâce à une pédale de sampling et la batteuse Linda van Leeuwen place ses interventions de synthé  sans lâcher le rythme.  Les mélodies sont respectées et le minimalisme des moyens n’entache en rien la qualité de leur musique exprimée sur leur album Vulture/ Provider ( qui n’est pas distribué en France pour le moment et disponible pour le lecteur français  uniquement sur le site du groupe).

Ce fut un show correct, sans rappel, avec une reprise de Beck, un set électrique, sans les versions acoustiques, où je ne me suis pas ennuyé  une seconde, un show vivant (le guitariste saute partout) et un groupe heureux de jouer de la musique, qui sait faire partager sa passion et son énergie. Pour la cinquantaine de spectateurs présents ce soir-là, ce fut un vrai régal.

Patrick Kuriakine

© 2018